Archives de Catégorie: espionnage

Opération Beyrouth

Dans la poussière

Un film sur un négociateur issu des services diplomatiques ? Voilà plutôt une idée originale. Le confier à Brad Anderson qui est avant tout un réalisateur de séries TV, même si son The Call en 2014 était loin d’être désagréable, était à priori une bonne option. Réunir un casting de luxe pour l’occasion également. Alors pourquoi ces 110 minutes glauques et poussiéreuses sont-elles loin de m’avoir convaincu ? Beyrouth, 1972. Diplomate américain, Mason Skiles organise une réception, en présence de sa femme et de Karim, orphelin libanais de 13 ans que le couple espère adopter. Mais le cocktail est perturbé par l’arrivée du meilleur ami de Mason, l’agent de la CIA Cal Riley, porteur de nouvelles inquiétantes concernant Karim. Quelques secondes plus tard, des terroristes font irruption et ouvrent le feu sur les convives. Les conséquences sont terribles. Dix ans plus tard, Mason a sombré dans l’alcool. Vivant désormais à Boston, il intervient comme médiateur dans les conflits au sein de l’entreprise. Jusqu’au jour où il est abordé par un inconnu qui, à la demande d' »amis » communs, lui remet un passeport et un billet d’avion pour qu’il se rende le plus tôt possible à Beyrouth. D’abord réticent, il débarque dans une ville ravagée par la guerre qu’il ne reconnaît plus. Il comprend alors pourquoi on l’a fait venir : des terroristes ont kidnappé un agent de la CIA et il est censé négocier sa libération contre celle du djihadiste Abu Rajal, détenu par la police secrète israélienne. Avec l’aide de Sandy Crowder, elle-même membre de la CIA, Mason prend conscience que chaque force en présence – Tsahal, le gouvernement américain, l’OLP – cherche à servir ses propres intérêts. À qui peut-il encore faire confiance dans un monde où la vérité n’émerge que lorsqu’elle est rentable ? Déjà, à la lecture du pitch, on sent que ça ne va pas être tout simple !!! Avis très mitigé de votre Jipéhel devant ce film d’espionnage qui lorgne sur John Le Carré sans jamais l’égaler et qui nous laisse sur notre faim. Lire la suite

Publicités

Red Sparrow

La Mata Hari du Bolchoï

Francis Lawrence est un bon artisan. Il s’est fait connaître en réalisant la saga Hunger Games avec le succès que l’on sait. Ce thriller d’espionnage nous offre 140 minutes de tension, de suspense, de sexe… et de violence parfois à la limite du supportable – un cocktail qui a fait ses preuves – tout à fait honorables. Une jeune ballerine, dont la carrière est brisée nette après une chute, est recrutée contre sa volonté par les services secrets russes. Entraînée à utiliser ses charmes et son corps comme des armes, elle découvre l’ampleur de son nouveau pouvoir et devient rapidement l’un de leurs meilleurs agents. Sa première cible est un agent infiltré de la CIA en Russie. Entre manipulation et séduction, un jeu dangereux s’installe entre eux. C’est bourré de retournements en tous genres, c’est embrouillé à souhait, mais on est loin de l’ambiance glauque et feutrée de John Le Carré, là, on fait dans le sulfureux et le pervers. L’ensemble, loin des poncifs du genre, se tient plutôt bien, entre autres, grâce à un casting +++. Lire la suite

Kingsman : le Cercle d’or

Du grand n’importe quoi jouissif

Le premier Kingsman avait été un joli succès lors de sa sortie en salles puisqu’il avait rapporté environ 405 millions de dollars dans le monde alors qu’il en avait coûté 94. Il s’agit du film le plus lucratif réalisé par Matthew Vaughn qui rempile pour cet opus 2. KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costume trois pièces, fait face à une menace sans précédent. Alors qu’une bombe s’abat et détruit leur quartier général, les agents font la découverte d’une puissante organisation alliée nommée Statesman, fondée il y a bien longtemps aux Etats-Unis. Face à cet ultime danger, les deux services d’élite n’auront d’autre choix que de réunir leurs forces pour sauver le monde des griffes d’un impitoyable ennemi, qui ne reculera devant rien dans sa quête destructrice. En 2015, à propos du premier volet, j’écrivais : C’est jouissif, complètement dingue, parfaitement invraisemblable… et parfois à la limite du gore, mais on sort de cette parodie le sourire aux lèvres, heureux que ce cinéma là existe… Pas mieux ! 141 minutes de pur délire pour les amateurs du genre. Lire la suite

