Archives de Catégorie: Drame

Ce qui nous lie

Boire un petit coup de Klapisch, c’est agréable

 

Je suis un passionné du cinéma de Cédric Klapisch, et ce, depuis 1992 et son étonnant Riens du tout. Depuis il y a eu des ratés, mais on se souvient avec joie de petites perles comme Le péril Jeune, Chacun cherche son chat, Un air de famille, et sa trilogie L’Auberge espagnol, Les Poupées russe  et Casse-tête chinois. Pour moi, il revient en force avec ces 103 minutes de comédie dramatique plus qu’honorables. Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent. Un joli film qui sent bon le terroir sans en abuser. Un des meilleurs crus de notre réalisateur qui devrait bien vieillir… le film pas le cinéaste.   Lire la suite

L’Amant d’un jour

Garrel filme Garrel

J’avoue avoir beaucoup de mal avec le cinéma de Philippe Garrel. Comme dans ses films précédents, on retrouve ses obsessions mais aussi ses tics qui à la longue m’ennuient profondément même si, cette fois, son film ne dure que 76 minutes… ce qui est largement suffisant. C’est l’histoire d’un père et de sa fille de 23 ans qui rentre un jour à la maison parce qu’elle vient d’être quittée, et de la nouvelle femme de ce père qui a elle aussi 23 ans et vit avec lui. Le scénario minimaliste comme toujours, le jeu distant des acteurs, la lenteur assumée et la banalité du propos, font de ce film, pourtant primé à Cannes avec le Prix SACD à la Quinzaine des Réalisateurs, un petit rien dont on peut aisément se passer. Lire la suite

The Wall

De la stupidité de la guerre

Doug Liman est un spécialiste des ambiances guerrières et de l’action soutenue. En effet, c’est à lui que l’on doit notamment La mémoire dans la peau, Mr and Mrs Smith et Edge of Tomorrow. Cette fois on a droit à 90 minutes de suspense et de cinéma intimiste. Deux soldats américains sont la cible d’un tireur d’élite irakien. Seul un pan de mur en ruine les protège encore d’une mort certaine. Au-delà d’une lutte pour la survie, c’est une guerre de volontés qui se joue, faite de tactique, d’intelligence et d’aptitude à atteindre l’ennemi par tous les moyens… Tout est bon dans ce film, le thème, le scénario, la réalisation et l’interprétation. Une réussite du genre « film de guerre » intelligent. Lire la suite

Suntan

Sea, sex and sun… à la grecque

Argyris Papadimitropoulos a 40 ans et c’est son premier film. Primées à Edimbourg et à Bruxelles, ces 104 minutes ont un ton très original et on se laisse prendre à ce marivaudage un tantinet sordide auquel on peut sans doute reprocher un certain manque de vraisemblance. – j’y reviendrai -. Kostis, la quarantaine, est engagé par la municipalité comme docteur sur l’île d’Antiparos en Grèce. Il passe un hiver solitaire et morne.  Mais quand l’été arrive, l’île se transforme en lieu de villégiature hédoniste avec ses plages naturistes et ses fêtes sans fin. Kostis rencontre la jolie et séduisante Anna dont il tombe amoureux et fait tout pour lui plaire. Très vite il passe son temps à faire la fête, boire et sortir avec Anna, au détriment de son travail. Un film grec sur nos écrans, c’est incontournable, et malgré quelques réserves, on passe un bon moment. Lire la suite

Drôles d’oiseaux

Ennui distingué

J’avais franchement détesté le Belleville Tokyo d’Élise Girard en 2011. La voilà qui revient avec ce mini-film de 70 minutes dont je ne sors pas plus ravi qu’il y a 6 ans.  Belle, jeune et pleine de doutes, Mavie cherche sa voie. Elle arrive à Paris et y rencontre Georges, libraire au Quartier Latin depuis quarante ans. Solitaire, comme caché dans sa boutique où personne ne vient, Georges l’intrigue et la fascine. Aussi improbable qu’inattendue, leur histoire d’amour va définitivement transformer le destin de ces deux drôles d’oiseaux. Pitch alléchant mais promesse non tenue. La grande qualité de ce moment est d’être très court, ce qui n’empêche pas quelques plages d’endormissement qui ne sont pas dues qu’à la digestion. Lire la suite

Les fantômes d’Ismaël

…ou les fantômes d’Arnaud ?

Pas grand-chose à jeter dans le cinéma d’Arnaud Desplechin. Depuis 1992 et La Sentinelle, il a enchanté régulièrement nos écrans avec des pépites comme Rois et Reines, Un conte de Noël, Jimmy P., ou Trois souvenirs de ma jeunesse.  Ces 114 minutes sont étranges, atypiques et de plus en plus introspectives… mais quel régal ! À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu… Il n’a que 56 ans et pourtant ce film sonne comme un résumé de ses rêves, de ses fantasmes et de ses obsessions. Et puis quel trio d’acteurs ! Lire la suite

Little Boy

Le courage de croire

Un premier film original venu des Etats-Unis et signé Alejandro Monteverde. Ces 106 minutes mettant en scène un petit garçon qui pense avoir des pouvoirs magiques pour ramener son père de la guerre, peut être à la fois considéré comme un drame de guerre, une comédie tutoyant parfois le fantastique. Mais il s’agit également d’un film chrétien, traitant du pouvoir transformateur de la foi. C’est vous dire si ce premier essai ne manque pas d’ambition. Alors que son père vient de partir pour la Deuxième guerre mondiale, Pepper, petit garçon de huit ans, reste inconsolable. Avec la naïveté de son âge, il est prêt à tout pour faire revenir son père coûte que coûte… Un très joli conte familial sur l’imaginaire, la persévérance et l’acceptation de l’autre… un film qui fait du bien. Lire la suite