Règlements de comptes

Tous azimuts

A la demande de Bruno Le Maire, l’Inspection Générale des Finances a rendu son rapport sur le raté de la taxe sur les dividendes, retoquée par le Conseil Constitutionnel, qui a fait perdre 10 milliards à l’Etat. Exonérant Emmanuel Macron, il pointe plutôt Michel, le ravi de la crèche, pour qui ça commence à sentir le… Sapin.   

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Tout nous sépare

Il n’y a pas de jours heureux

Thierry Klifa n’est pas un débutant même si ses précédents films n’avaient pas entraîné une très forte adhésion. Mais cette fois, ces 98 minutes de thriller constitue son meilleur opus. Histoire solide, belle mise en scène et une magnifique interprétation. Une maison bourgeoise au milieu de nulle part. Une cité à Sète. Une mère et sa fille. Deux amis d’enfance. Une disparition. Un chantage. La confrontation de deux mondes. Ici, on ne parle pas de chef d’œuvre mais d’un bon film, qui tient en haleine et on s’étonne moins qu’il est reçu 3 prix au festival de la Baule, dont l’Ibis d’or du meilleur film. Lire la suite

Chavela Vargas

L’icône iconoclaste

Au début des années 1990, Catherine Grund, a perdu son meilleur ami du sida et s’est enfuie à Mexico pour y rester pendant plusieurs mois. Elle va obtenir une interview de Chavela Vargas, qui, à 71 ans, était assez méconnue, lesbienne, oubliée et dénigrée. L’icône vieillissante de la musique ranchera (ouest mexicain), avait alors des gros problèmes d’alcoolisme, en pleine rupture sentimentale, elle était relayée au second plan et sombrait dans l’oubli. Mais, fidèle à elle-même, elle croyait toujours en son pouvoir. La réalisatrice a vu là l’opportunité de faire partager son histoire à une large audience. Voici comment est né ce formidable docu-biopic-musical, réalisée en compagnie de Daresha Kyi. 90 minutes passionnantes sur une artiste magnifique constamment borderline, mais extrêmement attachante et qui chantera sur scène jusqu’à la limite de ses forces, en 2012, à 93 ans !!! Lire la suite

A beautiful Day

Voyage au bout de la nuit

Le drame de l’écossaise Lynne Ramsay – dont j’avais adoré We need to talk about Kevin en 2011 – revient tout auréolé de Cannes avec deux prix, pour le scénario et pour l’interprétation masculine, – j’y reviendrai -. La fille d’un sénateur disparaît. Joe, un vétéran brutal et torturé, se lance à sa recherche. Confronté à un déferlement de vengeance et de corruption, il est entraîné malgré lui dans une spirale de violence… On compare volontiers ces 90 minutes sous très haute tension, à l’inoubliable Taxi Driver. Mais n’est pas Scorcese qui veut. Et tout comme le palmarès cannois, ce film est discutable tant sur la forme que sur le fond. Lire la suite

La Mélodie

La corde sensible

En allant voir le film de Rachid Hami, je craignais fort d’assister à un remake du brésilien Le professeur de violon sorti en 2016. D’autant que notre réalisateur n’a que 32 ans et tout le monde, ou presque, a oublié son premier long métrage qui date de 2007. Donc c’est plutôt pour les deux acteurs principaux qui portent ces 102 minutes que je me suis décidé. A bientôt cinquante ans, Simon est un violoniste émérite et désabusé. Faute de mieux, il échoue dans un collège parisien pour enseigner le violon aux élèves de la classe de 6ème de Farid. Ses méthodes d’enseignement rigides rendent ses débuts laborieux et ne facilitent pas ses rapports avec des élèves difficiles. Arnold est fasciné par le violon, sa gestuelle et ses sons. Une révélation pour cet enfant à la timidité maladive. Peu à peu, au contact du talent brut d’Arnold et de l’énergie joyeuse du reste de la classe, Simon revit et renoue avec les joies de la musique. Aura-t-il assez d’énergie pour surmonter les obstacles et tenir sa promesse d’emmener les enfants jouer à la Philharmonie ? Bon, à l’arrivée pas de déception. Un film plus qu’honnête sur un sujet rebattu mais porté par d’excellents acteurs et une énorme sincérité. Et puis, la musique… Lire la suite

