Archives de Catégorie: Comédie

Ce qui nous lie

Boire un petit coup de Klapisch, c’est agréable

 

Je suis un passionné du cinéma de Cédric Klapisch, et ce, depuis 1992 et son étonnant Riens du tout. Depuis il y a eu des ratés, mais on se souvient avec joie de petites perles comme Le péril Jeune, Chacun cherche son chat, Un air de famille, et sa trilogie L’Auberge espagnol, Les Poupées russe  et Casse-tête chinois. Pour moi, il revient en force avec ces 103 minutes de comédie dramatique plus qu’honorables. Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent. Un joli film qui sent bon le terroir sans en abuser. Un des meilleurs crus de notre réalisateur qui devrait bien vieillir… le film pas le cinéaste.   Lire la suite

Comment j’ai rencontré mon père

Tout en humanité


Maxime Motte a à peu près tout fait dans ce film, à part la cuisine et le ménage – et encore je n’en suis pas si sûr -, et en plus c’est son premier film en tant que réalisateur. Mais il est aussi scénariste, dialoguiste sans compter sa petite partition d’acteur. 85 minutes plus que sympathiques d’une comédie tendre dans l’air du temps. Dans la famille d’Enguerrand, petit garçon adopté d’origine africaine, rien ne se fait comme ailleurs ! Son père, Eliot, assume si peu d’être un père adoptif qu’il bassine son fils à longueur de journée sur ses origines africaines. Pour sa mère, Ava, Eliot en fait trop : trop aimant, trop étouffant… Une nuit, Enguerrand croise le chemin d’un migrant, Kwabéna, à la peau noire comme la sienne. Pour lui, c’est sûr, il s’agit de son père biologique ! Il décide donc de l’héberger dans sa chambre, à la grande surprise de ses parents… De péripéties en rebondissements, l’aventure pourrait bien souder la famille comme jamais. Une des belles surprises françaises de cette fin de printemps. Un spectacle tout public, réjouissant sans être ni mièvre ni raccrocheur. Lire la suite

Suntan

Sea, sex and sun… à la grecque

Argyris Papadimitropoulos a 40 ans et c’est son premier film. Primées à Edimbourg et à Bruxelles, ces 104 minutes ont un ton très original et on se laisse prendre à ce marivaudage un tantinet sordide auquel on peut sans doute reprocher un certain manque de vraisemblance. – j’y reviendrai -. Kostis, la quarantaine, est engagé par la municipalité comme docteur sur l’île d’Antiparos en Grèce. Il passe un hiver solitaire et morne.  Mais quand l’été arrive, l’île se transforme en lieu de villégiature hédoniste avec ses plages naturistes et ses fêtes sans fin. Kostis rencontre la jolie et séduisante Anna dont il tombe amoureux et fait tout pour lui plaire. Très vite il passe son temps à faire la fête, boire et sortir avec Anna, au détriment de son travail. Un film grec sur nos écrans, c’est incontournable, et malgré quelques réserves, on passe un bon moment. Lire la suite

Drôles d’oiseaux

Ennui distingué

J’avais franchement détesté le Belleville Tokyo d’Élise Girard en 2011. La voilà qui revient avec ce mini-film de 70 minutes dont je ne sors pas plus ravi qu’il y a 6 ans.  Belle, jeune et pleine de doutes, Mavie cherche sa voie. Elle arrive à Paris et y rencontre Georges, libraire au Quartier Latin depuis quarante ans. Solitaire, comme caché dans sa boutique où personne ne vient, Georges l’intrigue et la fascine. Aussi improbable qu’inattendue, leur histoire d’amour va définitivement transformer le destin de ces deux drôles d’oiseaux. Pitch alléchant mais promesse non tenue. La grande qualité de ce moment est d’être très court, ce qui n’empêche pas quelques plages d’endormissement qui ne sont pas dues qu’à la digestion. Lire la suite

Marie-Francine

Avec plaisir.

Bonne nouvelle : Valérie Lemercier, la vraie, est de retour ! Après ses derniers films calamiteux, Palais Royal et 100 % Cachemire, on était tout de même inquiets. Ce 5ème film est sans aucun doute son meilleur… et de très loin. Trop vieille pour son mari, de trop dans son boulot, Marie-Francine doit retourner vivre chez ses parents… à 50 ans ! Infantilisée par eux, c’est pourtant dans la petite boutique de cigarettes électroniques qu’ils vont lui faire tenir, qu’elle va enfin rencontrer Miguel. Miguel, sans oser le lui avouer, est exactement dans la même situation qu’elle. Comment vont faire ces deux-là pour abriter leur nouvel amour sans maison ? Là est la question… 95 minutes de comédie romantique qui n’ont pas grand-chose à envier aux américains, incontestablement les maîtres du genre. Lire la suite

Venise sous la neige

Dîner de cons

Je n’ai pas vu la pièce de théâtre éponyme de Gilles Dyrek, écrite en 2010. Elle a été jouée au Théâtre Hébertot à Paris et maintenant librement adaptée par Elliott Covrigaru pour le cinéma. C’est un premier film… et c’est sans intérêt. Christophe, un dramaturge incompris, tente désespérément de financer sa nouvelle pièce que doit interpréter Patricia, sa compagne. Il cherche de l’aide auprès d’un ancien camarade sur le point de se marier, qui invite le couple à passer un weekend à la campagne. Mais Patricia, en froid avec Christophe, ne prononce pas un mot devant les futurs époux pour lesquels elle n’éprouve aucune sympathie. Son mutisme persuade ses hôtes un peu naïfs qu’elle est en réalité étrangère. Trop contente d’embarrasser Christophe, Patricia décide de jouer le jeu et s’invente une langue et un pays, la Chouvénie. Le couple y croit dur comme fer, ce qui donne au quiproquo des proportions de plus en plus délirantes. 80 minutes (seulement et heureusement) lourdingues et parfaitement inutiles.   Lire la suite

Une famille heureuse

Soif de liberté

Un film géorgien à l’affiche… on fonce. On n’a pas le droit de rater l’occasion de découvrir le cinéma d’ailleurs. Et reconnaissons que la comédie dramatique réalisée par Nana Ekvtimishvili et Simon Groß fait passer un très joli moment. Professeure dans un lycée de Tbilissi, Manana est mariée depuis 25 ans à Soso. Ensemble, ils partagent leur appartement avec les parents de Manana, leurs deux enfants et leur gendre. Une famille en apparence heureuse et soudée jusqu’à ce qu’à la surprise de tous, Manana annonce au soir de son 52e anniversaire sa décision de quitter le domicile conjugal pour s’installer seule. 120 minutes d’authentique bonheur au cinéma avec une troupe d’acteurs rares. Un moment à saisir aussi beau que dévastateur. Lire la suite