Archives de Catégorie: espionnage

Conspiracy

De traître en traître

Michael Apted a 76 ans et sévit sur les écrans depuis 1973. Pas grand chose à sauver dans sa filmographie de ces dernières années. A noter tout de même en 1988, Gorilles dans la brume et son James Bond en 1999, Le Monde ne suffit pas. C’est un bon artisan, honnête mais sans génie et ça saute aux yeux pendant les 98 minutes de ce thriller d’espionnage ni pire ni meilleur que ces films de série B de consommation courante. Ex-interrogatrice de la CIA, Alice Racine est rappelée par son ancien directeur, Bob Hunter, pour déjouer une attaque imminente sur Londres. Face à un adversaire brutal et tentaculaire, Alice reçoit l’aide providentielle de son ancien mentor, Eric Lasch et d’un membre des forces spéciales, Jack Alcott. Mais elle réalise rapidement que l’agence a été infiltrée. Trahie et manipulée, elle va devoir inventer de nouvelles règles pour faire face à cette conspiration. Déjà vu, revu et rabâché mais efficace et bien fichu. On ne s’ennuie pas mais on ne se passionne pas non plus. Lire la suite

La Mécanique de l’ombre

Machine infernale

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Librement inspiré de plusieurs crises ou complots, avérés ou supposés, qui ont eu lieu en France ces trente dernières années : la crise des otages du Liban dans les années 80, les carnets de Takieddine ou encore plus globalement le soupçon d’instrumentalisation des services secrets à des fins politiques qui flotte dans l’actualité du pays, le thriller de Thomas Kruithof est une très heureuse surprise. Deux ans après un « burn-out », Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets. 93 minutes glaçantes qui nous parlent avec force de l’état du monde et des coulisses du pouvoir. Lire la suite

Les Alliés

Dilemme paranoïaque

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Robert Zemeckis c’est une belle signature et généralement l’assurance d’un bon film solide et efficace. Sa filmographie en témoigne avec Retour vers le futur (I, II, III), Seul au monde, Forrest Gump, Flight…). Ces 125 minutes d’espionnage et de romance avaient également tout pour plaire. Casablanca 1942. Au service du contre-espionnage allié, l’agent Max Vatan rencontre la résistante française Marianne Beauséjour lors d’une mission à haut risque. C’est le début d’une relation passionnée. Ils se marient et entament une nouvelle vie à Londres. Quelques mois plus tard, Max est informé par les services secrets britanniques que Marianne pourrait être une espionne allemande. Il a 72 heures pour découvrir la vérité sur celle qu’il aime. Oui, tout pour plaire… hélas ! Lire la suite

Un traître idéal

L’argent du sang

Un traitre

On le sait depuis longtemps, John Le Carré est le grand maître du roman d’espionnage et, à ce titre, un des plus adaptés au cinéma. Cette fois, c’est son livre Un traître à mon goût qui a été choisi par Susanna White dont c’est le retour sur grand écran depuis 2008. En vacances à Marrakech, un couple d’Anglais, Perry et Gail, se lie d’amitié avec un millionnaire russe nommé Dima. Ils ignorent que cet homme charismatique et extravagant blanchit l’argent de la mafia russe… Lorsque Dima demande leur aide pour livrer des informations explosives aux services secrets britanniques, la vie de Perry et Gail bascule. À travers toute l’Europe, ils se retrouvent plongés dans un monde de manipulation et de danger où chaque faux pas peut leur coûter la vie. Pour avoir une chance de s’en sortir, ils vont devoir faire équipe avec un agent anglais aux méthodes vraiment particulières… 108 minutes solides, efficaces et palpitantes, et une fois n’est pas coutume dans ce film de genre, parfaitement compréhensibles. Un bon moment. Lire la suite

La chute de Londres

Lourdingue

la chute de

En mars 2013 on avait eu droit à La Chute de la Maison Blanche réalisé par Antoine Fuqua (plus célèbre pour ses dragées que pour sa filmographie… je sais, c’est facile !). Au vu du succès correct du film (150 millions de dollars dans le monde pour un budget de 70 millions), on a confié un deuxième volet à l’iranien Babak Najafi, dont c’est le premier film pour grand écran. Les plus grands leaders du monde occidental sont attendus à Londres aux funérailles du Premier ministre britannique, mort dans des circonstances plus que douteuses. Mais ce qui avait commencé comme l’évènement le plus sécurisé de la planète tourne rapidement au désastre. Cible d’un complot terroriste, la capitale anglaise est mise à feu et à sang et la plupart des chefs d’état faits prisonniers. Seuls ont pu s’échapper le président américain et l’agent secret Mike Banning, qui vont devoir à la fois combattre pour survivre et mettre fin aux agissements des terroristes. Bon que dire de ce genre de blockbusters, sinon que c’est bien fait, interprété solidement mais sans génie, mais surtout que ça ne brille pas par l’originalité, et que c’est sous-tendu par une idéologie pro-américaine aussi pesante que maladroite. Lire la suite

Le Pont des espions

La guerre de l’invisible

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Steven Spielberg à la baguette + Matt Charman et les Frères Coen à l’écriture +Thomas Newman au pupitre (remplaçant pour la première fois depuis 1985, John Williams souffrant) +Janusz Kaminski à la photographie = 132 minutes de grand cinéma. James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé. Une perle de plus dans la longue série de films d’espionnage en 2015. Et certainement une des plus brillantes. On est loin des cascades, des poursuites ou des gadgets de 007 Spectre ou de Mission Impossible, mais croyez moi, le fond est ici beaucoup plus important que la forme. C’est du grand Spielberg, fascinant, palpitant et… humain. On se réjouit déjà à l’avance quand on sait que ce maître du 7ème Art 9 films en projet sur sa table de travail ! Lire la suite

007 Spectre

En roue libre… Heureusement…

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Sam Mendes a cette fois disposé de 300 millions de dollars (une paille !) pour réaliser ce 24ème volet des aventures du plus célèbres des agents secrets, le plus cher de la saga. Un message cryptique surgi du passé entraîne James Bond dans une mission très personnelle à Mexico puis à Rome, où il rencontre Lucia Sciarra, la très belle veuve d’un célèbre criminel. Bond réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation baptisée Spectre.  Pendant ce temps, à Londres, Max Denbigh, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale, remet en cause les actions de Bond et l’existence même du MI6, dirigé par M. Bond persuade Moneypenny et Q de l’aider secrètement à localiser Madeleine Swann, la fille de son vieil ennemi, Mr White, qui pourrait détenir le moyen de détruire Spectre. Fille de tueur, Madeleine comprend Bond mieux que personne…  En s’approchant du cœur de Spectre, Bond va découvrir qu’il existe peut-être un terrible lien entre lui et le mystérieux ennemi qu’il traque… Et c’est parti pour un tour de 150 minutes hyper classiques, très intelligentes, diablement efficaces, et portées par une distribution épatante. On aime ou on n’aime pas Mister Bond, mais on ne peut pas jeter le tout aux orties comme se plait à le faire une partie de la critique institutionnelle. Les 900 000 entrées comptabilisées simplement pour le jour de sortie semblent indiquer que le public n’en n’a rien à faire… et c’est tant mieux. Lire la suite