Retour à Forbach

Un étranger dans sa propre demeure

Lorsque Florian Philippot, vice-président du Front National, s’est présenté aux élections municipales de Forbach en 2014 et est arrivé en tête au premier tour, Régis Sauder a publié une lettre ouverte dans Libération pour s’insurger de la radicalisation des habitants de la ville dans laquelle il avait grandi. C’est à ce moment que s’est amorcée plus précisément la réflexion sur son film. Régis Sauder revient dans le pavillon de son enfance à Forbach. Il y a 30 ans, il a fui cette ville pour se construire contre la violence et dans la honte de son milieu. Entre démons de l’extrémisme et déterminisme social, comment vivent ceux qui sont restés ? Ensemble, ils tissent mémoires individuelles et collectives pour interroger l’avenir à l’heure où la peur semble plus forte que jamais. Caméra au poing, le réalisateur filme sa ville et constate très vite que ce n’est plus la sienne. 78 minutes d’un constat cruel et douloureux…

Le tournage s’est étiré sur deux ans et demi, de mai 2014 à l’hiver 2016. L’actualité, et notamment les attentats qui ont frappé la France en 2015, a donc influé sur le documentaire. Régis Sauder a d’abord voulu nommer son film La Colère, avant de se raviser.  Je suis en colère, mais pas contre Forbach. Le film, et tout ce trajet que j’ai accompli, m’ont aidé à m’apaiser, déclare-t-il. Mon film procède plutôt à une réconciliation. Tout le travail autour de ce documentaire est un mouvement d’apaisement et un récit de dénonciation des mécanismes de domination qui ont plombé la ville comme beaucoup d’autres ailleurs. Je ne nierai pas l’intérêt de ce documentaire engagé et au sujet original. Mais, j’ai des réserves sur la forme. Tout est lent, trop décousu et la succession de témoignages et de plans de coupe aussi inutiles que gratuits devient vite ennuyeux car trop convenue. Avec son questionnement sociopolitique, on pensait tenir un film essentiel sur l’état de la France. Hélas, le montage s’avère pataud et maladroit et nous empêche de goûter pleinement certains propos truculents, comme ceux de l’inénarrable patronne du bistro local et d’autres philosophes du quotidien qui peuplent ce documentaire qui, malgré ses défauts formels, reste d’utilité publique.

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