Archives de Tag: Mars 14

De toutes nos forces

Reconstruction

de-toutes-nos-forces-26-03-2014-15-gNils Tavernier, connu pour son travail documentaire sur le handicap, a beaucoup hésité avant de donner son titre définitif à son film qui aurait pu s’appeler, Pour un fils, L’Epreuve d’une vie ou encore Un beau matin. Qu’importe, ces 90 minutes de cinéma de facture très classique restent un bel hymne à la vie et à l’amour filial. Comme tous les adolescents, Julien rêve d’aventures et de sensations fortes. Mais lorsqu’on vit dans un fauteuil roulant, ces rêves-là sont difficilement réalisables. Pour y parvenir, il met au défi son père de concourir avec lui au triathlon « Ironman » de Nice: une des épreuves sportives les plus difficiles qui soit. Autour d’eux, c’est toute une famille qui va se reconstruire pour tenter d’aller au bout de cet incroyable exploit. Le scénario évite la plupart des écueils du genre, le pathos et la facilité. Une bonne surprise ! Lire la suite

Publicités

Les Gazelles

Grosse déprime

1921112_438781002919446_390683240_oLe second film de Mona Achache après Le Hérisson en 2009, est un film de femme, avec des femmes et pour les femmes. Les hommes peuvent-ils donc se passionner pour cette comédie de mœurs ? Marie et Eric, trentenaires en couple depuis le lycée, signent l’achat de leur premier appartement quand Marie est saisie d’un doute vertigineux. Sa rencontre avec un beau brun ténébreux va précipiter sa décision : elle quitte Eric pour plonger dans le grand bain du plaisir et de la liberté. Mais elle va surtout se manger le fond de la piscine… Et découvrir un monde sans pitié : à son âge, le célibat est vite perçu comme une tare suspecte. Eclairée par des amitiés nouvelles, Marie va apprendre à envisager son célibat comme une chance d’où elle pourrait sortir plus forte, et enfin prête à être heureuse. Le mâle de base peut-il tout comprendre ? N’est-il pas exclu de fait de ces 100 minutes de cinéma ? Que de questions essentielles voire existentielles ! Lire la suite

Closed Circuit

Paranoïa

ClosedJohn Crowley, auquel on doit l’excellent Boy A en 2007, où il avait révélé Andrew Garfield, revient sur les écrans avec un thriller tout à fait efficace et passionnant.  Le titre fait référence aux sessions en huis-clos qui se déroulent pendant un procès où la sécurité de l’Etat est engagée et auxquelles l’accusé n’a pas le droit d’assister. Ces sessions dévoilent en général des preuves concernant la sécurité interne du pays et classées top secrètes. C’est également une référence au système de caméras de surveillance présentes à Londres. Une explosion terroriste tue 120 personnes dans un marché animé de Londres. À l’issue de la chasse à l’homme qui s’ensuit un seul suspect d’origine turque, Farroukh Erdogan, est appréhendé et écroué. Ce qui promet d’être « le procès du siècle » se met en marche. Petit détail de la procédure : le gouvernement souhaite utiliser des documents classés secrets pour poursuivre le prévenu en justice, ce qui nécessite l’intervention d’une Avocate Spéciale désignée par le Procureur Général et seule autorisée à voir lesdits documents et à invoquer leur divulgation lors d’audiences à huis clos. Les règles sont claires : après avoir pris connaissance des documents classés, elle n’est plus autorisée à communiquer avec le prévenu ni avec les autres avocats de la défense. Mais l’affaire se complique quand l’avocat du suspect se suicide et qu’un confrère, avec lequel elle a eu une aventure, est appelé à le remplacer. Ce procès va donc réunir deux anciens amants du côté de la défense, mettant leur éthique et leur confiance à l’épreuve…  et leur vie en péril. Compliqué ? A peine ! Mais le film fait œuvre de pédagogie et une fois assimilée certaines subtilités on peut apprécier ce film classique et plutôt agréable. Lire la suite

Paroles, paroles, paroles…

Gueule de bois

Que de mots et que de maux ! Les lendemains d’élections restent toujours des grands moments de langue de bois. Tout le monde a gagné. Formidable ! Que des belles tronches de vainqueurs ! Que des discours triomphants annonçant des lendemains qui chantent. « On rase gratis » à tous les étages ! Surtout ne pas tenir compte des vrais motivations du vote des français et surtout oublier les près de 40% d’abstentions. Les seuls qui faisaient grise mine, c’était les socialistes. Et il y avait de quoi ! Un scrutin qui les a laissés sans voix… c’est le moins qu’on puisse dire !94VOIX

