Archives de Catégorie: Drame

On the milky road

La magie de l’absurde

On peut se montrer plus que critique envers ses positions politiques, comme son soutient indéfectible à Slobodan Milošević, mais cela ne retire rien au fait qu’Emir Kusturica est un véritable cinéaste à la vision et la manière parfaitement reconnaissables. A ce titre, On the milky road fait partie intégrante de son œuvre. Sous le feu des balles, Kosta, un laitier, traverse la ligne de front chaque jour au péril de sa vie pour livrer ses précieux vivres aux soldats. Bientôt, cette routine est bouleversée par l’arrivée de Nevesta, une belle réfugiée italienne. Entre eux débute une histoire d’amour passionnée et interdite qui les entraînera dans une série d’aventures rocambolesques. On retrouve ici le mélange de folie et de poésie typique de son cinéma, la thématique de la Guerre des Balkans et son amour des « petites gens ». 125 minutes de folie pure comme seul le réalisateur de Papa est en voyage d’affaires, Chat noir Chat blanc ou La vie est un miracle, peut nous réserver. Lire la suite

Cherchez la femme

Gonflé !

Ce premier film de Sou Abadi, d’origine iranienne, est la comédie dramatique du moment. Même si l’ensemble n’est pas dénué de défauts ou de maladresses, ces 88 minutes sont le vent d’air frais que l’on attendait sur un sujet plus que brûlant. Armand et Leila, étudiants à Science Po, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d’études aux Nations Unies. Mais quand Mahmoud, le grand frère de Leila, revient d’un long séjour au Yémen qui l’a radicalement transformé, il s’oppose à la relation amoureuse de sa sœur et décide de l’éloigner à tout prix d’Armand. Pour s’introduire chez Mahmoud et revoir Leila, Armand n’a pas le choix : il doit enfiler le voile intégral ! Le lendemain, une certaine Schéhérazade au visage voilé sonne à la porte de Leila, et elle ne va pas laisser Mahmoud indifférent… Une sorte de Certains l’aiment chaud sur l’islamisme bête et méchant. N’est pas Billy Wilder qui veut, mais les temps ont changé et oser traiter un tel sujet sous le prisme de la comédie relevait de la gageure. Pari tenu ! On tient peut-être là, la comédie de l’été. Lire la suite

Le jour d’après

Marivaudage en puzzle

Le coréen Hong Sang-soo est un virtuose, on le sait depuis longtemps. Après HA, HA, HA ou Hill of Freedom et Yourself and Yours, ces 92 minutes ne font que renforcer ce constat. Même si cette fois… Areum s’apprête à vivre son premier jour de travail dans une petite maison d’édition. Bongwan, son patron, a eu une relation amoureuse avec la femme qu’Areum remplace. Leur liaison vient de se terminer. Ce jour-là, comme tous les jours, Bongwan quitte le domicile conjugal bien avant l’aube pour partir au travail. Il n’arrête pas de penser à la femme qui est partie. Ce même jour, la femme de Bongwan trouve une lettre d’amour. Elle arrive au bureau sans prévenir et prend Areum pour la femme qui est partie… Je le répète, Hong Sang-soo a un style d’écriture et de mise en scène bien à lui, mais on a l’impression ici, que ça tourne un peu au système pur et dur, d’où une légère déception. Lire la suite

Ava

Pour un sourire

Ce premier film résulte du scénario de fin d’études de Léa Mysius, qu’elle a dû écrire très vite parce qu’elle était en retard pour le rendu. L’histoire du film est par ailleurs née d’une vision que la cinéaste avait d’un chien noir, famélique et étrange, qui traverse une plage bondée, pleine de chair, de cris et de crème solaire… Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan quand elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite…105 minutes d’un parcours initiatique qui pourraient s’avérer classiques voire banales, si les personnages n’apportaient une formidable originalité au propos. Un très beau film à découvrir dès que possible.   Lire la suite

Everything, everything

A déconseiller aux diabétiques

Je ne savais rien sur ce premier film de Stella Meghie. J’ignorais qu’il fût une adaptation d’un roman pour adolescents écrit par Nicola Yoon et publié en 2015 avec un énorme succès. J’ignorais donc que j’allais me retrouver dans une salle quasi pleine de jeunes filles en fleurs, le smartphone dans une main et le pot de pop-corn dans l’autre. J’ignorais surtout que j’allais m’ennuyer comme rarement durant 96 minutes. Que feriez-vous si vous ne pouviez plus sortir de chez vous ? Ni respirer l’air pur de la mer, ni sentir la chaleur du soleil sur votre visage… ni même embrasser le garçon qui vit à côté de chez vous ? Ce film raconte l’histoire d’amour insolite entre Maddy, adolescente futée, curieuse et inventive, et son voisin Olly. Car même si la jeune fille de 18 ans souffre d’une maladie l’empêchant de quitter l’environnement confiné de sa maison, le garçon refuse que ces circonstances n’entravent leur idylle. Maddy n’aspire qu’à sortir de chez elle et à découvrir le monde extérieur et à goûter à ses premiers émois amoureux. Alors qu’ils ne se voient qu’à travers la fenêtre et ne se parlent que par SMS, Maddy et Olly nouent une relation très forte qui les pousse à braver le danger pour être ensemble… même s’ils risquent de tout perdre. Dégoulinant de bons sentiments, ce tire-larmes est absolument insupportable. Lire la suite

Retour à Montauk

Mélancolique et sophistiqué

Volker Schlöndorff, 78 ans, est dans le cinéma depuis 1961. Après son excellent Diplomatie de 2014, il revient avec ce drame intimiste de 106 minutes bâti sur un scénario minimaliste mais défendu par un trio d’acteurs absolument épatants. Il y a un amour dans la vie, que tu n’oublies jamais, peu importe à quel point tu essaies. L’écrivain Max Zorn arrive à New York pour promouvoir son dernier roman. Sa jeune femme Clara l’a précédé de quelques mois pour contribuer à la parution du livre aux Etats-Unis. Dans son roman, Max raconte l’échec d’une passion dans cette ville, il y a 17 ans. Presque par hasard, il revoit Rebecca, la femme en question. Originaire d’Allemagne de l’Est, elle est devenue entre temps une brillante avocate et vit depuis 20 ans à New York. Ils décident de passer encore une fois un week-end ensemble. C’est l’hiver à Montauk, le petit village de pêcheurs au bout de Long Island. Deux transats vides, face à l’océan. Ils attendent deux personnes qui s’étaient perdues pendant très longtemps. Maintenant ils reviennent à Montauk, plein d’espoir et de regrets sur une vie commune manquée. Tout cela est extrêmement élégant, cultivé et raffiné, mais c’est aussi sacrément ennuyeux. Dommage, l’attente était forte… la déception aussi. Lire la suite

Ce qui nous lie

Boire un petit coup de Klapisch, c’est agréable

 

Je suis un passionné du cinéma de Cédric Klapisch, et ce, depuis 1992 et son étonnant Riens du tout. Depuis il y a eu des ratés, mais on se souvient avec joie de petites perles comme Le péril Jeune, Chacun cherche son chat, Un air de famille, et sa trilogie L’Auberge espagnol, Les Poupées russe  et Casse-tête chinois. Pour moi, il revient en force avec ces 103 minutes de comédie dramatique plus qu’honorables. Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent. Un joli film qui sent bon le terroir sans en abuser. Un des meilleurs crus de notre réalisateur qui devrait bien vieillir… le film pas le cinéaste.   Lire la suite