Archives de Tag: Juin 17

Nos patriotes

Reconnaissance

C’est le premier film de Gabriel Le Bomin que je vois. En consultant sa filmographie, je n’ai visiblement pas manqué grand-chose. Plaisanterie mise à part, ces 107 minutes d’Histoire de France valent le déplacement. Après la défaite française de l’été 1940, Addi Ba, un jeune tirailleur sénégalais s’évade et se cache dans les Vosges. Aidé par certains villageois, il obtient des faux papiers qui lui permettent de vivre au grand jour. Repéré par ceux qui cherchent à agir contre l’occupant et qui ne se nomment pas encore « résistants », il participe à la fondation du premier « maquis » de la région. Belles intentions mais petits moyens pour un film plus qu’honorable où l’on apprend beaucoup de choses. Lire la suite

Creepy

L’épouvante… du grand art !

Kiyoshi Kurosawa est un grand du cinéma japonais. Dernièrement, Tokyo Sonata, Real ou son diptyque Shokusai étaient des merveilles. Cette fois, il nous fait cadeau – car c’en est vraiment un – 130 minutes d’un thriller psychologique de très haute volée. Un ex-détective devenu professeur en criminologie s’installe avec son épouse dans un nouveau quartier, à la recherche d’une vie tranquille. Alors qu’on lui demande de participer à une enquête à propos de disparitions, sa  femme fait la connaissance de leurs étranges voisins. Evidemment un des films du mois de juin. Etrange, dérangeant, anxiogène, malsain, tout l’art de la montée sourde de l’horreur est concentré dans ce chef d’œuvre du genre. Du très grand cinéma. Lire la suite

Ce qui nous lie

Boire un petit coup de Klapisch, c’est agréable

 

Je suis un passionné du cinéma de Cédric Klapisch, et ce, depuis 1992 et son étonnant Riens du tout. Depuis il y a eu des ratés, mais on se souvient avec joie de petites perles comme Le péril Jeune, Chacun cherche son chat, Un air de famille, et sa trilogie L’Auberge espagnol, Les Poupées russe  et Casse-tête chinois. Pour moi, il revient en force avec ces 103 minutes de comédie dramatique plus qu’honorables. Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent. Un joli film qui sent bon le terroir sans en abuser. Un des meilleurs crus de notre réalisateur qui devrait bien vieillir… le film pas le cinéaste.   Lire la suite

La Momie

Même pas peur

Universal Monsters, la nouvelle filiale des Studios Universal présente : roulement de tambour, trompettes éclatantes… son premier remake signé Alex Kurtzman, scénariste réputé, auquel on confie pour la première fois la réalisation d’un blockbuster. Dans l’original de 1932, on retrouvait, dans le premier rôle, Boris Karloff. Les studios Universal étaient alors réputés pour leurs films d’horreur. Ces 100 minutes ne sont pas déshonorantes mais n’apportent rien de bien nouveau au mythe de La Momie. Soupir !!! Bien qu’elle ait été consciencieusement enterrée dans un tombeau au fin fond d’un insondable désert, une princesse de l’ancienne Égypte, dont le destin lui a été injustement ravi, revient à la vie et va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur dépassant l’entendement humain. Des sables du Moyen Orient aux pavés de Londres en passant par les ténébreux labyrinthes d’antiques tombeaux dérobés, La Momie nous transporte dans un monde à la fois terrifiant et merveilleux, peuplé de monstres et de divinités, dépoussiérant au passage un mythe vieux comme le monde. On ne peut que constater qu’avec un budget colossal et  des moyens techniques au top, on n’arrive pas vraiment à renouveler quoi que ce soit. Un peu navrant non ? Lire la suite

Lucky Boy

La voie royale

Qu’on le surnomme « Toutenmacron », comme votre serviteur, ou Jupiter, et maintenant l’hyperprésident, notre nouveau locataire de l’Elysée n’en finit pas d’avoir de la chance. Non seulement depuis le 7 mai, qu’on aime ou pas le personnage, qu’on partage ou pas ses orientations politiques, on ne peut que reconnaître que c’est un sans faute et que, depuis plus de 6 semaines, les eaux polluées du marais de la politique française s’ouvrent devant lui comme par miracle, lui dégageant un chemin pavé de bonnes intentions. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à continuer de filer la métaphore aquatique à propos de l’Emmanuel, puisque la une du très sérieux hebdo britannique The Economist le représente marchant sur les flots.

