Persistance rétinienne

L’ennui porte conseil

L’Emmanuel fête ses 40 balais en famille près du château de Chambord, royaume incontesté de la chasse à courre, l’occasion sans doute d’y contempler son tableau de chasse personnel… Faut dire qu’il y a accroché quelques superbes trophées : le PS à l’agonie, le FN en lambeaux, le Modem sur la touche et surtout, les LR qui a tout d’une vielle nef en train de couler – en tous les cas les rats quittent le navire, ce qui n’est jamais bon signe -. Et c’est là que me vient cette désagréable impression de déjà-vu, cette image qu’on arrive pas à chasser …

Maine de Biran parlait volontiers de : Cette difficulté d’exister qu’on nomme ennui. On ne se débarrasse pas si facilement de la vermine. Elle est partout, elle s’accroche sournoisement, elle ronge tout ce qui l’entoure… pour l’instant, elle ronge essentiellement son frein. Alors jusqu’où aller pour exister encore et toujours. Gugusse 1er, – vous l’aviez reconnu, et ça faisait longtemps qu’on n’avait pas dit de mal de lui –, a raté une belle occasion de « se montrer », en avril dernier, à Brest, pour le Rassemblement annuel des Nains de Jardin. On a dénombré 529 individus affublés de fausses barbes, houppelandes et bonnets pointus réunis au royaume du kitsch. Franchement, notre nain à ressort n’aurait pas détonné dans un tel rendez-vous… au sommet.

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Tueurs

Nettoyage par le vide

Un film de braquage et de règlement de comptes entre truands, un de plus vous allez me dire. Oui, mais là on a de grosses différences. Le film est signé par Jean-François Hensgens et François Troukens, lui-même ancien truand et qui a accompli 10 ans de prison. Il s’est formé à la littérature et aux métiers du cinéma durant son séjour derrière les barreaux. C’est là qu’il a puisé son inspiration pour ce polar, utilisant son expérience pour nourrir son scénario. Avouez que ça nous change des scénarii des anciens flics. Alors que Frank Valken réalise un casse fabuleux, un commando de tueurs entre en action et exécute tous les témoins. On relève parmi les cadavres celui de la magistrate qui enquête sur l’affaire des Tireurs fous. Trente ans plus tard, ils semblent être de retour. Arrêté en flagrant délit et face à la pression médiatique, Frank n’a d’autre choix que de s’évader pour tenter de prouver son innocence. 86 minutes sous très haute tension, sèches, glaciales et d’une rare efficacité. Un des polars de l’année. Lire la suite

Santa and Cie

L’humour est dans les détails

On aime ou on n’aime pas Alain Chabat. L’esprit Canal + des grandes années, celui de Les Nuls est toujours vivant grâce à lui. Si vous appréciez la parodie et le second degré, ces 95 minutes sont pour vous…. Sinon ! Rien ne va plus à l’approche du réveillon : les 92 000 lutins chargés de fabriquer les cadeaux des enfants tombent tous malades en même temps ! C’est un coup dur pour Santa (Claus), plus connu sous le nom de Père Noël… il n’a pas le choix : il doit se rendre d’urgence sur Terre avec ses rennes pour chercher un remède. À son arrivée, il devra trouver des alliés pour l’aider à sauver la magie de Noël. Depuis le succès mitigé de son Sur la piste du Marsupilami de 2012, Chabat n’était pas revenu derrière la caméra. On salue donc son retour pour cette comédie enlevée, bourrée d’effets spéciaux réussis, d’idées scénaristiques, de dialogues ciselés, le tout servi par une distribution qui s’amuse beaucoup… nous aussi. Lire la suite

Plonger

L’amour flou

C’est l’auteur du roman éponyme, Christophe Ono-Dit-Biot qui a donné lui-même carte blanche pour l’adaptation à Mélanie Laurent. A l’arrivée un drame de 102 minutes qui aurait pu se montrer passionnant si l’ensemble ne révélait pas autant de faiblesses et d’invraisemblances. C’est l’histoire d‘un amour total entre César et Paz. Paz, photographe espagnole, nourrit une soif de rencontres, d’expériences et de voyages, alors que César, ex-grand reporter de guerre, souhaite à l’inverse s’extraire du tumulte du monde. Paz est enceinte, cette perspective l’angoisse, l’étouffe. Elle semble s’éloigner chaque jour un peu plus de César, comme obsédée par quelque chose qui lui échappe. Jusqu’au jour où elle disparait, laissant son enfant et César sans véritable explication. La réalisatrice y croit, les acteurs sont convaincus… le spectateur un peu moins. Lire la suite

Dégoûts…

… et des douleurs

Je boirai du lait le jour où les vaches mangeront du raisin. (Jean Gabin)

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C’est tout pour moi

Auto biopic

Bon ! Disons le tout de go, je ne suis pas très client du stand up en général. J’avais aperçu Nawell Madani, au hasard d’une molle séance de zapping par un après-midi pluvieux, sans doute du côté de la chaîne « Comédie », en me disant que décidément, ce genre a bien du mal à m’arracher un sourire. C’est vous dire si je ne suis pas allé voir ces 103 minutes de comédie dramatique avec un enthousiasme débordant. Depuis toute petite, Lila veut devenir danseuse, n’en déplaise à son père. Elle débarque à Paris pour réaliser son rêve… Mais de galères en désillusions, elle découvre la réalité d’un monde qui n’est pas prêt à lui ouvrir ses portes. A force d’y croire, Lila se lance dans une carrière d’humoriste. Elle n’a plus qu’une idée en tête : voir son nom en haut de l’affiche, et surtout retrouver la fierté de son père. Comme quoi il faut toujours combattre ses a priori ! J’ai passé un bon moment avec cet « auto biopic » – un concept qui restait à inventer… c’est chose faite – drôle et tendre à la fois, qui nous fait pénétrer dans le petit monde sans pitié du stand up. Une belle surprise ! Lire la suite

Le Bonhomme de neige

Perdu dans la poudreuse

Après Morse et La Taupe, après l’épouvante et l’espionnage, Tomas Alfredson s’attaque au thriller avec ces 120 – trop longues – minutes adaptées du roman éponyme de John Nesbø. Lorsque le détective d’une section d’élite enquête sur la disparition d’une victime lors des premières neiges de l’hiver, il craint qu’un serial killer recherché n’ait encore frappé. Avec l’aide d’une brillante recrue, il va tenter d’établir un lien entre des dizaines de cas non élucidés et la brutalité de ce dernier crime afin de mettre un terme à ce fléau, avant la tombée des prochaines neiges. Honnêtement, on ne comprend pas grand-chose au scénario fuligineux à souhait et qui nous perd rapidement entre congère et plaque de glace. Esthétiquement, c’est une splendeur, mais ça ne suffit pas à faire avaler les insuffisances du récit. Quand, dans un thriller, tu laisses les spectateurs sur le bord du chemin à force d’invraisemblance, tu peux te dire que ton film est raté… Et là, c’est le cas. Lire la suite