Archives de Catégorie: Drame

Trois visages

Road movie au pays des mollahs

Une fois de plus, le cinéaste iranien, Jafar Panahi n’est pas reparti bredouille de Cannes où il a obtenu le Prix du scénario pour ces 100 minutes d’un drame d’une grande originalité, et, comme toujours, d’une qualité esthétique remarquable. Une célèbre actrice iranienne reçoit la troublante vidéo d’une jeune fille implorant son aide pour échapper à sa famille conservatrice… Elle demande alors à son ami, le réalisateur Jafar Panahi, de l’aider à comprendre s’il s’agit d’une manipulation. Ensemble, ils prennent la route en direction du village de la jeune fille, dans les montagnes reculées du Nord-Ouest où les traditions ancestrales continuent de dicter la vie locale. Après la capitale scrutée dans son formidable Taxi Téhéran, Panahi quitte la ville, pour nous plonger dans le Nord-Ouest du pays, dans la partie azérie de l’Iran, à la recherche d’une jeune fille disparue. Une immersion passionnante dans un Iran inconnu.   Lire la suite

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Hérédité

Autopsie des névroses familiales

Ce thriller d’épouvante est un 1er film signé d’un québécois quasi inconnu, Ari Aster, qui a également écrit le scénario de ce très bon opus dans un genre qui ne se renouvelle pas toujours assez et se laisse souvent aller à la facilité… sur tout dans le ciné américain. Lorsque Ellen, matriarche de la famille Graham, décède, sa famille découvre des secrets de plus en plus terrifiants sur sa lignée. Une hérédité sinistre à laquelle il semble impossible d’échapper. 126 minutes à très haute tension mêlant avec virtuosité, traumas paranoïaques, terreur psychologique,  où le réel et le surnaturel se superposent dans un même plan, ce qui rend l’ensemble extrêmement déstabilisant et provoque des sueurs froides que l’on n’avait pas ressenties depuis longtemps. Lire la suite

Midnight sun

Diabétiques s’abstenir !

Xeroderma Pigmentosum (XP) ? Vous connaissez ? Sans doute non ! C’est le nom savant de la maladie des « enfants de la lune ». C’est aussi la toile de fond du mélo pur sucre réalisé par Scott Speer dont la filmographie n’a pas, jusque là, bouleversé l’histoire du 7ème Art. Katie Price, 17 ans, est une adolescente comme les autres, ou presque. Elle ne peut en aucun cas être exposée à la lumière du jour, sous peine d’en mourir. La journée, elle compose et joue de la guitare, et observe le monde depuis sa chambre, notamment Charlie Reed, son voisin. À la nuit tombée, ses rêves prennent vie ! Elle sort chanter dans la gare près de chez elle. Un soir, elle se retrouve face à Charlie. Lui est instantanément sous le charme et se met en tête de la revoir… Pourront-ils s’aimer au grand jour ? 93 minutes après cette overdose de miel et de larmes, on sait deux choses de plus, Scott Speer n’est pas un grand cinéaste, les jeunes acteurs à l’affiche ont intérêt à faire de gros progrès dans ce métier s’ils veulent y faire de vieux os et enfin, on a confirmation que faire pleurer le spectateur sans roublardise et sans pathos, c’est un vrai métier, et donc que le scénariste de ce nanar larmoyant n’a aucun talent. Emballé, c’est pesé ! Lire la suite

Désobéissance

A la recherche du temps perdu

Le chilien Sebastián Lelio nous avait enthousiasmés l’an dernier avec son drame Une Femme magnifique. Il n’est pas loin de récidiver avec ces 114 minutes d’une beauté et d’une force inouïes. Une jeune femme juive-orthodoxe, retourne chez elle après la mort de son père. Mais sa réapparition provoque quelques tensions au sein de la communauté lorsqu’elle avoue à sa meilleure amie les sentiments qu’elle éprouve à son égard… Un film sur la liberté de choisir qui se situe dans la communauté hassidique de Londres ne peut laisser indifférent, pas plus que l’histoire d’amour passionné vécue par deux femmes a priori prisonnières de leur milieu… Original et bouleversant. Lire la suite

Trois jours à Quiberon

De l’ennui distingué

Emily Atef, dont je ne connais pas le cinéma, nous gratifie ici de 115 très longues minutes dont je ne parviens toujours pas à comprendre ni l’utilité ni le sens profond. 1981. Pour une interview exceptionnelle et inédite sur l’ensemble de sa carrière, Romy Schneider accepte de passer quelques jours avec le photographe Robert Lebeck et le journaliste Michael Jürgs, du magazine allemand « Stern » pendant sa cure à Quiberon. Cette rencontre va se révéler éprouvante pour la comédienne qui se livre sur ses souffrances de mère et d’actrice, mais trouve aussi dans sa relation affectueuse avec Lebeck une forme d’espoir et d’apaisement. Mini biopic d’une star cabossée par la vie superbement interprété et mis en image, mais qui dégage un ennui rédhibitoire. Lire la suite

Le Cercle littéraire de Guernesey

Mélo so british

Mike Newell est un caméléon de la réalisation. Après 4 Mariages et un enterrement, Harry Potter et la Coupe de Feu ou Prince of Persia : les Sables du temps, il passe à la romance historique avec ces 123 minutes d’excellente facture. Londres, 1946. Juliet Ashton, une jeune écrivaine en manque d’inspiration reçoit une lettre d’un mystérieux membre du Club de Littérature de Guernesey créé durant l’occupation. Curieuse d’en savoir plus, Juliet décide de se rendre sur l’île et rencontre alors les excentriques membres du « Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » dont Dawsey, le charmant et intriguant fermier à l’origine de la lettre. Leurs confidences, son attachement à l’île et à ses habitants ou encore son affection pour Dawsey changeront à jamais le cours de sa vie. Encore une adaptation de best seller… Encore un que je n’ai pas lu… Et je suis d’autant plus à l’aise pour écrire que j’ai passé un bon moment face à ce beau mélo assumé délicieusement suranné et tourné dans des paysages magnifiques.   Lire la suite

Volontaire

Sec, froid, ambiguë… et subtil

Me voilà très embarrassé pour écrire cette chronique à propos du film d’Hélène Fillières, qui m’a, à la fois, passionné et irrité. Laure a 23 ans. Elle se cherche. C’est dans la Marine Nationale qu’elle va trouver un cadre, une structure, des repères. Solide et persévérante, elle va faire son apprentissage et découvrir sa voie. Au premier abord, ça semble sonner comme une pub pour l’Armée Française… et ce n’est évidemment pas ma tasse de thé. Mais à y réfléchir, on se rend compte que ces 100 minutes bien écrites, bien réalisées, très bien jouées, nous raconte avant tout une histoire d’amour peu banale ayant pour décor la Marine Nationale… ce qui change tout et c’est donc mon intérêt qui l’emporte largement sur le côté engagez-vous, engagez-vous qu’ils disaient. Lire la suite