Mais force est de constater que depuis sa mise En Marche, tous les obstacles à son irrésistible ascension se sont évanouis d’eux-mêmes sur son passage. Car, enfin, qui pouvait l’empêcher d’accaparer le trône suprême ? Lui-même d’abord. Inconnu du grand public, entouré par d’improbables soutiens nommés Ferrand, Griveaux, Castaner… La fameuse « bulle Macron » qui devait éclater vite fait selon ses adversaires et les observateurs les plus éclairés. Puis François II le débonnaire, dont peu prédisait le retrait annoncé le 1er décembre dernier. Vint François le Fielleux, avant que de devenir Tartufillon et de se saborder lui-même, qui va écarter du champ de courses quelques chevaux de retour nommés Sarkozy et Juppé. – la Droite la plus bête du monde allait ainsi perdre une élection qui lui était promise de longue date -. Vint ensuite la Bête immonde qu’il vit se dresser sur sa route et qui allait tout perdre en 3 heures d’un débat surréaliste qui avait tout d’un suicide politique. Quant aux dernières « affaires » qui ont affecté les nouveaux ministres « macronistes », elles lui ont permis d’écarter de son équipe des personnalités un peu embarrassantes et d’achever l’œuvre de « dégagisme » en faisant disparaître de notre paysage politique le dernier dinosaure encore vivant, le grand mou de Pau, dont on peu penser qu’il a rejoint définitivement ses montagnes du Béarn.

Quel parcours ! Et maintenant, la cloche du Palais Bourbon a sonné pour tout ce petit monde de néophytes qui va s’emparer des leviers de la vie politique de notre pays. Observons, soyons aussi objectifs que vigilants et jugeons les actes sans céder au détestable jeu de l’opposition aveugle, bornée et stérile. Les grands esprits ont toujours rencontré une opposition farouche des esprits médiocres. (Einstein). Ne soyons pas médiocres !   

HHhH

Himmlers Hirn heißt Heydrich

« Le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». C’est la traduction de l’acronyme de ce film historique signé Cédric Jimenez, qui avait déjà offert deux excellents titres avec Aux yeux de tous et La French. Partagé en deux parties distinctes, l’ascension irrésistible puis la mission et le destin d’un réseau d’activistes tchèques, le film pose la question cruciale de « l’inhumain » chère à Hannah Arendt. L’ascension fulgurante de Reinhard Heydrich, militaire déchu, entraîné vers l’idéologie nazie par sa femme Lina. Bras droit d’Himmler et chef de la Gestapo, Heydrich devient l’un des hommes les plus dangereux du régime. Hitler le nomme à Prague pour prendre le commandement de la Bohême-Moravie et lui confie le soin d’imaginer un plan d’extermination définitif. Il est l’architecte de la Solution Finale. Face à lui, deux jeunes soldats, Jan Kubis et Jozef Gabcik. L’un est tchèque, l’autre slovaque. Tous deux se sont engagés aux côtés de la Résistance, pour libérer leur pays de l’occupation allemande. Ils ont suivi un entraînement à Londres et se sont portés volontaires pour accomplir l’une des missions secrètes les plus importantes, et l’une des plus risquées aussi : éliminer Heydrich. Au cours de l’infiltration, Jan rencontre Anna Novak, tentant d’endiguer les sentiments qui montent en lui. Car les résistants le savent tous : leur cause passe avant leur vie. Le 27 mai 1942, les destins d’Heydrich, Jan et Jozef basculent, renversant le cours de l’Histoire. 120 minutes d’un biopic qui tient la route mais qui m’a pourtant profondément agacé de bout en bout.

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L’Amant d’un jour

Garrel filme Garrel

J’avoue avoir beaucoup de mal avec le cinéma de Philippe Garrel. Comme dans ses films précédents, on retrouve ses obsessions mais aussi ses tics qui à la longue m’ennuient profondément même si, cette fois, son film ne dure que 76 minutes… ce qui est largement suffisant. C’est l’histoire d’un père et de sa fille de 23 ans qui rentre un jour à la maison parce qu’elle vient d’être quittée, et de la nouvelle femme de ce père qui a elle aussi 23 ans et vit avec lui. Le scénario minimaliste comme toujours, le jeu distant des acteurs, la lenteur assumée et la banalité du propos, font de ce film, pourtant primé à Cannes avec le Prix SACD à la Quinzaine des Réalisateurs, un petit rien dont on peut aisément se passer. Lire la suite