Archives de Tag: film britannique

La passion Van Gogh

Hypnotique

Ces 95 minutes constituent le premier long métrage entièrement peint à la main. Ecrit et réalisé par la polonaise Dorota Kobiela et le britannique Hugh Welchman, ce documentaire scénarisé est d’une incroyable originalité tant scénaristique que technique.  Paris, été 1891, Armand Roulin est chargé par son père, le facteur Joseph Roulin, de remettre en mains propres une lettre au frère de Vincent van Gogh, Theo. En effet, la nouvelle du suicide du peintre vient de tomber. Armand, peu enchanté par l’amitié entre son père et l’artiste, n’est pas franchement ravi par sa mission. À Paris, le frère de Van Gogh est introuvable. Le jeune homme apprend alors par Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, que Theo, visiblement anéanti par la disparition de son frère aîné, ne lui a survécu que quelques mois. Comprenant qu’il a sans doute mal jugé Vincent, Armand se rend à Auvers-sur-Oise, où le peintre a passé ses derniers mois, pour essayer de comprendre son geste désespéré. En interrogeant ceux qui ont connu l’artiste, il découvre combien sa vie a été surprenante et passionnée. Et que sa vie conserve une grande part de mystère. Il y a déjà eu pas mal de films consacrés à Van Gogh, mais à chaque fois que ses toiles étaient à l’image, elles étaient purement décoratives. Dans ce film, son œuvre devient le vrai protagoniste – ses tableaux racontent son histoire – ce qui renvoie à la dernière lettre de Vincent adressée à son frère : On ne peut s’exprimer que par nos tableaux. Lire la suite

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Le dernier Vice-Roi des Indes

L’Histoire et le mélo

C’est le premier film de la réalisatrice britannique Gurinder Chadha que je vois. A 57 ans, elle a pourtant pas mal de titres derrière elle, mais rien qui ait accroché mon attention jusque là. Mars 1947. Après 300 ans de domination anglaise, le Palais du Vice-Roi à Delhi ouvre ses portes une dernière fois pour accueillir en grande pompe Lord Mountbatten et sa famille. Petit-fils de la reine d’Angleterre et nommé dernier Vice-Roi des Indes, « Dickie » Mountbatten devra préparer le pays à l’indépendance. Mais la tâche s’avérera bien plus ardue que prévu. Après d’âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah, perturbées par de violents conflits religieux, il n’aura d’autre choix que d’entériner la partition des Indes et la création d’un nouvel état, le Pakistan. Dans le même temps, Jeet et Aalia, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, subiront ces événements et auront à choisir entre leur amour et leur attachement à leurs communautés. La décision de Lord Mountbatten va provoquer l’un des plus grands déplacements de population de l’Histoire et ses conséquences se font encore ressentir aujourd’hui.107 minutes dans le genre échevelé qui auraient dû être passionnantes mais n’est pas David Lean ou Richard Attenborough qui veut. La réalisation est soignée, les décors, les costumes, la reconstitution somptueux, mais il est regrettable que l’ambition ne soit pas totalement aboutie.   Lire la suite

Free Fire

Tir au pigeon

Le problème c’est que les pigeons ont payé leur place et sont dans la salle complètement abasourdis par l’inutilité d’un tel film. Citez-moi un seul film de Ben Wheatley qui ait laissé la moindre trace dans l’Histoire du 7 ème Art ??? Impossible, c’est un champ de navetons. Et ces 90 minutes de jeu de massacre qui se veulent humoristiques n’ajouteront rien à sa gloire… Une vente d’armes clandestine doit avoir lieu dans un entrepôt désert. Tous ceux qui y sont associés se retrouvent face à face : deux Irlandais, Justine, l’intermédiaire, et le gang dirigé par Vernon et Ord. Mais rien ne se passe comme prévu et la transaction vire à l’affrontement. C’est désormais chacun pour soi… pour s’en sortir, il va falloir être malin et résistant. Un huis clos les armes à la main et l’insulte aux lèvres… Insupportable, ou alors je ne suis pas client… Je crois que je ne suis pas client parce que c’est insupportable. Lire la suite

