HHhH

Himmlers Hirn heißt Heydrich

« Le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». C’est la traduction de l’acronyme de ce film historique signé Cédric Jimenez, qui avait déjà offert deux excellents titres avec Aux yeux de tous et La French. Partagé en deux parties distinctes, l’ascension irrésistible puis la mission et le destin d’un réseau d’activistes tchèques, le film pose la question cruciale de « l’inhumain » chère à Hannah Arendt. L’ascension fulgurante de Reinhard Heydrich, militaire déchu, entraîné vers l’idéologie nazie par sa femme Lina. Bras droit d’Himmler et chef de la Gestapo, Heydrich devient l’un des hommes les plus dangereux du régime. Hitler le nomme à Prague pour prendre le commandement de la Bohême-Moravie et lui confie le soin d’imaginer un plan d’extermination définitif. Il est l’architecte de la Solution Finale. Face à lui, deux jeunes soldats, Jan Kubis et Jozef Gabcik. L’un est tchèque, l’autre slovaque. Tous deux se sont engagés aux côtés de la Résistance, pour libérer leur pays de l’occupation allemande. Ils ont suivi un entraînement à Londres et se sont portés volontaires pour accomplir l’une des missions secrètes les plus importantes, et l’une des plus risquées aussi : éliminer Heydrich. Au cours de l’infiltration, Jan rencontre Anna Novak, tentant d’endiguer les sentiments qui montent en lui. Car les résistants le savent tous : leur cause passe avant leur vie. Le 27 mai 1942, les destins d’Heydrich, Jan et Jozef basculent, renversant le cours de l’Histoire. 120 minutes d’un biopic qui tient la route mais qui m’a pourtant profondément agacé de bout en bout.

Lire la suite

L’Amant d’un jour

Garrel filme Garrel

J’avoue avoir beaucoup de mal avec le cinéma de Philippe Garrel. Comme dans ses films précédents, on retrouve ses obsessions mais aussi ses tics qui à la longue m’ennuient profondément même si, cette fois, son film ne dure que 76 minutes… ce qui est largement suffisant. C’est l’histoire d’un père et de sa fille de 23 ans qui rentre un jour à la maison parce qu’elle vient d’être quittée, et de la nouvelle femme de ce père qui a elle aussi 23 ans et vit avec lui. Le scénario minimaliste comme toujours, le jeu distant des acteurs, la lenteur assumée et la banalité du propos, font de ce film, pourtant primé à Cannes avec le Prix SACD à la Quinzaine des Réalisateurs, un petit rien dont on peut aisément se passer. Lire la suite

Churchill

Douteux

Jonathan Teplitzky dont je ne connaissais à ce jour que son poussif et agaçant Les Voies du Destin de 2013, revient sur le devant de l’affiche avec cet étrange biopic de 48 heures, certes cruciales, mais plutôt contestable. Juin 1944. Les 48 heures précédant le Débarquement qui scellèrent le destin de Winston Churchill et du monde. 106 minutes où réapparaît le vieux débat de la forme et du fond. Le film repose entièrement sur la performance du stupéfiant de son acteur principal, mais – et certes je ne suis pas historien – tous ces coups de canif dans l’image du grand homme sont ils fondés, vérifiés… et vérifiables. Car si toutes ces révélations sont inexactes, ce film est totalement inutile… et déjà qu’il est assommant ! Lire la suite

Que des gagnants…

… et pas mal de mauvais perdants !

Un titre sibyllin, c’est le moins qu’on puisse en dire. On l’a dit et redit, le paysage politique français est bouleversé, ravagé, en ruines. Même le vocabulaire a changé. Maintenant on nous rebat les oreilles avec les macronistes, les macronistes-compatibles (sic), les insoumis, le dégagisme, l’opposition constructive, j’en passe et des plus incongrus. En tout cas, ils étaient tous au rendez-vous de la soirée électorale pour nous expliquer qu’ils avaient tous gagné, sauf Macron qui n’avait pas gagné tant que ça. L’aveuglement associé à la langue de bois, ça vous donne le vertige.  

  Lire la suite

The Wall

De la stupidité de la guerre

Doug Liman est un spécialiste des ambiances guerrières et de l’action soutenue. En effet, c’est à lui que l’on doit notamment La mémoire dans la peau, Mr and Mrs Smith et Edge of Tomorrow. Cette fois on a droit à 90 minutes de suspense et de cinéma intimiste. Deux soldats américains sont la cible d’un tireur d’élite irakien. Seul un pan de mur en ruine les protège encore d’une mort certaine. Au-delà d’une lutte pour la survie, c’est une guerre de volontés qui se joue, faite de tactique, d’intelligence et d’aptitude à atteindre l’ennemi par tous les moyens… Tout est bon dans ce film, le thème, le scénario, la réalisation et l’interprétation. Une réussite du genre « film de guerre » intelligent. Lire la suite

Le vénérable W

La haine n’éteindra jamais la haine, seul l’amour le peut. (Martin Luther King)

Barbet Schroeder a toujours été fasciné par le bouddhisme, qui est une religion athée, sans dieux, et qui permet le pessimisme. Ce documentaire constitue le dernier volet d’une Trilogie du mal, commencée avec Général Idi Amin Dada : autoportrait sur le dictateur ougandais (1974), puis L’Avocat de la terreur (2007) sur Jacques Vergès. Le même point de départ est à l’origine de ces trois projets : dialoguer avec des gens au travers desquels le mal peut s’incarner sous différents visages et laisser l’horreur ou la vérité s’installer d’elles-mêmes petit à petit, au gré des rencontres. En Birmanie, le « Vénérable W. » est un moine bouddhiste très influent. Partir à sa rencontre, c’est se retrouver au cœur du racisme quotidien, et observer comment l’islamophobie et le discours haineux se transforment en violence et en destruction. Pourtant nous sommes dans un pays où 90% de la population est bouddhiste, religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent. 100 minutes glaçantes et effroyables qui, une fois de plus, sonnent comme un avertissement pour notre civilisation occidentale où de plus en plus de personnes se laissent volontiers attirer par les sirènes populistes, racistes et xénophobes. La Birmanie paraît d’un seul coup bien proche de nos frontières.   Lire la suite

Rebelote…

… et dix de der.

En couverture de leur dernier livre*, incontournable cadeau à faire ou à se faire, Emef et Jipéhel vous donnaient un conseil. Changez la date et ce conseil reste encore et toujours d’actualité.

Toutenmacron et son équipe continueront-ils à marcher sur les eaux ? Les autres partis fourbissent-ils  leurs pelles pour s’enterrer encore plus profond… ? La pelle du 18 juin en quelque sorte !

*En vente aux éditions l’Harmattan et auprès de vos deux auteurs préférés qui vous le dédicaceront avec un plaisir gourmand.