  Lire la suite

Leçons d’harmonie

Sec, frontal… admirable !

lecons-d-harmonie-26-03-2014-4-gPour moi, un film kazakh, c’est une première. Pour son réalisateur, Emir Baigazin, à peine 30 ans, aussi. Et le moins qu’on puisse dire c’est que pour son coup d’essai il a frappé très fort avec l’Ours d’Argent de la Meilleure contribution artistique, l’Ours d’Argent de la Meilleure Image au même festival et le Grand Prix du Jury lors du 26ème Festival Premiers Plans d’Angers, sans compter d’autres prix reçus à Seattle, Sao Paulo, Philadelphie, Abu Dabi, Varsovie, Gand, Tokyo, Sarajevo, San Sebastian, Busan et Nantes… Tout est dit ! Aslan, 13 ans, vit avec sa grand-mère dans un village au Kazakhstan. Il fréquente un collège où la corruption et la violence tranchent avec son obsession du perfectionnisme. Le jeune Bolat, chef du gang des mauvais garçons, humilie Aslan devant ses camarades de classe et extorque de l’argent à tous les adolescents. Aslan prépare une vengeance féroce et implacable… Voilà pour moi un des grands chocs de cette année 2014. Après Ida la polonaise, Le Grand Cahier hongrois, voici Aslan le kazakh, aussi incontournable les uns que les autres. Lire la suite

Aimer, Boire et Chanter

L’Arlésien

aimer-boire-et-chanter-26-03-2014-18-gC’est la troisième fois qu’Alain Resnais adapte au cinéma un texte du dramaturge britannique Alan Ayckbourn, après Smoking/No smoking (1993) et Cœurs (2006). Effectivement, le réalisateur de L’Année dernière à Marienbad, de Mon Oncle d’Amérique ou de On connaît la chanson et Les Herbes Folles, est un adepte du théâtre dans le cinéma. Dans la campagne anglaise du Yorkshire, la vie de trois couples est bouleversée pendant quelques mois, du printemps à l’automne, par le comportement énigmatique de leur ami George Riley. Lorsque le médecin Colin apprend par mégarde à sa femme Kathryn que les jours de son patient George Riley sont sans doute comptés, il ignore que celui-ci a été  le premier amour de Kathryn. Les deux époux, qui répètent une pièce de théâtre avec leur troupe amateur locale, persuadent George de se joindre à eux. Cela permet à George, entre autres, de jouer des scènes d’amour appuyées avec Tamara, la femme de son meilleur ami Jack, riche homme d’affaires et mari infidèle. Jack, éploré, tente de persuader Monica, l’épouse de George qui s’est séparée de lui pour vivre avec le fermier Simeon, de revenir auprès de son mari pour l’accompagner dans ses derniers mois. Au grand désarroi des hommes dont elles partagent la vie, George exerce une étrange séduction sur les trois femmes : Monica, Tamara et Kathryn. Laquelle George Riley emmènera-t-il en vacances à Ténérife ? Jubilatoire et épuré, un vaudeville d’une subtilité rarement atteinte, un bijou en forme de cadeau d’adieu d’un immense cinéaste. Lire la suite

Le Grand Cahier

Glacial

462876690_1280Un film hongrois à l’affiche, c’est tellement rare ! Janos Szasz s’est basé sur une adaptation du roman éponyme d’Agota Kristof, de 1986. Il s’agit du premier tome d’une trilogie centrée sur les jumeaux du film, dont le deuxième volet est La Preuve et le dernier Le Troisième Mensonge. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des jumeaux sont envoyés à la campagne, chez leur grand-mère sadique. Dans un pays dévasté, confrontés au froid, à la faim et à la cruauté humaine, ils ont pour seul refuge un grand cahier, dans lequel ils décrivent leur quotidien. Ce film est un véritable choc tellement la beauté des images contrebalance la cruauté du propos. Il s’agit là d’un voyage initiatique immobile pour ces deux garçons enfermés dans un huis clos d’une noirceur absolu.

Lire la suite