Archives de Tag: mai 18

La Fête des Mères

L’émotion au féminin

Ces deux dernières années, Marie-Castille Mention-Schaar s’est fait remarquée – en bien et même très bien – avec deux films politico-sociaux, Les Héritiers et Le Ciel attendra, films magnifiques à haute tension et d’un militantisme intelligent et percutant. Cette fois, le thème des 100 minutes de ce film choral au féminin semble plus léger… Et pourtant ! Elles sont Présidente de la République, nounou, boulangère, comédienne, prof, fleuriste, journaliste, sans emploi, pédiatre. Elles sont possessives, bienveillantes, maladroites, absentes, omniprésentes, débordées, culpabilisantes, indulgentes, aimantes, fragiles, en pleine possession de leurs moyens ou perdant la tête. Bien vivantes ou déjà un souvenir … Fils ou fille, nous restons quoiqu’il arrive leur enfant avec l’envie qu’elles nous lâchent et la peur qu’elles nous quittent. Et puis nous devenons maman … et ça va être notre fête ! Si certains choix de personnages sont discutables, si le style camaïeu n’est pas toujours maîtrisé, l’émotion est souvent là et on suit avec intérêt ces multiples variations sur la maternité et les difficultés qu’elle peut engendrer. Une très jolie comédie dramatique.    Lire la suite

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Manhattan Stories

Foutoir vintage

Dustin Guy Defa est un jeune cinéaste américain dont c’est le 1er film – en tout cas sur nos écrans. 85 minutes atypiques, un peu foldingues qui nous baladent ici et là dans la Grosse Pomme. Une journée à Manhattan. Dès le réveil, Benny, fan de vinyles collectors et de chemises bariolées n’a qu’une obsession : aller récupérer un disque rare de Charlie Parker. Mais il doit aussi gérer la déprime de son coloc Ray qui ne sait comment se racheter après avoir posté en ligne, en guise de vengeance, des photos de nu de sa copine. Pendant ce temps, Claire, chroniqueuse judiciaire débutante passe sa première journée sur le terrain aux côtés de Phil, journaliste d’investigation pour un tabloïd ayant des méthodes douteuses pour obtenir un scoop. Leur enquête va les mener jusqu’à Jimmy, un horloger qui pourrait détenir, sans le savoir, les preuves d’un meurtre. Quelques blocks plus loin, Wendy, une étudiante désabusée du monde actuel, tente de persuader sa meilleure amie Mélanie qu’idéaux féministes et désirs sexuels ne sont pas incompatibles. S’ils ne se croisent pas toujours, une connexion existe entre tous : l’énergie de New-York. Un portrait en creux de l’Amérique des grandes villes. Plutôt distrayant, très bavard parfois répétitif mais attachant. Lire la suite

Et mon cœur transparent

Onirisme esthétisant

Le film écrit et réalisé par Raphaël et David Vital-Durand est un OVNI dans le cinéma français. Rien que la lecture du pitch qui suit donne une idée de ce que sont ces 86 minutes : Je m’appelle Lancelot Rubinstein, ma femme est morte ce jour-là, à cet instant précis. Elle s’appelait Irina. Le plus étrange dans cette histoire c’est de découvrir la personne avec laquelle on vit une fois qu’elle est morte. Thriller poétique teinté d’humour noir au charme très singulier qui ne séduira évidemment pas le grand public – le film est d’ailleurs très peu distribué et n’a bénéficié de pratiquement aucune promo – sans grandes têtes d’affiches, un 1er film pourtant très nouveau et attachant. Lire la suite

No Dormiras

Buenas noches

Et pourtant, vous connaissez ma passion pour les films d’épouvante venus de pays hispaniques. Mais là, j’avoue ne rien avoir compris aux 106 minutes signées par l’uruguayen Gustavo Hernandez, sans compter l’irrépressible envie de piquer un roupillon durant la séance. 1984. Dans un hôpital psychiatrique abandonné, une compagnie théâtrale menée de main de maître par Alma, expérimente une technique extrême de jeu. En privant ses comédiens de sommeil, Alma prétend les préparer à donner le meilleur d’eux-mêmes. Au fur et à mesure des jours d’insomnie, les acteurs ressentent des choses de plus en plus étranges… Bianca, jeune actrice en compétition pour le rôle principal, tente de percer les secrets de cet étrange endroit et devient bientôt l’objet de forces inconnues. Malgré sa qualité visuelle, ce supplice entre dans la catégorie du « ciné-Mogadon ».   Lire la suite

Il était une voix

On passe sa vie à dire adieu à ceux qui partent, jusqu’au jour où l’on dit adieu à ceux qui restent.

En guerre

Un goût de cendres

Je manque de mots pour dire combien le nouveau film de Stéphane Brizé m’a bouleversé, révolté et véritablement emporté pendant 113 minutes. J’en suis encore à me demander pourquoi ce brûlot n’a rien obtenu à Cannes cette année. Malgré de lourds sacrifices financiers de la part des salariés et un bénéfice record de leur entreprise, la direction de l’usine Perrin Industrie décide néanmoins la fermeture totale du site. Accord bafoué, promesses non respectées, les 1100 salariés, emmenés par leur porte-parole Laurent Amédéo, refusent cette décision brutale et vont tout tenter pour sauver leur emploi. Du cinéma vérité glaçant et plus que dérangeant. L’incontournable du moment. Lire la suite

Plaire, aimer et courir vite

Premier et dernier amour

Et voilà le doux temps pour les cinéphiles de l’après Cannes où les bons films – a priori – se bousculent sur nos écrans. Après le Farhadi, voici le film de Christophe Honoré, qui, après une dizaine d’années d’errances cinématographiques, revient avec ce qui est sûrement son film le plus personnel et peut-être le plus abouti. 1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite. 132 minutes aussi lumineuses que bouleversantes sublimées par un magnifique trio d’acteurs. Lire la suite