Archives de Tag: film britannique

Churchill

Douteux

Jonathan Teplitzky dont je ne connaissais à ce jour que son poussif et agaçant Les Voies du Destin de 2013, revient sur le devant de l’affiche avec cet étrange biopic de 48 heures, certes cruciales, mais plutôt contestable. Juin 1944. Les 48 heures précédant le Débarquement qui scellèrent le destin de Winston Churchill et du monde. 106 minutes où réapparaît le vieux débat de la forme et du fond. Le film repose entièrement sur la performance du stupéfiant de son acteur principal, mais – et certes je ne suis pas historien – tous ces coups de canif dans l’image du grand homme sont ils fondés, vérifiés… et vérifiables. Car si toutes ces révélations sont inexactes, ce film est totalement inutile… et déjà qu’il est assommant ! Lire la suite

The Jane Doe Identity

Puzzle macabre

Primé au festival de Gérardmer, le thriller horrifique d’André Øvredal est incontestablement une vraie réussite… dans le genre. 100 minutes d’un huis-clos claustrophobique à nul autre pareil. Quand la police leur amène le corps immaculé d’une Jane Doe (expression désignant une femme dont on ignore l’identité), Tommy Tilden et son fils, médecins-légistes, pensent que l’autopsie ne sera qu’une simple formalité. Au fur et à mesure de la nuit, ils ne cessent de découvrir des choses étranges et inquiétantes à l’intérieur du corps de la défunte. Alors qu’ils commencent à assembler les pièces d’un mystérieux puzzle, une force surnaturelle fait son apparition dans le crématorium… Ame sensible s’abstenir ! Amateur de vrai suspense à couper au couteau… ou plutôt au scalpel, précipitez vous, c’est un bijou ! Lire la suite

Emily Dickinson, a quiet passion

La révolte du silence

C’est le nom de Terence Davies, qui m’avait bouleversé avec Sunset Song et The deep blue sea, qui m’a poussé à aller voir ce drame en forme de biopic aussi saisissant que bouleversant. Nouvelle-Angleterre, XIXème siècle. Dans son pensionnat de jeunes filles de bonne famille, la jeune Emily Dickinson ne cesse de se rebeller contre les discours évangéliques qui y sont professés. Son père se voit contraint de la ramener au domicile familial, pour le plus grand bonheur de sa sœur Vinnie et de son frère Austin. Passionnée de poésie, Emily écrit nuit et jour dans l’espoir d’être publiée. Les années passent, elle poursuit sa recherche de la quintessence poétique. La rencontre avec une jeune mondaine indépendante et réfractaire aux conventions sociales ravive sa rébellion. Dès lors, elle n’hésite plus à s’opposer à quiconque voudrait lui dicter sa conduite… J’avoue humblement mon ignorance quant à la personnalité du personnage central de ces 125 minutes superbes et poignantes. Un film et un personnage à découvrir.   Lire la suite

Le Procès du siècle

Le Déni

Les films de prétoire donnent souvent de très bons résultats. Ambiance, suspense, tension… tout ce qui fait les bons scénarios. Une fois encore, on n’est pas déçu par les 110 minutes réalisées classiquement – peut-être trop – par Mick Jackson, qui, à 73 ans, n’a toujours pas laissé de traces indélébiles dans l’histoire du 7ème Art. Son film le plus remarqué reste son Bodyguard de 1992… il y a 25 ans, c’est vous dire. Mais cette fois, il avait un sujet en or : Deborah Lipstadt, historienne et auteure reconnue, défend farouchement  la mémoire de l’Holocauste. Elle se voit confrontée à un universitaire extrémiste, avocat de thèses controversées sur le régime nazi, David Irving, qui la met au défi de prouver l’existence de la Shoah. Sûr de son fait, Irving assigne en justice Lipstadt, qui se retrouve dans la situation aberrante de devoir prouver l’existence des chambres à gaz. Comment, en restant dans les limites du droit, faire face à un négationniste prêt à toutes les bassesses pour obtenir gain de cause, et l’empêcher de profiter de cette tribune pour propager ses théories nauséabondes ? Un film très fort, prenant, d’utilité publique et, malheureusement encore d’une brûlante actualité. A projeter dans les congrès de certains de nos partis politiques et dans les écoles. Lire la suite

The Young Lady

Sanglante émancipation

Encore un premier film, venu cette fois de Grande Bretagne et signé William Oldroyd. Bien sûr, au début de ces 90 minutes glaçantes, on pense irrésistiblement à L’Amant de Lady Chatterley. Certes le point de départ est semblable, mais dès que l’action se met réellement en place, l’originalité du propos est évident… et passionnant.1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible. Un drame sec, puissant, violent qui vous obsède longtemps après votre sortie de la salle. Une première : une réussite. Lire la suite

London House

Lorsque l’enfant paraît

Pour son premier film, le britannique David Farr a choisi le genre du thriller d’épouvante. A l’évidence un bon choix car ces 86 minutes sont d’excellente qualité, basées sur un scénario qui vous prend et ne vous lâche plus et un quatuor d’acteurs remarquables. Dans un quartier résidentiel de Londres, Kate et Justin, trentenaires bientôt parents, occupent un grand appartement au premier étage d’une belle maison bourgeoise. Lorsque Theresa et Jon, un couple aisé également dans l’attente d’un enfant, emménagent dans l’appartement du rez-de-chaussée, les deux couples se lient d’amitié. Kate est fascinée par Theresa mais au fil d’événements troublants, elle est envahie par un sentiment d’inquiétude qui va se transformer en un véritable cauchemar. Un petit film qui a tout d’un grand et qui de petits riens et légers soupçons vous mènent jusqu’à l’angoisse. Hitchcock n’aurait sans doute pas renié. Lire la suite

Seul dans Berlin

Le pot de terre contre le pot de fer

seul

Voilà dix ans que Vincent Perez n’était pas revenu à la réalisation. Pour son 3ème film il a choisi d’adapter le roman éponyme de Hans Fallada, lui-même inspiré d’une histoire vraie et paru en 1947. Il s’agit de l’un des tout premiers livres antinazis, devenu un best-seller international. L’auteur s’est basé sur des véritables documents de la Gestapo. Berlin, 1940. La ville est paralysée par la peur. Otto et Anna Quangel, un couple d’ouvriers, vivent dans un quartier modeste où, comme le reste de la population, ils tentent de faire profil bas face au parti nazi. Mais lorsqu’ils apprennent que leur fils unique est mort au front, ils décident d’entrer en résistance. Aux quatre coins de la ville, ils placent des messages anonymes critiquant Hitler et son régime. S’ils sont arrêtés, ils savent qu’ils seront exécutés… 103 minutes de tension extrême, non dénuées de défaut, mais qui nous emporte dans un monde que l’on ne connaît pas ou très mal, la vie quotidienne du peuple allemand sous la botte nazie. Lire la suite