Archives de Tag: Avril 17

L’opéra

En immersion totale

De toute évidence Jean-Stéphane Bron connaît le cinéma de Frederick Wiseman et en particulier son remarquable National Gallery. Le célèbre documentariste nous promenait en 2014 pendant plus de 3 heures dans tous les coins et recoins à la rencontre de tous les métiers et de toutes les activités du célèbre musée londonien. Pas l’ombre d’une interview ou d’une voix off, un superbe témoignage à travers l’image et rien d’autre. En écrivant ces lignes, j’ai l’impression de commenter ces magnifiques 110 minutes consacrées à l’Opéra de Paris, que dis-je, des opéras de Paris. Une saison dans les coulisses de L’Opéra de Paris. Passant de la danse à la musique, tour à tour ironique, léger et cruel, l’Opéra met en scène des passions humaines, et raconte des tranches de vie, au cœur d’une des plus prestigieuses institutions lyriques du monde. Entre passion et tensions, une promenade passionnante dans les coulisses de la grande maison. Un kaléidoscope foisonnant de joies, de pleurs, de colère et de rire au service de la perfection. Lire la suite

Retour à Forbach

Un étranger dans sa propre demeure

Lorsque Florian Philippot, vice-président du Front National, s’est présenté aux élections municipales de Forbach en 2014 et est arrivé en tête au premier tour, Régis Sauder a publié une lettre ouverte dans Libération pour s’insurger de la radicalisation des habitants de la ville dans laquelle il avait grandi. C’est à ce moment que s’est amorcée plus précisément la réflexion sur son film. Régis Sauder revient dans le pavillon de son enfance à Forbach. Il y a 30 ans, il a fui cette ville pour se construire contre la violence et dans la honte de son milieu. Entre démons de l’extrémisme et déterminisme social, comment vivent ceux qui sont restés ? Ensemble, ils tissent mémoires individuelles et collectives pour interroger l’avenir à l’heure où la peur semble plus forte que jamais. Caméra au poing, le réalisateur filme sa ville et constate très vite que ce n’est plus la sienne. 78 minutes d’un constat cruel et douloureux… Lire la suite

De toutes les couleurs

Les vernis craquent

Le FN est plus que jamais en proie à ses vieux démons. La Marine et ses p’tits gars ont beau faire, la façade de l’extrémisme, à peine ravalée, se fendille lamentablement et on voit réapparaître les taches indélébiles du racisme, du révisionnisme, de l’homophobie, et du néonazisme. En quelques jours, l’entourage de la châtelaine de Montretout a fait très fort. Le vieux y est allé de son couplet homophobe. Le fugitif nouveau patron du parti n’a même pas eu le temps de s’asseoir dans son nouveau bureau que son passé révisionniste a refait surface. Son passage a été tellement rapide que je n’ai même pas eu le temps de retenir son nom. Vite nommé, vite parti, vite remplacé par Steeve Briois. La promotion du maire d’Hesnin-Beaumont à peine prononcée, on apprend qu’il est, – avec David Rachline, directeur de campagne de la Marine – poursuivi par le parquet de Bobigny pour messages à caractère haineux. C’est vraiment pas de bol !

Une bonne nouvelle tout de même pour la sirène frontiste, – mais pas pour la démocratie -, le ralliement de Dupont-Gnangnan qui, la queue entre les jambes, vient quémander, d’une part, le remboursement de ses frais de campagne, (800 000 euros) et d’autre part un bail précaire du côté de Matignon dont il rêve secrètement depuis si longtemps. Dieu nous préserve ! Là, c’est le vernis gaulliste qui en prend un grand coup. Pas exclu qu’on voit la Croix de Lorraine de Colombey s’incliner vers la gauche.

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The Young Lady

Sanglante émancipation

Encore un premier film, venu cette fois de Grande Bretagne et signé William Oldroyd. Bien sûr, au début de ces 90 minutes glaçantes, on pense irrésistiblement à L’Amant de Lady Chatterley. Certes le point de départ est semblable, mais dès que l’action se met réellement en place, l’originalité du propos est évident… et passionnant.1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible. Un drame sec, puissant, violent qui vous obsède longtemps après votre sortie de la salle. Une première : une réussite. Lire la suite

Life : Origine inconnue

Suspense intersidéral

Comme son nom ne l’indique pas, Daniel Espinosa est… suédois ! Après quelques productions scandinaves, il s’est tourné vers le cinéma d’action américain avec Easy Money, Sécurité rapprochée et Enfant 44. Cette fois il nous propose 104 minutes de pure science-fiction. À bord de la Station Spatiale Internationale, les six membres d’équipage font l’une des plus importantes découvertes de l’histoire de l’humanité : la toute première preuve d’une vie extraterrestre sur Mars. Alors qu’ils approfondissent leurs recherches, leurs expériences vont avoir des conséquences inattendues, et la forme de vie révélée va s’avérer bien plus intelligente que ce qu’ils pensaient… Angoissant à souhait, esthétique, efficace, un nouvel Alien mais sans l’effet de surprise. Lire la suite

C’est beau la vie quand on y pense

Faute de grives…

Depuis 1984, Gérard Jugnot est passé volontiers derrière la caméra avec des fortunes diverses. Retenons tout de même 3 titres plus qu’honorables : Une époque formidable, Meilleur Espoir féminin, Monsieur Batignole. Cette activité de scénariste/réalisateur n’a pas pour autant mis sa carrière d’acteur entre parenthèses. C’est que le bougre n’arrête pas de tourner. Loïc Le Tallec ne s’est jamais vraiment occupé de son fils. Quand ce dernier disparaît dans un accident de la route, Loïc est dévasté. Il n’a plus qu’une idée en tête : retrouver celui qui vit désormais avec le cœur de son fils. Il va tomber sur Hugo, un jeune que ce cœur tout neuf rend totalement déraisonnable et incontrôlable. Leur rencontre promet d’être explosive. 93 jolies minutes de comédie douce amère touchante et drôle mais avec un manque de rythme qui plombe un peu l’ensemble. L’humanité et le savoir-faire de Jugnot sont incontestables. Sa paresse aussi. Lire la suite

La peste et… le rhume des foins

Les lendemains qui déchantent

Cette bonne vieille Vème République a définitivement du plomb dans l’aile. Je ne sais pas comment et qui lui donnera un sérieux coup de lifting, si tant est qu’il n’y ait pas tout à remplacer. Les pièces sont usagées, les rouages grincent de partout, la casse n’est pas loin. Les résultats de dimanche dernier en sont un témoignage criant. 4 candidats qui se partagent quasiment à parts égales 90 % des suffrages, nous promettent des lendemains douloureux qui risquent fort de nous rappeler les pires heures de la IVème.

Fascinante journée électorale sur nos écrans de télé. Pour peu que l’on est décidé de la suivre sur les chaînes info, on a eu un des spectacles les plus navrants qu’on puisse imaginer. Dès potron-minet – j’adore cette expression – les envoyés « spéciaux » disséminés sur le territoire occupaient les antennes. Mais voilà, dans la plupart des cas, ils n’avaient rien à nous dire, puisque ce dimanche est une des seules journées de l’année pendant laquelle on n’a pas le droit de parler de politique avant 20 heures pétantes. Alors les interventions de ces laissés pour compte de l’information frisaient le surréalisme : ou comment parler pour ne rien dire… Beau comme du Macron.

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