Archives de Catégorie: Comédie

Santa and Cie

L’humour est dans les détails

On aime ou on n’aime pas Alain Chabat. L’esprit Canal + des grandes années, celui de Les Nuls est toujours vivant grâce à lui. Si vous appréciez la parodie et le second degré, ces 95 minutes sont pour vous…. Sinon ! Rien ne va plus à l’approche du réveillon : les 92 000 lutins chargés de fabriquer les cadeaux des enfants tombent tous malades en même temps ! C’est un coup dur pour Santa (Claus), plus connu sous le nom de Père Noël… il n’a pas le choix : il doit se rendre d’urgence sur Terre avec ses rennes pour chercher un remède. À son arrivée, il devra trouver des alliés pour l’aider à sauver la magie de Noël. Depuis le succès mitigé de son Sur la piste du Marsupilami de 2012, Chabat n’était pas revenu derrière la caméra. On salue donc son retour pour cette comédie enlevée, bourrée d’effets spéciaux réussis, d’idées scénaristiques, de dialogues ciselés, le tout servi par une distribution qui s’amuse beaucoup… nous aussi. Lire la suite

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C’est tout pour moi

Auto biopic

Bon ! Disons le tout de go, je ne suis pas très client du stand up en général. J’avais aperçu Nawell Madani, au hasard d’une molle séance de zapping par un après-midi pluvieux, sans doute du côté de la chaîne « Comédie », en me disant que décidément, ce genre a bien du mal à m’arracher un sourire. C’est vous dire si je ne suis pas allé voir ces 103 minutes de comédie dramatique avec un enthousiasme débordant. Depuis toute petite, Lila veut devenir danseuse, n’en déplaise à son père. Elle débarque à Paris pour réaliser son rêve… Mais de galères en désillusions, elle découvre la réalité d’un monde qui n’est pas prêt à lui ouvrir ses portes. A force d’y croire, Lila se lance dans une carrière d’humoriste. Elle n’a plus qu’une idée en tête : voir son nom en haut de l’affiche, et surtout retrouver la fierté de son père. Comme quoi il faut toujours combattre ses a priori ! J’ai passé un bon moment avec cet « auto biopic » – un concept qui restait à inventer… c’est chose faite – drôle et tendre à la fois, qui nous fait pénétrer dans le petit monde sans pitié du stand up. Une belle surprise ! Lire la suite

Madame

Fable cruelle

Amanda Sthers, comme son nom ne l’indique pas forcément est française. A 39 ans, elle réalise ici son 2ème film, une comédie dramatique piquante, loin de la perfection, mais qui se laisse regarder sans déplaisir et servie par une remarquable distribution. Anne et Bob, un couple d’américains fortunés récemment installé à Paris, s’apprêtent à donner un grand dîner, et convient douze invités triés sur le volet, réunissant la haute société anglaise, française et américaine. Mais lorsque Anne réalise qu’un treizième couvert est posé pour Steven, le fils du premier mariage de Bob, elle panique : pour cet événement mondain, hors de question de provoquer le mauvais sort ! Elle demande à Maria, sa domestique, d’enfiler une robe et de se faire passer pour une riche amie espagnole. Maria se retrouve assise à côté de David, un expert en art issu de la noblesse britannique. Aussi quand, sous le charme de Maria, il la recontacte le lendemain, révéler sa véritable identité est impossible. Une romance commence, qui va faire trembler les valeurs élitistes et le mariage d’Anne. A moins que cette dernière n’arrive à l’étouffer… 90 minutes qui fleurent bon le vaudeville social, mais qui savent heureusement, en éviter les écueils. Pas génial mais tout à fait honorable.   Lire la suite

Battle of the sexes

Tennis et politique, même combat

Jonathan Dayton et Valerie Faris = Little Miss Sunshine, LE road-movie de 2006 dont tout le monde se souvient. Après Elle s’appelle Ruby, ils reviennent avec une comédie/biopic de 122 minutes qui, malgré sa longueur, n’ennuie jamais et remet en lumière une des femmes – avec un grand F – du 20ème siècle. 1972. La championne de tennis Billie Jean King remporte trois titres du Grand Chelem. Mais loin de se satisfaire de son palmarès, elle s’engage dans un combat pour que les femmes soient aussi respectées que les hommes sur les courts de tennis. C’est alors que l’ancien numéro un mondial Bobby Riggs, profondément misogyne et provocateur, met Billie Jean au défi de l’affronter en match simple… Il ne faut pas obligatoirement être fan de tennis pour apprécier ce récit très documenté d’un match historique qui aura fait basculer beaucoup plus que l’Histoire du tennis. Lire la suite

Le Brio

Brillant

Neïla Salah a grandi à Créteil et rêve de devenir avocate. Inscrite à la grande université parisienne d’Assas, elle se confronte dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur connu pour ses provocations et ses dérapages. Pour se racheter une conduite, ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d’éloquence. A la fois cynique et exigeant, Pierre pourrait devenir le mentor dont elle a besoin… Encore faut-il qu’ils parviennent tous les deux à dépasser leurs préjugés. Le meilleur film et de loin d’Yvan Attal, sur un sujet délicat traité de main de maître et porté par un duo d’acteurs en état de grâce. Lire la suite

M

La valse des écorchés

Lorsqu’elle avait 16 ans, Sara Forestier a vécu une histoire qu’elle a eu envie de raconter, celle de son petit copain de l’époque qui lui avait caché son illettrisme. Elle aura donc mis 7 ans à écrire ce scénario fort et original qui donne naissance à ces 98 minutes pas comme les autres. Mo est beau, charismatique, et a le goût de l’adrénaline. Il fait des courses clandestines. Lorsqu’il rencontre Lila, jeune fille bègue et timide, c’est le coup de foudre. Il va immédiatement la prendre sous son aile. Mais Lila est loin d’imaginer que Mo porte un secret : il ne sait pas lire. Pour son premier passage derrière la caméra, elle s’en sort très bien. Mais était-ce une bonne idée que d’interpréter elle-même l’héroïne ? Je n’en suis pas si sûr ! Lire la suite

Jeune femme

Sur la brêche

Et voilà mon 3ème portrait de femme de la semaine… Un genre très en vogue dans le cinéma hexagonal ces temps derniers. Cette fois, il s’agit ni plus ni moins de la Caméra d’Or 2017 à Cannes – prix pour encourager de jeunes artistes au talent prometteur en récompensant le meilleur premier film -. C’est Léonor Serraille qui est derrière cette caméra pour réaliser ces 97 minutes intrigantes, dérangeantes et très personnelles tant dans l’écriture que dans la réalisation. Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache. Diplômée de la Fémis, elle nous propose ici son scénario de fin d’études : portrait d’une femme singulière, confrontée à la solitude dans une grande ville, le temps d’un hiver. Foutraque, débridée, fantasque… oui. Mais aussi répétitif, trop elliptique et souvent nébuleux. Donc avis partagé malgré la découverte d’une cinéaste et d’une grande actrice. Lire la suite