Archives de Tag: novembre 16

Seul dans Berlin

Le pot de terre contre le pot de fer

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Voilà dix ans que Vincent Perez n’était pas revenu à la réalisation. Pour son 3ème film il a choisi d’adapter le roman éponyme de Hans Fallada, lui-même inspiré d’une histoire vraie et paru en 1947. Il s’agit de l’un des tout premiers livres antinazis, devenu un best-seller international. L’auteur s’est basé sur des véritables documents de la Gestapo. Berlin, 1940. La ville est paralysée par la peur. Otto et Anna Quangel, un couple d’ouvriers, vivent dans un quartier modeste où, comme le reste de la population, ils tentent de faire profil bas face au parti nazi. Mais lorsqu’ils apprennent que leur fils unique est mort au front, ils décident d’entrer en résistance. Aux quatre coins de la ville, ils placent des messages anonymes critiquant Hitler et son régime. S’ils sont arrêtés, ils savent qu’ils seront exécutés… 103 minutes de tension extrême, non dénuées de défaut, mais qui nous emporte dans un monde que l’on ne connaît pas ou très mal, la vie quotidienne du peuple allemand sous la botte nazie. Lire la suite

Disparitions

… en forme d’hommage ou pas.

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La primaire de droite aura au moins eu une vertu, faire disparaître de notre paysage Gugusse 1er, et espérons-le, la plupart des ses « amis ».

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L’ineffable Copé, – mais qui, sans vergogne, ose déjà proposer ses services au vainqueur du scrutin de dimanche dernier, – entre fielleux, on devrait arriver à se comprendre – et Juppé de Gironde, qui retourne dans sa mairie de Bordeaux, méditer sur le fait qu’il s’est trompé de campagne : c’était la primaire de la droite pas la présidentielle.

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Tour de France

Lumineux comme un Vernet

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En 2012, j’avais adoré le premier film de Rachid Djaïdani. Ce jeune réalisateur est décidément un dangereux récidiviste, car ce road movie tendre, drôle et touchant est un pur moment de bonheur. Far’Hook est un jeune rappeur de 20 ans. Suite à un règlement de compte, il est obligé de quitter Paris pour quelques temps. Son producteur, Bilal, lui propose alors de prendre sa place et d’accompagner son père Serge faire le tour des ports de France sur les traces du peintre Joseph Vernet. Malgré le choc des générations et des cultures, une amitié improbable va se nouer entre ce rappeur plein de promesses et ce maçon du Nord de la France au cours d’un périple qui les mènera à Marseille pour un concert final, celui de la réconciliation. 95 minutes d’un petit film sur la tolérance au quotidien qui a tout d’un grand. Lire la suite

Le Client

Pépite iranienne

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A propos d’Elly, La Séparation, Le Passé, que des grands moments de cinéma salués à juste titre à Berlin, Cannes, San Sebastian ou par un César. Asghar Farhadi est un habitué des palmarès, mais quel cinéaste ! Voici encore 123 minutes époustouflantes d’intelligence, d’originalité et de talent. Contraints de quitter leur appartement du centre de Téhéran en raison d’importants travaux menaçant l’immeuble, Emad et Rana emménagent dans un nouveau logement. Un incident en rapport avec l’ancienne locataire va bouleverser la vie du jeune couple. Un scénario implacable – d’ailleurs primé à Cannes -, un savoir faire qui n’est plus à prouver, une plongée passionnante dans la société moyenne du Téhéran d’aujourd’hui, un vrais suspense mené de main de maître et une formidable direction d’acteurs : du Farhadi grand cru à ne rater sous aucun prétexte ! Lire la suite

Les Masques tombent

Les discours des hommes ne sont que des masques qu’ils appliquent sur leurs actions. (Stendhal)

Enfin, cette semaine, l’ultime semaine de cette interminable (en un seul mot… quoique !) campagne électorale de la Primaire de la Droite et du Centre, les médias et les électeurs ont commencé à s’intéresser aux programmes des candidats. Et c’est bien là, que le bât blesse… ça fait peur. Mes fidèles lecteurs reconnaîtront que j’ai secoué la sonnette d’alarme, il y a bien longtemps. Les masques à la longue collent à la peau. L’hypocrisie finit par être de bonne foi. (Frères Goncourt)

A force de ne regarder que la surface des choses, on se contente de ne juger que les personnalités en oubliant ce qui se cache derrière les masques. Gugusse 1er, roi des loosers, sans réel programme, s’est contenté de son numéro de bateleur manière stand-up, pour galvaniser ses fidèles… grossière erreur : la preuve. Bruno le Renouveau s’est imaginé qu’être le plus jeune, dire des gros mots quand il parle aux jeunes et ne plus porter de cravate, suffiraient à convaincre, en oubliant son pavé programmatif de 1200 pages que personne n’a lu… même pas lui. Copé a fait du Copé : sourire carnassier, la haine à la commissure des lèvres, le Meldois se l’ai mis bien profond. On a vite vu que Poisson barboter dans les eaux troubles de l’extrémisme, quant à la pauvre NKM, elle aurait eu le meilleur programme du monde, que personne ne l’aurait lu… petit rappel NKM est une femme. Rédhibitoire pour un électorat réactionnaire.

