Archives de Catégorie: Comédie

On the milky road

La magie de l’absurde

On peut se montrer plus que critique envers ses positions politiques, comme son soutient indéfectible à Slobodan Milošević, mais cela ne retire rien au fait qu’Emir Kusturica est un véritable cinéaste à la vision et la manière parfaitement reconnaissables. A ce titre, On the milky road fait partie intégrante de son œuvre. Sous le feu des balles, Kosta, un laitier, traverse la ligne de front chaque jour au péril de sa vie pour livrer ses précieux vivres aux soldats. Bientôt, cette routine est bouleversée par l’arrivée de Nevesta, une belle réfugiée italienne. Entre eux débute une histoire d’amour passionnée et interdite qui les entraînera dans une série d’aventures rocambolesques. On retrouve ici le mélange de folie et de poésie typique de son cinéma, la thématique de la Guerre des Balkans et son amour des « petites gens ». 125 minutes de folie pure comme seul le réalisateur de Papa est en voyage d’affaires, Chat noir Chat blanc ou La vie est un miracle, peut nous réserver. Lire la suite

Grand froid

Le road-movie du mort-vivant

Un premier film signé Gérard Pautonnier, venu de la pub et de la télé, qui a mis les petits plats dans les grands avec son casting +++ et un scénario d’une rare originalité. C’est la rencontre avec le romancier Joël Egloff qui l’a poussé à se lancer dans l’aventure.  Dans une petite ville perdue au milieu de nulle part, le commerce de pompes funèbres d’Edmond Zweck bat de l’aile. L’entreprise ne compte plus que deux employés : Georges, le bras droit de Zweck, et Eddy, un jeune homme encore novice dans le métier. Un beau matin, pourtant, un mort pointe son nez. L’espoir renaît. Georges et Eddy sont chargés de mener le défunt jusqu’à sa dernière demeure. Mais, à la recherche du cimetière qui s’avère introuvable, le convoi funéraire s’égare et le voyage tourne au fiasco. 86 minutes d’un road-movie macabre et hilarant qui se transforme en parcours initiatique avec deux regards sur la vie et sur la mort qui s’opposent. A découvrir. Lire la suite

Cherchez la femme

Gonflé !

Ce premier film de Sou Abadi, d’origine iranienne, est la comédie dramatique du moment. Même si l’ensemble n’est pas dénué de défauts ou de maladresses, ces 88 minutes sont le vent d’air frais que l’on attendait sur un sujet plus que brûlant. Armand et Leila, étudiants à Science Po, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d’études aux Nations Unies. Mais quand Mahmoud, le grand frère de Leila, revient d’un long séjour au Yémen qui l’a radicalement transformé, il s’oppose à la relation amoureuse de sa sœur et décide de l’éloigner à tout prix d’Armand. Pour s’introduire chez Mahmoud et revoir Leila, Armand n’a pas le choix : il doit enfiler le voile intégral ! Le lendemain, une certaine Schéhérazade au visage voilé sonne à la porte de Leila, et elle ne va pas laisser Mahmoud indifférent… Une sorte de Certains l’aiment chaud sur l’islamisme bête et méchant. N’est pas Billy Wilder qui veut, mais les temps ont changé et oser traiter un tel sujet sous le prisme de la comédie relevait de la gageure. Pari tenu ! On tient peut-être là, la comédie de l’été. Lire la suite

Mon Poussin

Pauvre bête !

Le film de Frédéric Forestier est encore l’exemple type de la bonne idée de départ mais qui ne tient pas la route sur 97 minutes… Circonstances aggravantes – très aggravantes – le subterfuge trouvé pour tirer à la ligne. Vincent, 18 ans, se fait larguer par Elina. C’est son premier amour, c’est la fin du monde ! Ses parents décident donc de prendre les choses en main et vont tout tenter pour lui faire oublier cette fille : il devra les suivre dans une cure de désintoxication amoureuse dont ils vont imaginer le programme… La filmographie du sieur Forestier tient plus du champ de navets que d’un programme pour cinémathèque… Un film correct, il y a 5 ans déjà, avec Stars 80 que je qualifierai de passable. Tout le reste est bon à jeter, et ce dernier opus est du même tonneau. Un film d’été ? Mais alors pour un été vraiment pourri ! Lire la suite

Des plans sur la comète

Les Pieds Nickelés

C’est le premier film de Guilhem Amesland. Le scénario est somme toute banal. C’est donc le casting qui m’a attiré vers cette comédie douce-amère et déjantée. 93 minutes entre poésie et grotesque dans le genre déroutant. Michel et Franck, deux frères bricoleurs et combinards, arrivent en ville pour un nouveau chantier et de nouvelles entreprises de séduction. Lorsque Michel rencontre Michèle, qui leur a confié une maison à rénover, c’est le coup de foudre. De son côté du moins. Mais c’est sans compter sur Franck, dont le goût de l’embrouille et des petites combines mettent sans cesse en péril leur duo de pieds nickelés. Surtout lorsqu’il s’associe avec une jeune vendeuse révoltée d’un magasin de bricolage, qui rêve de liberté et de voyages au bout du monde. Mais voilà, le charme n’opère pas et le film reste au stade des ambitions sans les concrétiser et, ainsi, se contente de patauger dans le bancal et l’à-peu-près. Une déception ! Lire la suite

Les Ex

Un film choral qui chante juste

Voilà donc le 5ème long-métrage signé Maurice Barthélémy. A part Papa de 2004, il n’y a rien à garder dans la sa filmographie. C’est du Low Cost comme l’affichait un de ses navets de 2010. Alors, c’est sur la pointe des pieds, voire à reculons, que je suis allé voir ces 84 minutes qui en valent bien d’autres, tant la production française de comédies fait habituellement dans le navrant. Si Paris est la ville des amoureux, elle est aussi celle… des ex ! Antoine n’ose plus s’engager, Didier regrette son ex-femme, le père Laurent doit célébrer le mariage de son ex, Julie, Serge est harcelé par Lise, l’ex de sa petite amie du moment, tandis que Greg se console avec le chien… de son ex ! Autant de personnages dont les vies vont se télescoper dans un joyeux désordre et qui pourraient bien retomber amoureux ! Mais de qui ? Qu’ils nous obsèdent ou que l’on adore les détester, au fond, il est difficile d’oublier ses ex ! Illustration piquante du célèbre adage : Les ex, on ne peut pas vivre avec, mais on ne peut pas vivre sans. Une bonne comédie qui tient la route. Lire la suite

Free Fire

Tir au pigeon

Le problème c’est que les pigeons ont payé leur place et sont dans la salle complètement abasourdis par l’inutilité d’un tel film. Citez-moi un seul film de Ben Wheatley qui ait laissé la moindre trace dans l’Histoire du 7 ème Art ??? Impossible, c’est un champ de navetons. Et ces 90 minutes de jeu de massacre qui se veulent humoristiques n’ajouteront rien à sa gloire… Une vente d’armes clandestine doit avoir lieu dans un entrepôt désert. Tous ceux qui y sont associés se retrouvent face à face : deux Irlandais, Justine, l’intermédiaire, et le gang dirigé par Vernon et Ord. Mais rien ne se passe comme prévu et la transaction vire à l’affrontement. C’est désormais chacun pour soi… pour s’en sortir, il va falloir être malin et résistant. Un huis clos les armes à la main et l’insulte aux lèvres… Insupportable, ou alors je ne suis pas client… Je crois que je ne suis pas client parce que c’est insupportable. Lire la suite