C’est beau la vie quand on y pense

Faute de grives…

Depuis 1984, Gérard Jugnot est passé volontiers derrière la caméra avec des fortunes diverses. Retenons tout de même 3 titres plus qu’honorables : Une époque formidable, Meilleur Espoir féminin, Monsieur Batignole. Cette activité de scénariste/réalisateur n’a pas pour autant mis sa carrière d’acteur entre parenthèses. C’est que le bougre n’arrête pas de tourner. Loïc Le Tallec ne s’est jamais vraiment occupé de son fils. Quand ce dernier disparaît dans un accident de la route, Loïc est dévasté. Il n’a plus qu’une idée en tête : retrouver celui qui vit désormais avec le cœur de son fils. Il va tomber sur Hugo, un jeune que ce cœur tout neuf rend totalement déraisonnable et incontrôlable. Leur rencontre promet d’être explosive. 93 jolies minutes de comédie douce amère touchante et drôle mais avec un manque de rythme qui plombe un peu l’ensemble. L’humanité et le savoir-faire de Jugnot sont incontestables. Sa paresse aussi.

Gérard Jugnot avait en tête l’idée de ce film depuis longtemps. Passionné par les questions de don et de greffe d’organes, il a comme toujours cherché à trouver un équilibre entre rire et mélancolie. Le héros a un peu tout raté : son couple, son fils, il est en train de rater son amour avec la fleuriste, il tombe au fond de l’aquarium et un an après, il se dit qu’il faut qu’il retrouve le garçon qui a reçu le cœur de son fils. Ce qui est parfaitement interdit, mais on est passé outre pour les besoins de l’histoire. Loïc veut savoir si le cœur de son fils est tombé entre de bonnes mains, – si je puis m’exprimer ainsi -.  Tout ce malheur va-t-il servir à quelque chose ? Si on veut bien oublier les facilités scénaristiques – petite litote pour ne pas parler d’invraisemblances – on passe un bon moment avec une belle histoire, des dialogues bien écrits et surtout un casting qui a visiblement pris beaucoup de plaisir à jouer ce petit film.

Gérard Jugnot, égal à lui-même, ne déçoit pas, même si on aimerait le voir dans d’autres types de personnages. C’est le premier grand rôle pour le jeune François Deblock… une vraie découverte qui m’a furieusement rappelé le Pierre Niney de ses débuts. Isabelle Mergault, Gaia Weiss, Bernard Le Coq, complètent une jolie distribution. Bon, ça dégouline un peu de bons sentiments, mais ça reste supportable. L’ensemble va au-delà du classicisme – j’ai parlé plus haut de paresse, je réitère – mais reste inoffensif et distrait gentiment le spectateur pas trop exigeant. Petit clin d’œil, Mickey 3D a eu la gentillesse de réécrire un couplet de sa chanson Sebolavy pour le générique de fin du film. Allez, c’est tellement mieux que les dernières comédies franchouillardes dont j’ai parlé ce derniers temps… Faute de grives… !

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