Atomic Blonde

Pas très explosif

En dépit d’une longue carrière de scénariste, d’acteur et de cascadeur, ce n’est que le second film de David Leitch en tant que réalisateur. Je ne sais ce qui l’a poussé à adapter le roman graphique d’Antony Johnston et Sam Hart intitulé The Coldest City, une restitution artistique de ce que symbolisait l’année 1989, la chute du mur et la fin de la guerre froide. L’agent Lorraine Broughton est une des meilleures espionne du Service de renseignement de Sa Majesté ; à la fois sensuelle et sauvage et prête à déployer toutes ses compétences pour rester en vie durant sa mission impossible. Envoyée seule à Berlin dans le but de livrer un dossier de la plus haute importance dans cette ville au climat instable, elle s’associe avec David Percival, le chef de station local, et commence alors un jeu d’espions des plus meurtriers. Gros moyens, de belles intentions, une actrice charismatique,… hélas, à l’arrivée, un flop assez regrettable. Lire la suite

Conspiracy

De traître en traître

Michael Apted a 76 ans et sévit sur les écrans depuis 1973. Pas grand chose à sauver dans sa filmographie de ces dernières années. A noter tout de même en 1988, Gorilles dans la brume et son James Bond en 1999, Le Monde ne suffit pas. C’est un bon artisan, honnête mais sans génie et ça saute aux yeux pendant les 98 minutes de ce thriller d’espionnage ni pire ni meilleur que ces films de série B de consommation courante. Ex-interrogatrice de la CIA, Alice Racine est rappelée par son ancien directeur, Bob Hunter, pour déjouer une attaque imminente sur Londres. Face à un adversaire brutal et tentaculaire, Alice reçoit l’aide providentielle de son ancien mentor, Eric Lasch et d’un membre des forces spéciales, Jack Alcott. Mais elle réalise rapidement que l’agence a été infiltrée. Trahie et manipulée, elle va devoir inventer de nouvelles règles pour faire face à cette conspiration. Déjà vu, revu et rabâché mais efficace et bien fichu. On ne s’ennuie pas mais on ne se passionne pas non plus. Lire la suite

La Mécanique de l’ombre

Machine infernale

la-mecanique-de

Librement inspiré de plusieurs crises ou complots, avérés ou supposés, qui ont eu lieu en France ces trente dernières années : la crise des otages du Liban dans les années 80, les carnets de Takieddine ou encore plus globalement le soupçon d’instrumentalisation des services secrets à des fins politiques qui flotte dans l’actualité du pays, le thriller de Thomas Kruithof est une très heureuse surprise. Deux ans après un « burn-out », Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets. 93 minutes glaçantes qui nous parlent avec force de l’état du monde et des coulisses du pouvoir. Lire la suite

Les Alliés

Dilemme paranoïaque

allies_5686871

Robert Zemeckis c’est une belle signature et généralement l’assurance d’un bon film solide et efficace. Sa filmographie en témoigne avec Retour vers le futur (I, II, III), Seul au monde, Forrest Gump, Flight…). Ces 125 minutes d’espionnage et de romance avaient également tout pour plaire. Casablanca 1942. Au service du contre-espionnage allié, l’agent Max Vatan rencontre la résistante française Marianne Beauséjour lors d’une mission à haut risque. C’est le début d’une relation passionnée. Ils se marient et entament une nouvelle vie à Londres. Quelques mois plus tard, Max est informé par les services secrets britanniques que Marianne pourrait être une espionne allemande. Il a 72 heures pour découvrir la vérité sur celle qu’il aime. Oui, tout pour plaire… hélas ! Lire la suite