Archives de Catégorie: Biopic

Trois jours à Quiberon

De l’ennui distingué

Emily Atef, dont je ne connais pas le cinéma, nous gratifie ici de 115 très longues minutes dont je ne parviens toujours pas à comprendre ni l’utilité ni le sens profond. 1981. Pour une interview exceptionnelle et inédite sur l’ensemble de sa carrière, Romy Schneider accepte de passer quelques jours avec le photographe Robert Lebeck et le journaliste Michael Jürgs, du magazine allemand « Stern » pendant sa cure à Quiberon. Cette rencontre va se révéler éprouvante pour la comédienne qui se livre sur ses souffrances de mère et d’actrice, mais trouve aussi dans sa relation affectueuse avec Lebeck une forme d’espoir et d’apaisement. Mini biopic d’une star cabossée par la vie superbement interprété et mis en image, mais qui dégage un ennui rédhibitoire. Lire la suite

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Alberto Giacometti – The final portrait

Les tourments de la création

Voilà 17 ans que Stanley Tucci n’avait rien réalisé. Même si ces 94 minutes sont basées sur des faits réels, il ne s’agit évidemment pas d’un biopic, comme on le lit ici ou là, puisque l’action se focalise sur deux semaines de la vie et de l’œuvre du grand Giacometti. Paris, 1964, Alberto Giacometti, un des plus grands maîtres de l’art du XXème siècle, invite son ami, l’écrivain américain James Lord, à poser pour un portrait. Flatté et intrigué, James accepte. Cela ne devait prendre que quelques jours mais c’était sans compter sur le perfectionnisme et l’exigence du processus artistique de Giacometti… Faire d’un insatisfait chronique, grognon et de très mauvaise compagnie, le personnage central d’un film relève de la gageure… Mais Tucci réussit un véritable tour de force en nous passionnant pour un film lent, évidemment répétitif mais qui nous embarque au cœur du Paris des années 60, dans le sillage d’un artiste hors du commun. Un film rare. Lire la suite

Escobar

« Inspiré de faits réels »

J’avais adoré les 2 derniers films de l’espagnol Fernando León de Aranoa, Amador et A Perfect Day, un jour comme un autre, qui m’ont fait le classer parmi les très bons réalisateurs du moment, par son originalité et son savoir-faire. Ces 123 minutes confirment mon opinion sur la qualité du réalisateur, par contre je reste un peu dubitatif sur le fond. Impitoyable et cruel chef du cartel de Medellin, Pablo Escobar est le criminel le plus riche de l’Histoire avec une fortune de plus de 30 milliards de dollars. « L’empereur de la cocaïne » met la Colombie à feu et à sang dans les années 80 en introduisant un niveau de violence sans précédent dans le commerce de la drogue. Fascinée par son charisme et son pouvoir, la très célèbre journaliste Virginia Vallejo, va s’apercevoir qu’on ne s’approche pas de l’homme le plus dangereux du monde. Passionnant mais un peu trop démonstratif à mon goût, le film – trop long – se focalise sur la performance de son acteur principal aux dépens de tous les autres personnages qui manquent par trop d’épaisseur. Lire la suite

Don’t worry, he won’t get far on foot

Mélancolie grinçanteJ’avoue humblement ne pas connaître les caricatures satiriques de John Callahan. La perspective de découvrir ce personnage à travers un biopic, qui plus est, réalisé par le grand  Gus Van SantPromised Land, Harvey Milk, Restless, Paranoïd Park, Elephant, Prête à tout… que du très bon ! – m’a évidemment attiré, tout comme la distribution 3***. Hélas, ces 114 minutes sont loin d’avoir comblé mes espérances. Même après avoir failli mourir dans un accident de la route lors d’une nuit de beuverie avec son ami Dexter, John Callahan n’a pas la moindre intention d’arrêter de boire. Il finit pourtant par suivre une cure de désintoxication, soutenu par sa compagne et un mentor charismatique, et se découvre alors un don inattendu… Il crée des dessins à l’humour noir, satirique et insolent, qui lui vaudront un succès international dès leur publication dans la presse. En dessinant, Callahan découvre une nouvelle manière de voir la vie… Il me reste de cette projection un sentiment de confusion, d’inabouti et de cabotinage qui m’a souvent, et au plus haut point, dérangé. Dommage, car le personnage est passionnant… Lire la suite

Marie-Madeleine

Réhabilitation ?

Garth Davis, c’est le réalisateur australien de l’excellent Lion. Il aime à jouer sur la corde sensible, tout en mettant le paquet sur une image très léchée. D’autant plus efficace qu’il s’agit des paysages les plus bibliques qui soient, ceux de Galilée. Marie Madeleine est un portrait authentique et humaniste de l’un des personnages religieux les plus énigmatiques et incompris de l’histoire. Ce biopic biblique raconte l’histoire de Marie, une jeune femme en quête d’un nouveau chemin de vie. Soumise aux mœurs de l’époque, Marie défie les traditions de sa famille pour rejoindre un nouveau mouvement social mené par le charismatique Jésus de Nazareth. Elle trouve rapidement sa place au cœur d’un voyage qui va les conduire à Jérusalem. J’avais aimé Lion, son 1er film, mais je suis beaucoup plus mesuré – et le mot est faible – sur ces 120 minutes qui s’étirent comme une éternité. Vous me direz, c’est dans la note ! Lire la suite

The Disaster Artist

Mise en abyme au sommet

Ce film de James Franco, nommé aux Oscar, primé aux Golden Globes et à San Sebastian, raconte l’histoire vraie d’un mauvais film – le plus mauvais de tous les temps, dit-on -. Ces 104 minutes sont tout simplement aussi jouissives qu’incontournables. En 2003, Tommy Wiseau, artiste passionné mais totalement étranger au milieu du cinéma, entreprend de réaliser un film. Sans savoir vraiment comment s’y prendre, il se lance … et signe THE ROOM, le plus grand nanar de tous les temps. Comme quoi, il n’y a pas qu’une seule méthode pour devenir une légende ! Hilarant et superbement écrit, cette histoire de nanar pourrait devenir aussi culte que son sujet, mais pour des raisons inverses. Je ne sais pas si vous me suivez. Bref un must de la comédie américaine. Lire la suite

Stronger

L’homme qui ne voulait pas être un héros

Décidément on n’en sort plus. L’Amérique déverse à l’envi des biopics sur ses héros du quotidien. Clint Eastwood aurait très bien pu s’emparer de cette histoire vraie. Mais c’est David Gordon Green – qui nous avait pourtant habitués à mieux, entre autres avec son Prince of Texas en 2013 -, qui a réalisé ces 120 minutes plombantes à souhait. En ce 15 avril 2013, Jeff Bauman est venu encourager Erin qui court le marathon : il espère bien reconquérir celle qui fut sa petite amie. Il l’attend près de la ligne d’arrivée quand une bombe explose. Il va perdre ses deux jambes dans l’attentat. Il va alors devoir endurer des mois de lutte pour espérer une guérison physique, psychologique et émotionnelle. Un portrait totalement balisé du héros made in America, même très bien interprété, on s’y ennuie ferme.   Lire la suite