Archives de Catégorie: Guerre

Una Questione Privata

Clap de fin pour les Taviani

Paolo et Vittorio Taviani font partie des incontournables du cinéma italien voire mondial avec des titres depuis Padre Padrone, jusqu’à César doit mourir en passant par Kaos, La nuit de San Lorenzo, ou Good Morning Babylonia. Cette fois encore avec ces 85 minutes de drame romantique, il reviennent sur le devant de l’affiche – pour la dernière fois à deux, Vittorio vient de décéder à l’âge de 88 ans -. Eté 43, Piémont. Milton aime Fulvia qui joue avec son amour : elle aime surtout la profondeur de sa pensée et les lettres qu’il lui écrit. Un an plus tard, Milton est entré dans la Résistance et se bat aux côtés d’autres partisans. Au détour d’une conversation, il apprend que Fulvia aimait en secret son ami Giorgio, partisan lui aussi. Milton se lance alors à la recherche de Giorgio, dans les collines des Langhes enveloppées de brouillard… Mais Giorgio vient d’être arrêté par les Fascistes. Un film d’une grande beauté, certes réalisé à l’ancienne, mais qui au-delà du message politique, reste avant tout une romance bouleversante sur fond de guerre. Forcément un grand film. Lire la suite

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Le Collier rouge

Tempête sous un képi

Jean Becker, c’est l’homme de l’Eté meurtrier, des Enfants du Marais, de Dialogue avec mon Jardinier, de La Tête en friche, de Bienvenue parmi nous… entre autres, n’oublions pas qu’il a 79 ans. Ces 83 minutes ne dérogeront pas à son goût pour les récits feutrés qui exaltent les bons sentiments. Dans une petite ville, écrasée par la chaleur de l’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Trois personnages et, au milieu d’eux, un chien, qui détient la clef du drame… Comme toujours la critique déteste son cinéma – j’en arrive même à me demander si certains vont voir ses films avant de les critiquer -, et comme souvent, le public est au rendez-vous. En tout cas, moi j’aime ça, sans pour autant crier au chef d’œuvre, ce cinéaste me fait toujours passer un bon moment… on n’en demande pas forcément plus.    Lire la suite

Horse Soldiers

Mission Impossible

Enfin un film de guerre intelligent car sous-tendue par une véritable réflexion. C’est à Nicolai Fuglsig que l’on doit ces 130 minutes parfaitement honorables. Le capitaine Mitch Nelson est le chef de l’unité des Forces Spéciales qui a été choisie pour une périlleuse mission secrète. Son détachement et lui sont envoyés en Afghanistan, en plein conflit armé, pour apporter leur aide aux Afghans dans leur lutte contre les talibans. Pour son 1er film on peut dire que le réalisateur danois frappe fort et juste. Visiblement ce haut fait d’armes est unanimement célébré aux USA… j’avoue mon ignorance et j’ai découvert, comme sans doute beaucoup d’autres en Europe, cette mission hors du commun. Même si n’est Spielberg qui veut, on ne voit pas le temps passer et on est emportés dans cette sorte de mission impossible en Afghanistan. Lire la suite

Dunkerque

La débâcle

Christopher Nolan est un spécialiste du blockbuster comme le prouvent ses Inception, Man of Steel, Transcendance, Interstellar… C’est d’abord un excellent technicien, mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas dans la finesse. Ces 107 minutes sur fond de grande Histoire restent donc dans le droit fil de cette filmographie. Le récit de la fameuse évacuation des troupes alliées de Dunkerque en mai 1940 est ici vue par le petit bout de la lorgnette, à travers l’anecdote, l’humain et non par le prisme habituel du politico-militaire. Intéressant dans l’intention mais je dois avouer m’être pas mal ennuyé devant la répétition des scènes et des situations et suis sorti totalement abruti par la musique permanente de Hans Zimmer. Bref, impression mi-figue mi-raisin devant un des films les plus attendus de cet été.   Lire la suite

Churchill

Douteux

Jonathan Teplitzky dont je ne connaissais à ce jour que son poussif et agaçant Les Voies du Destin de 2013, revient sur le devant de l’affiche avec cet étrange biopic de 48 heures, certes cruciales, mais plutôt contestable. Juin 1944. Les 48 heures précédant le Débarquement qui scellèrent le destin de Winston Churchill et du monde. 106 minutes où réapparaît le vieux débat de la forme et du fond. Le film repose entièrement sur la performance du stupéfiant de son acteur principal, mais – et certes je ne suis pas historien – tous ces coups de canif dans l’image du grand homme sont ils fondés, vérifiés… et vérifiables. Car si toutes ces révélations sont inexactes, ce film est totalement inutile… et déjà qu’il est assommant ! Lire la suite

The Wall

De la stupidité de la guerre

Doug Liman est un spécialiste des ambiances guerrières et de l’action soutenue. En effet, c’est à lui que l’on doit notamment La mémoire dans la peau, Mr and Mrs Smith et Edge of Tomorrow. Cette fois on a droit à 90 minutes de suspense et de cinéma intimiste. Deux soldats américains sont la cible d’un tireur d’élite irakien. Seul un pan de mur en ruine les protège encore d’une mort certaine. Au-delà d’une lutte pour la survie, c’est une guerre de volontés qui se joue, faite de tactique, d’intelligence et d’aptitude à atteindre l’ennemi par tous les moyens… Tout est bon dans ce film, le thème, le scénario, la réalisation et l’interprétation. Une réussite du genre « film de guerre » intelligent. Lire la suite

Les Oubliés

Les horreurs de l’après-guerre

Voici le premier film du danois Martin Zandvliet. Un film de guerre pas comme les autres sur une période rarement traitée à l’écran, avec un scénario original qui nous raconte l’immédiate après-guerre au Danemark. 100 minutes d’extrême tension absolument bouleversantes. 1945. Danemark. Fin de la Seconde Guerre Mondiale. Plusieurs soldats allemands, à peine sortis de l’adolescence, sont faits prisonniers par l’armée danoise et envoyés en première ligne pour désamorcer les mines enfouies le long de la côte. Pour eux, la guerre est loin d’être terminée. Inspiré de faits réels, le film raconte cet épisode tragique de l’Histoire. Un beau plaidoyer humaniste sur l’inutilité de la vengeance. Très puissant. Lire la suite