Archives de Catégorie: Humeurs

Jusqu’à l’écoeurement

Horreur et minuscule bonheur

On écrabouille à Barcelone. On poignarde à Helsinki. On trucide en Sibérie… Les barbares sont partout. Heureusement, il nous reste le foot !?!

Vacances (bis)

Alerte : chroniqueur en berne

Pas grand-chose à se mettre sous la dent en ce milieu d’été pour le modeste observateur de l’actualité que je suis. En dehors des outrances de Donald le Connard, bien incapable de se dépêtrer des événements tragiques de Charlottesville, au sujet desquels, lors d’une conférence de presse totalement chaotique, où il aura tout dit et son contraire de reculade en petite lâcheté, il n’arrive qu’à renvoyer dos à dos ce que son pays recèle de plus violent et de plus rétrograde face à des contre manifestants réclamant justice face à la haine.

En France, au cas où ça vous aurait échappé, c’est l’été et sa vacance du pouvoir. Pendant que Toutanmacron fait du foot à l’OM, les bruissements d’emplois fictifs tous azimuts dans notre caste politique ne risquent pas de rafraîchir l’atmosphère…

… pas plus que l’habituelle et dramatique litanie des incendies de forêt. Même si les causes ne sont pas toujours connues, nos pompiers, eux, ne prennent pas vacances.

Crétins…

… des Alpes et d’ailleurs !

Crétin des Alpes ! L’insulte a le charme suranné d’un juron du capitaine Haddock. Hélas, nous ne n’auront pas le temps ici de nous complaire dans nos souvenirs de lectures d’enfance, car, quand on jette un regard – aussi dégoûté qu’affolé – sur notre bas monde de 2017, on ne peut que réserver ce quolibet à des leaders politiques qui n’ont de cesse que de mettre en péril le fragile équilibre de notre planète.

On a longtemps pensé que la carence d’iode de l’organisme pouvait être un des facteurs du « crétinisme ». Ne devrait-on pas recommander de toute urgence la consommation à haute dose de poisson et de fruits de mer à Donald le Connard, Kim Jun Un et Maduro ?

Quand, à force de soif de pouvoir absolu pour les uns ou d’usage forcené de populisme imbécile pour le locataire – bail précaire – de la Maison Blanche, on en arrive aux excès de ces derniers jours, on est en droit de s’interroger sur l’état mental de ces Messieurs. Quand on voit ressurgir sur le territoire des Etats-Unis l’extrême droite la plus radicale, le KKK et les néo-nazis réunis, ce ne sont pas les postures faussement outrées du sieur Trump qui y changeront quoi que ce soit. Quand on sème la haine et le rejet de l’autre, on récolte la tempête de Charlottesville.  

   

Les vacances…

… de l’intelligence

Indignez-vous ! s’écriait Stéphane Hessel, convaincu que la capacité d’indignation est à la base de l’esprit de résistance du citoyen. Alors, de quoi les Français s’indignent-ils ? Quels sont aujourd’hui les sujets qui révoltent les foules (physiques ou numériques) ? Eh bien, pas grand-chose de fondamental. Dans ces temps troublés, dans ces heures souvent graves, les français continuent de se mobiliser sur des sujets people qui, à mon sens, ne présentent aucun intérêt.

Dans ces chroniques, à longueur d’année, sous l’angle humoristique, on essaie de parler joyeusement des choses importantes. Même en plein été, l’actualité ne fait jamais relâche. On nous empoisonne avec des œufs traités au Fipronil. Immédiatement, les autorités sanitaires rassurent le bon peuple… ce produit n’est que modérément toxique ??? Effectivement il n’est dangereux que pour les reins, le foie et la thyroïde. Ce produit est aussi connu en agriculture sous la marque Regent (le plus célèbre des tueurs d’abeilles). Son usage est prohibé dans les cultures (maïs, tournesol, pommes de terre) en France et dans la plupart des pays européens… mais pas en Belgique ni aux Pays-Bas. Vive l’Europe ! Nous voilà donc rassurés.

En même temps, comme dirait l’Emmanuel, on condamne Cédric Herrou, le militant engagé dans l’aide aux migrants, à 4 mois de prison avec sursis. La France, qui n’est jamais en panne d’innovation, invente ici le délit de solidarité. Il fallait y penser. A vous de peser laquelle des ces deux informations représente le plus grand danger pour les Français.    

Savez-vous où Jacqueline Gourault, Nicole Belloubet, Nathalie Loiseau et Brune Poirson prennent leurs vacances ? Non ? Normal et tout le monde s’en fout royalement… sauf une partie des médias qui ne savent plus de quoi nous parler et qui suivent à la trace les membres du gouvernement pour savoir où ils vont se reposer durant quelques jours…. C’est le cas de ces dames. Passionnant non ?  

Etat de disgrâce

Malheureux celui qui lit sa gloire dans le regard versatile du public. (Fatou Diome)

Toutanmacron accuse une chute de popularité quasi inédite sous la Ve République. Selon les milieux – forcément bien informés – et les spécialistes de tout poil, il semblerait  que ce soit le signe d’un profond hiatus entre la communication présidentielle et la politique d’austérité conduite par l’exécutif. Certes, on pourra gloser jusqu’à plus soif sur la versatilité du français moyen prêt à jeter aux gémonies celui qu’il a envoyé à l’Elysée il y a deux mois. Cesbron disait : Comme il y a des tableaux trompe-l’œil, il y a des livres trompe-l’esprit. On ne pourra me retirer de l’esprit que nous avons vécu une élection en trompe-l’œil et que Macroncéphale n’avait réuni que 24 % de convaincus au premier tour. Ne nous leurrons pas, c’est là son véritable électorat. Les premières décisions du gouvernement d’Edouard le puncheur du Havre ont immédiatement mécontenté la fonction publique, (gel du point d’indice, retour du jour de carence) les retraités (augmentation de la CSG), les maires (suppression de la Taxe d’habitation, resserrement drastique des crédits), les familles (diminution des APL) et même l’Armée (mise à pied du Chef d’Etat Major, restriction de budget)… la cour est pleine. Je l’ai écrit ici, il y a peu, les réformes et les économies font l’unanimité, à une seule condition, que ce soit les autres qui payent.  