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Alors il nous reste le Girondin et le Sarthois. Même si je continue de penser que l’écart de voix entre les deux hommes enregistré dimanche dernier est trop surprenant pour se confirmer aujourd’hui – évidemment ça n’engage que moi -, on a vu cette semaine un autre type de campagne se mettre en place. Enfin on a tenté d’oublier les personnalités, pour regarder ce que les deux finalistes proposent aux Français. Et ça ne fait pas rigoler du tout. Oui, enfin on s’est intéressé au programme quasi thatchérien de François le Fielleux. Il aura fallu le dernier débat pour que le divin chauve bordelais mette le doigt sur les incohérences et les dangers des idées de son adversaire… et ami ( ???). Dans les deux cas, on nous promet des «larmes et du sang», mais côté Fillon, ce sont des «des torrents de larmes et une véritable hémorragie». Surtout pour les fonctionnaires, que notre bonnet de nuit déteste avec une constance digne d’éloge depuis qu’il est entré en politique, il y a exactement 40 ans. Ses actes et ses propos en témoignent. Et que dire de sa politique de santé. Les pauvres, préparez vous à payer ou à mourir jeune ! Je résume, non je caricature pardon… ce fut le leitmotiv de François plus fielleux que jamais, jeudi soir, durant le débat. Dès qu’une question le dérangeait, on a eu droit à l’élément de langage de la semaine : arrêter de caricaturer. Là-dessus, grimpé sur ses ergots, il ne répondait pas aux questions pourtant précises de son ami Alain ou des journalistes. Donc, que ce soit sur le demi million de postes de fonctionnaires à supprimer, sur la Sécurité Sociale, sur l’avortement ou sur les soutiens douteux venus de l’extrême droite ou des catos-fachos-hystéro-réacs… la réponse, pardon la non-réponse, fut toujours la même : Circulez, il n’y a rien à voir. Quand on pense qu’on va passer sans coup férir d’une primaire à l’autre… quelle misère ! Peut-on encore espérer ne pas passer d’un François à un autre ? Lire la suite

Planétarium

Le fantôme d’un film

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Rebecca Zlotowski, à 36 ans, nous a déjà gratifié de deux films mieux qu’intéressants : Belle épine où, en 2010, on a découvert deux grands talents naissants, Léa Seydoux et Anaïs Démoustier, et son remarquable Grand Central en 2013. Cette fois, elle s’est  inspirée de l’histoire vraie des sœurs Fox, trois sœurs spirites américaines qui ont inventé le spiritualisme à la fin du 19ème, l’ancêtre du spiritisme. Paris, fin des années 30. Kate et Laura Barlow, deux jeunes mediums américaines, finissent leur tournée mondiale. Fasciné par leur don, un célèbre producteur de cinéma, André Korben, les engage pour tourner dans un film follement ambitieux. Prise dans le tourbillon du cinéma, des expérimentations et des sentiments, cette nouvelle famille ne voit pas ce que l’Europe s’apprête à vivre. Esthétique parfaite, poésie, lyrisme et romanesque sont au rendez-vous. Alors d’où provient la légère déception devant ce film que j’attendais beaucoup ? Sûrement de certaines outrances et du fait que les ambitions affichées ne me semblent pas atteintes, loin de là, car enfouies dans un scénario trop confus, voire parfois abscons. Dommage ! Lire la suite

Polina, danser sa vie

Qu’il est dur le chemin !

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La réalisatrice Valérie Müller et le célèbre chorégraphe Angelin Preljocaj ont ici adapté la bande dessinée éponyme (vendue à plus de 40 000 exemplaires) de Bastien Vivès. Russie, dans les années 90. Portée depuis l’enfance par la rigueur et l’exigence du professeur Bojinski, Polina est une danseuse classique prometteuse. Alors qu’elle s’apprête à intégrer le prestigieux ballet du Bolchoï, elle assiste à un spectacle de danse contemporaine qui la bouleverse profondément. C’est un choc artistique qui fait vaciller tout ce en quoi elle croyait. Elle décide de tout quitter et rejoint Aix-en-Provence pour travailler avec la talentueuse chorégraphe Liria Elsaj et tenter de trouver sa propre voie.  Très joli film qui nous prouve encore une fois combien les fragilités, les failles d’un individu peuvent au final être les ressorts de sa créativité et de sa réussite. 108 minutes sans faux pas pour un parcours initiatique passionnant allant de la danse académique jusqu’à la danse contemporaine. Un instant de grâce dont il ne faut surtout pas se priver. Lire la suite