Archives de Tag: Avril 18

Luna

L’amour peut-il résister au mensonge ?

Encore un 1er film au palmarès de cette année fertile en premiers pas sur grand écran. Encore un portrait de fille réalisée par une femme, Elsa Diringer, et on doit s’en réjouir. Car ces 93 minutes de drame solaire ont tout pour plaire. Luna vit près de Montpellier et travaille dans une exploitation maraîchère. Elle est belle, drôle, elle dévore la vie. Elle serait prête à tout pour garder l’amour de Ruben. Au cours d’une soirée trop arrosée avec ses amis, ils agressent un jeune inconnu. Quelques semaines plus tard, celui-ci réapparait dans la vie de Luna. Elle va devoir faire des choix. On est prévenu par les affiches que le film commence par une scène violente et insoutenable. Mais ici elle n’est pas gratuite et sans elle, il n’y a plus de film. Un coup d’essai plus que réussi, brillant, maîtrisé. Un film jeune mais qui sait s’adresser à toutes les générations, tant les sentiments mis en scène ici sont universels.   Lire la suite

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A l’heure des souvenirs

Le temps des regrets

Quatre ans après le succès du formidable The Lunchbox, le cinéaste indien Ritesh Batra revient avec un film adapté du roman Une fille, qui danse de Julian Barnes. 108 minutes construites comme un puzzle tout en  flashbacks, à la fois déroutantes et pleines de charme. Dans son magasin de photographie de Londres, Tony Webster mène une existence tranquille. Sa vie est bousculée lorsque la mère de Veronica Ford, son premier amour, lui fait un étonnant legs : le journal intime d’Adrian Finn, son meilleur ami du lycée. Replongé dans le passé, Tony va être confronté aux secrets les plus enfouis de sa jeunesse. Les souvenirs sont-ils le pur reflet de la réalité ou autant d’histoires que nous nous sommes racontées ? C’est du bon cinéma, bien réalisé, bien écrit et magnifiquement interprété. Un petit quelque chose d’indéfinissable m’empêche pourtant d’applaudir à tout rompre. Lire la suite

La Mort de Staline

De la démence du totalitarisme

Adapté du roman graphique du même nom de Fabien Nury et Thierry Robin, centré sur cette lutte de pouvoir abjecte – et étalée sur deux jours – des anciens subordonnés du dictateur pour lui succéder, le film d’Armando Iannucci a tout pour surprendre… en bien. Dans la nuit du 2 mars 1953, un homme se meurt, anéanti par une terrible attaque. Cet homme, dictateur, tyran, tortionnaire, c’est Joseph Staline. Et si chaque membre de sa garde rapprochée – comme Beria, Khrouchtchev ou encore Malenkov – la joue fine, le poste suprême de Secrétaire Général de l’URSS est à portée de main. On nous précise : Inspiré de faits réels…. La réalité dépasse une nouvelle fois la fiction. Ces 108 minutes sont là pour le prouver, même si le ton de la comédie grinçante et caustique a été choisi, c’est une réelle réussite grâce à une brochette d’acteurs qui s’en donnent à cœur joie. Un jeu de dupes totalement jubilatoire. Lire la suite

Duos de choc

Je t’aime, moi non plus

Après la mésentente cordiale surjouée par les célèbres duettistes franco-américains, Donald et Manu, qui ont entonné en chœur la célèbre antienne les hommes sont ainsi qu’ils aiment mieux être dupes qu’humiliés,  cette fois la comédie de la Paix se joue sur le 38ème parallèle entre les deux meilleurs ennemis du monde, Moon Jae-in et Kim Jong-un. J’ai employé à dessein le terme de « comédie », car, comme tout un chacun, j’aimerais croire à un pas décisif vers le rapprochement entre le Pays du Matin Calme et le Royaume Ermite… Permettez-moi de douter car comme chat échaudé craint l’eau froide, le doute est la clé de toute connaissance (Proverbe persan)

Don’t worry, he won’t get far on foot

Mélancolie grinçanteJ’avoue humblement ne pas connaître les caricatures satiriques de John Callahan. La perspective de découvrir ce personnage à travers un biopic, qui plus est, réalisé par le grand  Gus Van SantPromised Land, Harvey Milk, Restless, Paranoïd Park, Elephant, Prête à tout… que du très bon ! – m’a évidemment attiré, tout comme la distribution 3***. Hélas, ces 114 minutes sont loin d’avoir comblé mes espérances. Même après avoir failli mourir dans un accident de la route lors d’une nuit de beuverie avec son ami Dexter, John Callahan n’a pas la moindre intention d’arrêter de boire. Il finit pourtant par suivre une cure de désintoxication, soutenu par sa compagne et un mentor charismatique, et se découvre alors un don inattendu… Il crée des dessins à l’humour noir, satirique et insolent, qui lui vaudront un succès international dès leur publication dans la presse. En dessinant, Callahan découvre une nouvelle manière de voir la vie… Il me reste de cette projection un sentiment de confusion, d’inabouti et de cabotinage qui m’a souvent, et au plus haut point, dérangé. Dommage, car le personnage est passionnant… Lire la suite

Abracadabra

Bienvenue en « absurdie ».

Souvenez-vous ! En 2013 Pablo Berger épatait et fascinait le monde entier avec son Bianca Nieves que je tiens pour un des plus grands films de ces 10 dernières années. C’est donc plein de confiance que je suis allé découvrir ces 93 minutes qui, c’est le moins qu’on puisse en dire, sont d’un tout autre genre. Carmen est mariée à Carlos, un conducteur de grue macho, fan de foot, qui ne lui prête plus guère attention. Après une séance d’hypnose dont il est le cobaye pendant un mariage, Carlos devient le parfait époux. Quelque chose a changé… De toute évidence, ce cinéaste traite chaque projet comme si c’était son dernier et en y mettant toutes ses obsessions. Excentrique, chaotique, une fable moderne bourrée d’humour et d’absurde. Lire la suite

Gaston Lagaffe

Chronique d’une catastrophe annoncée

J’aime bien Pierre-François Martin-Laval – Pef pour les intimes – son esprit, son côté déjanté et sa fidélité à une forme de rire plus que décalé. Même si on ne peut le classer parmi les grands cinéastes, – amis de la litote, je vous salue bien – ses films qui flirtent souvent avec le navet plaisent au grand public. Mais ces 84 minutes marquent vraiment les limites de l’exercice. Et s’attaquer aux monuments de la BD que constituent Gaston Lagaffe et l’inoubliable Franquin était évidemment très au dessus des moyens du réalisateur des inoubliables (???) King Guillaume et Les profs 1 et 2, des must de la comédie franchouillarde. M’enfin ! Gaston débarque en stage au Peticoin. Avec ces inventions délirantes, il va changer le quotidien de ses collègues. Chat, mouette, vache, et gaffophone seront au rendez-vous des aventures de notre bricoleur de génie qui ne pense qu’à faire le bien autour de lui mais qui a le don d’énerver Prunelle son patron. Les gaffes à gogo de notre empêcheur de travailler en rond pourront-elles éviter que le redoutable Monsieur de Mesmaeker rachète le Peticoin ? C’était tellement prévu qu’on ne peut même pas se montrer déçus. C’est au-delà de tout ce qu’on peut imaginer d’insipide et de lénifiant. Heureusement, le film évite toute vulgarité… c’est déjà ça. Lire la suite