A notre Président qui se montre, à chacune de ses sorties, d’un éclectisme sportif sinon remarquable, en tout cas très remarqué, je ne saurais trop conseiller un stage d’été au mieux de parachutisme au pire de chute libre ?

A crédit

Nous sommes tous égaux devant l’inégalité qui régit notre planète.

Comme Jacques Sternberg, je ne peux constater que tout va plutôt mal sur notre bonne vieille Terre. Croyez-vous encore qu’une croissance infinie soit possible sur une planète où les ressources sont limitées ? La réponse est évidente mais visiblement pas pour les dirigeants politiques, pour peu qu’ils gouvernent des pays riches. En effet, selon le Global Footprint Network, un très sérieux institut de recherches basé en Californie, depuis ce 2 août, nous avons consommé toutes les ressources naturelles que la nature peut produire en une année. Grave, très grave ! Mais il y a pire, car ce qu’on appelle pudiquement « le jour de dépassement de la Terre » intervient de plus en plus tôt dans l’année. Dans les années 70, ce jour fatidique arrivait en Novembre, soit 4 mois plus tard. Que de « progrès » ( ???) en 40 ans ! Un seul point qui se veut positif : les experts constatent un ralentissement de l’accélération (sic). En attendant, au rythme de consommation actuel, il faudrait près de 6 planètes pour satisfaire les besoins de la Corée, 5 pour les Etats-Unis et seulement (!) 3 pour la France. Sommes-nous vertueux tout de même !   

Souvenir, souvenir…

Une lumière s’est éteinte

Quel est le point commun entre tous ces cinéastes :  Luis Buñuel, Theo Angelopoulos, Wim Wenders, Rainer Werner Fassbinder, Michelangelo Antonioni, Joseph Losey, Orson Welles, François Truffaut, Louis Malle, André Téchiné ou Bertrand Blier ? Ils ont tous fait tourner la divine Jeanne Moreau qui nous a quittés ce matin à l’âge de 89 ans.

Il serait trop long, voire impossible, de retracer ici en quelques lignes l’inoubliable carrière de cette artiste complète et engagée tout comme de raconter sa vie personnelle émaillée d’un nombre inouï de liaisons. L’un de ses amants d’un moment disait d’elle : Beaucoup d’hommes tombent amoureux d’elle, je l’ai fait, elle vous rend votre amour, mais seulement jusqu’à la fin du film. Elle est tout le temps à la recherche de l’amour, et elle laisse ses victimes sur le bord de la route. Une citation vaut toujours mieux qu’un long discours.

A titre personnel, je me dois de confesser lui devoir mes premiers « émois » quand en 1962, j’ai découvert à la fois Truffaut, la Nouvelle vague et la Catherine de Jules et Jim. Ensuite Jeanne Moreau n’a plus quitté ma passion cinéphilique avec Eva, Le Procès, Le Feu Follet, Le Journal d’une femme de chambre, La Vieille qui marchait dans la mer, Ascenseur pour l’échafaud, La Mariée était en noir, Les Valseuses, Monsieur Klein, Le Paltoquet,… je ne m’arrêterais plus même si je n’ai certainement pas vus tous les opus de sa filmographie forte de plusieurs centaines de titres.

Sa vie fut bien Le Tourbillon qu’elle nous avait chanté de sa voix chaude et rauque… inimitable.

Elle avait des bagues à chaque doigt, 
Des tas de bracelets autour des poignets,
Et puis elle chantait avec une voix
Qui, sitôt, m’enjôla.

Elle avait des yeux, des yeux d’opale,
Qui me fascinaient, qui me fascinaient.
Y avait l’ovale de son visage pâle
De femme fatale qui m’fut fatale

On s’est connu, on s’est reconnu,
On s’est perdu de vue, on s’est r’perdu d’vue
On s’est retrouvé, on s’est réchauffé,
Puis on s’est séparé.

Chacun pour soi est reparti.
Dans l’tourbillon de la vie
Je l’ai revue un soir, aïe, aïe, aïe,
Ça fait déjà un fameux bail

Au son des banjos je l’ai reconnue.
Ce curieux sourire qui m’avait tant plu.
Sa voix si fatale, son beau visage pâle
M’émurent plus que jamais.

Je me suis soûlé en l’écoutant.
L’alcool fait oublier le temps.
Je me suis réveillé en sentant
Des baisers sur mon front brûlant

On s’est connu, on s’est reconnu.
On s’est perdu de vue, on s’est r’perdu de vue
On s’est retrouvé, on s’est séparé.
Puis on s’est réchauffé.

Chacun pour soi est reparti. 
Dans l’tourbillon de la vie.
Je l’ai revue un soir ah ! là là
Elle est retombée dans mes bras.

Quand on s’est connu,
Quand on s’est reconnu,
Pourquoi s’perdre de vue,
Se reperdre de vue ?

Quand on s’est retrouvé,
Quand on s’est réchauffé,
Pourquoi se séparer ?

Alors tous deux on est reparti
Dans le tourbillon de la vie
On a continué à tourner
Tous les deux enlacés 
 

(Serge Rezvani)