Nous finirons ensemble

Un fort goût de réchauffé

Guillaume Canet tire à la ligne, en se disant que c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe… Grave erreur ! 135 trop longues minutes pour un film, somme toute, inutile. Préoccupé, Max est parti dans sa maison au bord de la mer pour se ressourcer. Sa bande de potes, qu’il n’a pas vue depuis plus de 3 ans débarque par surprise pour lui fêter son anniversaire ! La surprise est entière mais l’accueil l’est beaucoup moins… Max s’enfonce alors dans une comédie du bonheur qui sonne faux, et qui mettra le groupe dans des situations pour le moins inattendues. Les enfants ont grandi,  d’autres sont nés, les parents n’ont plus les mêmes priorités…  Les séparations, les accidents de la vie… Quand tous décident de ne plus mettre de « petits mouchoirs » sur les gros bobards, que reste-t-il de l’amitié ? Soyons honnêtes, on ne s’ennuie pas vraiment, mais avec une telle affiche, on pouvait en attendre beaucoup plus… d’où la déception. Un raté qui a déjà fait 2 millions et demi d’entrées. Décidément, tout est relatif, mon avis aussi. Lire la suite

J’veux du soleil

Les indignés

« J’ai changé les plaquettes de frein et le liquide de refroidissement. 350 € chez Norauto… » C’est parti pour un road-movie dans la France d’aujourd’hui ! Avec leur humour et leur caméra, Gilles Perret et François Ruffin traversent le pays: à chaque rond-point en jaune, c’est comme un paquet-surprise qu’on ouvrirait. Qu’est-ce qui va en sortir ? Des rires ou des larmes ? De la tendresse ou de la colère ? De l’art ou du désespoir ? Les deux compères nous offrent des tranches d’humanité, saisissent cet instant magique où des femmes et des hommes, d’habitude résignés, se dressent et se redressent, avec fierté, avec beauté, pour réclamer leur part de bonheur. Tout est dit ou presque dans le pitch présenté par les deux documentaristes. Un film salutaire mais parasité par instants par François Ruffin lui-même, sur lequel il y a tout de même beaucoup à dire et à redire. La preuve ! Lire la suite

Mais vous êtes fous

Cocaïne et amour : deux drogues dures

1er long métrage mis en scène par Audrey Diwan, qui est à la base journaliste et romancière, ce drame inspiré d’un fait divers réel, se révèle tout à fait intéressant et traité avec, à la fois, subtilité et force. Roman aime Camille, autant qu’il aime ses deux filles. Mais il cache à tous un grave problème d’addiction, qui pourrait mettre en péril ce qu’il a de plus cher. L’amour a-t-il une chance quand la confiance est rompue? 95 minutes bouleversantes qui, à mon goût, malgré un bon accueil, est passé trop inaperçu aux yeux du grand public. Lire la suite

Référendum

Pour ou contre l’Europe

Voilà à quoi ressemble en vérité le scrutin de dimanche prochain. C’est navrant mais c’est comme ça. Comme tous les 5 ans, les Français transforment cette élection continentale en drame national. C’est évident que la Marine et ses p’tits gars n’ont pas du tout intérêt à parler d’Europe, car ils n’ont rien à proposer, sinon la haine, le rejet, l’exclusion et le nationalisme le plus exacerbé… bref la connerie. Selon les latitudes, la haine de l’étranger change de nom. En Europe, elle s’appelle patriotisme, en Chine xénophobie. (F. Vanderem)

La vieille Europe ; elle ne revivra jamais : La jeune Europe offre-t-elle plus de chances ? Quand on pense que c’est Chateaubriand qui prononçait cette sentence ! Pendant ce temps, Toutenmacron se drape dans la posture de sauveur du continent face à tous les extrémismes… Doit-on lui reprocher ? Il ne faut point mener les hommes par les voies extrêmes. (Montesquieu)

Et puis, pour finir, notre petit tour sur la Croisette pour le film de Lelouch qui est le plus fort pour faire du vieux… avec du vieux.

La Flor 3

Labyrinthe

« La Flor » cambriole le cinéma en six épisodes. Chaque épisode correspond à un genre cinématographique. Le premier est une série B, comme les Américains avaient l’habitude d’en faire. Le second est un mélodrame musical avec une pointe de mystère. Le troisième est un film d’espionnage. Le quatrième est une mise en abîme du cinéma. Le cinquième revisite un vieux film français. Le sixième parle de femmes captives au 19e siècle. Mon tout forme un film fleuve d’une durée peu commune de 13h34. C’est vous dire qu’on a cru bon de diviser ce labyrinthe cinématographique en différents épisodes, dont je n’ai pu – ou voulu – voir que le 3ème épisode, le film d’espionnage. Et croyez-moi, à côté, John Le Carré, c’est le Club des Cinq. Et j’exagère à peine. Aussi resterais-je modéré dans mes jugements !
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Raoul Taburin

Un bijou de poésie désabusée

Adapter la BD – en l’occurrence, un roman graphique – pour le grand écran, qui plus est, quand il s’agit de Sempé et de son univers onirique si personnel, ça relève de la gageure. C’est bien pour ça que Pierre Godeau était attendu au tournant. Raoul Taburin, c’est l’histoire d’un petit garçon devenu grand sans savoir faire du vélo. L’histoire d’un immense malentendu vécu comme une malédiction. Un imposteur malgré lui. Eh bien, cette comédie tout en tendresse et en poésie nous propose un vrai bain de fraîcheur. Certes, ce n’est pas dans l’air du temps… Et alors ! On ne va pas bouder un moment de nostalgie intemporelle comme celui-là. Lire la suite

Du lourd et du léger

Le divertissement est le meilleur régime contre le poids de l’existence….

Et pour commencer du très pesant : l’irruption dans la campagne européenne du peu fréquentable Steve Bannon. Longtemps éminence grise de Donald le Connard, qu’il a abandonné le trouvant trop modéré (?!?), il fait ami-ami avec la châtelaine de Montretout dont il se prétend le conseiller informel. Il se veut bienfaiteur des personnalités populistes du Vieux continent. Il a posé ses valises à Paris dans sa suite du Bristol à 2.500 euros la nuit pour faire gagner Le Pen ! Qu’en pensent les Gilets Jaunes ?

Autre visiteur parisien : Raoni Metuktire, l’un des grands chefs du peuple kayapo vivant au cœur d’une des terres indigènes homologuées et protégées sur le territoire du Brésil, a entamé lundi dernier sa tournée de trois semaines en Europe. Et il a été reçu ce jeudi par notre indigène élyséen. Que ce sont dit les deux hommes ? Rien n’a filtré des entretiens… et pour cause !

Après Nordhal Lelandais, nous tenons notre nouveau serial killer. Il s’appelle Frédéric Péchier, anesthésiste de son état, il aurait empoisonné plus d’une vingtaine de ses patients à l’hôpital de Besançon. Mais comme on dit là-bas, présomption d’innocence oblige, dans le Doubs abstiens-toi.

Enfin, un petit tour sur la Croisette, où pour la 1ère fois, la cérémonie d’ouverture s’est faite à l’ombre des zombies de Jim Jarmush. Rassurez vous, les festivaliers ne craignent rien, ce sont des revenants de comédie et derrière la parabole apocalyptique, on rit beaucoup.