Churchill

Douteux

Jonathan Teplitzky dont je ne connaissais à ce jour que son poussif et agaçant Les Voies du Destin de 2013, revient sur le devant de l’affiche avec cet étrange biopic de 48 heures, certes cruciales, mais plutôt contestable. Juin 1944. Les 48 heures précédant le Débarquement qui scellèrent le destin de Winston Churchill et du monde. 106 minutes où réapparaît le vieux débat de la forme et du fond. Le film repose entièrement sur la performance du stupéfiant de son acteur principal, mais – et certes je ne suis pas historien – tous ces coups de canif dans l’image du grand homme sont ils fondés, vérifiés… et vérifiables. Car si toutes ces révélations sont inexactes, ce film est totalement inutile… et déjà qu’il est assommant ! Lire la suite

The Jane Doe Identity

Puzzle macabre

Primé au festival de Gérardmer, le thriller horrifique d’André Øvredal est incontestablement une vraie réussite… dans le genre. 100 minutes d’un huis-clos claustrophobique à nul autre pareil. Quand la police leur amène le corps immaculé d’une Jane Doe (expression désignant une femme dont on ignore l’identité), Tommy Tilden et son fils, médecins-légistes, pensent que l’autopsie ne sera qu’une simple formalité. Au fur et à mesure de la nuit, ils ne cessent de découvrir des choses étranges et inquiétantes à l’intérieur du corps de la défunte. Alors qu’ils commencent à assembler les pièces d’un mystérieux puzzle, une force surnaturelle fait son apparition dans le crématorium… Ame sensible s’abstenir ! Amateur de vrai suspense à couper au couteau… ou plutôt au scalpel, précipitez vous, c’est un bijou ! Lire la suite

Emily Dickinson, a quiet passion

La révolte du silence

C’est le nom de Terence Davies, qui m’avait bouleversé avec Sunset Song et The deep blue sea, qui m’a poussé à aller voir ce drame en forme de biopic aussi saisissant que bouleversant. Nouvelle-Angleterre, XIXème siècle. Dans son pensionnat de jeunes filles de bonne famille, la jeune Emily Dickinson ne cesse de se rebeller contre les discours évangéliques qui y sont professés. Son père se voit contraint de la ramener au domicile familial, pour le plus grand bonheur de sa sœur Vinnie et de son frère Austin. Passionnée de poésie, Emily écrit nuit et jour dans l’espoir d’être publiée. Les années passent, elle poursuit sa recherche de la quintessence poétique. La rencontre avec une jeune mondaine indépendante et réfractaire aux conventions sociales ravive sa rébellion. Dès lors, elle n’hésite plus à s’opposer à quiconque voudrait lui dicter sa conduite… J’avoue humblement mon ignorance quant à la personnalité du personnage central de ces 125 minutes superbes et poignantes. Un film et un personnage à découvrir.   Lire la suite

Le Procès du siècle

Le Déni

Les films de prétoire donnent souvent de très bons résultats. Ambiance, suspense, tension… tout ce qui fait les bons scénarios. Une fois encore, on n’est pas déçu par les 110 minutes réalisées classiquement – peut-être trop – par Mick Jackson, qui, à 73 ans, n’a toujours pas laissé de traces indélébiles dans l’histoire du 7ème Art. Son film le plus remarqué reste son Bodyguard de 1992… il y a 25 ans, c’est vous dire. Mais cette fois, il avait un sujet en or : Deborah Lipstadt, historienne et auteure reconnue, défend farouchement  la mémoire de l’Holocauste. Elle se voit confrontée à un universitaire extrémiste, avocat de thèses controversées sur le régime nazi, David Irving, qui la met au défi de prouver l’existence de la Shoah. Sûr de son fait, Irving assigne en justice Lipstadt, qui se retrouve dans la situation aberrante de devoir prouver l’existence des chambres à gaz. Comment, en restant dans les limites du droit, faire face à un négationniste prêt à toutes les bassesses pour obtenir gain de cause, et l’empêcher de profiter de cette tribune pour propager ses théories nauséabondes ? Un film très fort, prenant, d’utilité publique et, malheureusement encore d’une brûlante actualité. A projeter dans les congrès de certains de nos partis politiques et dans les écoles. Lire la suite