Souviens-toi de ton futur

La bio pour les nuls

Une découverte, jeudi dernier, dans ma salle préférée du Buisson de Cadouin, le très joli documentaire d’Enora Boutin, qui nous propose 4 expériences vécues en Périgord par des acteurs d’une « nouvelle » agriculture… D’ailleurs est-elle vraiment nouvelle ? N’est-ce pas plutôt un retour vers les temps heureux où l’on respectait la Terre, une époque où l’on produisait pour se nourrir et non pas pour le profit ? Une viticultrice, un couple créateur de jardin, deux éleveurs de brebis qui relancent le pastoralisme et un producteur de purins végétaux, des visages de l’agroécologie en Dordogne. Pour eux, le modèle dominant n’est plus tenable. Ils prennent un autre chemin et font face à la nécessité de changer pour survivre. Alors, au fil des saisons, chacun d’eux tache de réinventer son travail et sa vie. Comment parviendront-ils à apprivoiser leur liberté ? Lire la suite

Macron à la Une

Au pas de course

A l’occasion des six mois de son élection à la présidence de la République, Emmanuel Macron a accordé un long entretien au magazine américain, Times, dont il fait la couverture… rien que ça. Notre Macroncéphale fascine littéralement l’Amérique…pas forcément pour sa politique, mais parce qu’il est jeune et qu’il parle un anglais impeccable. C’est déjà ça.

Même si je trouve personnellement que ce soit fort prématuré, le temps d’un premier bilan de 6 mois de « macronisme » semble venu. Fort des erreurs des Chirac, Sarkozy et Hollande, Toutenmacron a décidé de mener son quinquennat tambour battant. L’histoire récente nous prouve que les premiers mois sont cruciaux. Réformes rythmées, et surtout rupture volontaire avec les quinquennats précédents : réforme de la fiscalité, du Code du travail, moralisation de la vie publique, sortie de l’état d’urgence : décisions parfois clivantes qui montrent que l’Emmanuel ne cède ni a la rue ni à l’opposition, – en attendant les réformes de l’apprentissage, de la formation ou encore de l’assurance chômage -. En lançant ces chantiers économiques, il espère des résultats rapides dont il pourra bénéficier pour la suite de son quinquennat. Car pour l’instant, si la situation semble s’améliorer, c’est sans doute à porter au crédit de François II le Corrézien, lequel ne se gêne pas pour le rappeler à chacune de ses prises de paroles.

Ce qui change, en vérité, c’est que pour la première fois depuis très longtemps, on a un Président qui applique le programme pour lequel il a été élu. La cohérence des mesures adoptées par le gouvernement n’est pas toujours facile à percevoir. Certaines semblent socialement injustes, bien que le but ultime soit de réduire le chômage, ce qui est très difficile dans un pays intoxiqué au point de s’en presque satisfaire, pourvu qu’il soit éternellement indemnisé. A la gauche de la Gauche on mise sur la France en colère. On ferait mieux d’admettre, avec une certaine amertume qu’en vérité c’est la France résignée.

Pour l’instant, malgré une cote de popularité un tantinet en berne, Toutenmacron et son équipe ont une furieuse tendance à l’autosatisfaction. Si on peut lui donner quitus de sa gestion au niveau international, on est loin de l’excellence. Si chacun peut trouver motif à redire sur les décisions prises depuis 6 mois, il peut aussi constater avec consternation, que le temps des oppositions et des couacs gouvernementaux est toujours d’actualité. Un remaniement semble dans les tuyaux de Matignon. Va-t-on juste remplacer Castaner – futur patron de la République en Marche – au poste de porte-parole du gouvernement ? Ou bien va-t-on voir tomber des têtes ? Les spéculations vont bon train. Même s’ils sont jugés « fatigués » et « inexistants » par un proche du chef de l’Etat, Collomb et Le Drian seront sans doute épargnés. Mais qu’en est-il de la guéguerre permanente entre Hulot et Travert ? On peut prévoir un nouvel épisode de chaises musicales du côté de nos ministères. Et il n’y a pas de musique plus agréable que les variations des airs connus. (J. Joubert)