Archives de Catégorie: Drame

Confident Royal

Judi impériale

Stephen Frears aime à changer de registre mais rate rarement son coup. Après Tamara Drewe, Philomena, ou Florence Foster-Jenkins, le voici plongé dans la grande histoire britannique avec ce biopic des derniers temps de la vie de la reine Victoria. L’extraordinaire histoire vraie d’une amitié inattendue, à la fin du règne marquant de la Reine Victoria. Quand Abdul Karim, un jeune employé, voyage d’Inde pour participer au jubilé de la reine Victoria, il est surpris de se voir accorder les faveurs de la Reine en personne. Alors que la reine s’interroge sur les contraintes inhérentes à son long règne, les deux personnages vont former une improbable alliance, faisant preuve d’une grande loyauté mutuelle que la famille de la Reine ainsi que son entourage proche vont tout faire pour détruire. A mesure que l’amitié s’approfondit, la Reine retrouve sa joie et son humanité et réalise à travers un regard neuf que le monde est en profonde mutation.112 minutes pleines de grâce, d’humour et de sensibilité servies par une actrice hors-pair, l’immense Judi Dench. Lire la suite

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Happy End

Bad Movie

Je suis un grand admirateur du cinéma de Michael Haneke, de Ruban Blanc à Amour en passant par la Pianiste, j’avais, comme beaucoup, était époustouflé par l’écriture et l’originalité de ses films. J’adore depuis toujours Jean-Louis Trintignant et mes fidèles lecteurs savent la vénération que je porte à Isabelle Huppert. Alors à l’idée de voir tout ce beau monde réuni sur un écran, j’en salivais d’avance… et là encore, je n’étais pas le seul. Aussi la déception est-elle à la hauteur de l’attente. « Tout autour le Monde et nous au milieu, aveugles. » Instantané d’une famille bourgeoise européenne. La comédie grinçante ne fonctionne pas et on cherche encore l’utilité de ces 108 minutes, certes brillantes, mais ici, l’exigence s’est faite hermétisme, l’autodestruction annoncée de notre monde reste enfouie sous un scénario boursouflé et complaisant. Un ratage douloureux. Lire la suite

Kiss & Cry

Premiers émois

Lila Pinell et Chloé Mahieu se sont connues au début des années 2000 et ont depuis réalisé en duo, plusieurs couts-métrages remarqués et même primés, dont un, Boucle Piqué, qui se situait déjà dans le milieu du patinage artistique. Ces 78 minutes constituent donc leur premier long-métrage de fiction. Sarah, 15 ans, reprend le patin de haut niveau au club de Colmar, sans trop savoir si elle le fait pour elle ou pour sa mère. Elle retrouve la rivalité entre filles, la tyrannie de l’entraineur, la violence de la compétition. Tandis que son corps est mis à l’épreuve de la glace, ses désirs adolescents la détournent de ses ambitions sportives… Disons-le d’emblée, le mélange documentaire et fiction ne fonctionne pas du tout, chaque aspect occultant l’autre. D’où une bonne dose d’ennui durant ce drame, dont la durée, fort heureusement, est réduite. Un tout petit film dans toute l’acception du terme. Lire la suite

Mary

Little Miss Mathématique

En dehors de ses deux Spiderman, Marc Webb avait surtout tourné des séries télé. Il se lance pour la première fois dans le film intimiste avec cette comédie dramatique tout à fait réussie. D’ailleurs ces 100 minutes ont obtenu le Prix du Public à Deauville… et c’est fort mérité. Un homme se bat pour obtenir la garde de sa nièce, qui témoigne d’un don hors du commun pour les mathématiques. Le sujet peut paraître simple, mais c’est sacrément bien écrit et porté très haut par son couple vedette, en particulier une petite fille de 11 ans absolument époustouflante.   Lire la suite

Un beau soleil intérieur

Juliette et ses prétendants

Le nouveau film de Claire Denis a été présenté en Ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs – il a d’ailleurs obtenu le Prix SACD pour l’occasion -. C’est sa première comédie – en réalité «  comédie dramatique » serait plus approprié -. Le pitch est minimal : Isabelle, divorcée, un enfant, cherche un amour. Enfin un vrai amour. 94 minutes de rencontres, de rires, de sourires, de colères, de sexe… la vie quoi ! Un film lumineux, attachant et souvent intrigant. Et une de nos plus grandes actrices… Rien à ajouter. Lire la suite

Faute d’amour

Un monde sans amour

Andrey Zvyagintsev, c’est le génial réalisateur et scénariste de Elena et de Léviathan. Cette fois il a reçu le Prix du Jury à Cannes pour ces 128 minutes aussi superbes qu’éprouvantes. Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser… Aucun des deux ne semble avoir d’intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu’à ce qu’il disparaisse. Portrait de plus en plus noir de la Russie de Poutine en plein anéantissement moral jusqu’à la monstruosité à un point tel qu’à l’issue de la projection rien n’est plus tout à fait pareil. Lire la suite

Les Proies

Les tourments du désir

Après Don Siegel et Clint Eastwood en 1971, Sofia Coppola nous gratifie d’un remake de l’adaptation du roman de Thomas P. Cullinan. Pari casse-gueule, mais pari tenu, car la réalisatrice de Bling Ring, Virgin Suicides, Lost in translation ou de Somewhere nous a donné ici une nouvelle lecture en nous racontant l’histoire du point de vue des femmes. En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d’un internat de jeunes filles recueillent un soldat blessé du camp adverse. Alors qu’elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l’atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu’à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous. 93 minutes sous haute tension servies par un casting absolument formidable. Lire la suite