Archives de Catégorie: Polar

Oceans’8

Ça pue le fric et le réchauffé

Quelle affiche ! Evidemment un fort arrière goût de déjà-vu ! Mais s’il n’y avait que l’affiche… De toute évidence, le pauvre Gary Ross, très bon artisan du ciné d’action, – en témoigne le 1er volet des Hunger Games – semble s’être lancé dans ce nouvel épisode de la saga de la famille Ocean, sans avoir lu le scénario… eh bien non ! Il y a même participé ?!? Cinq ans, huit mois, 12 jours… et le compteur tourne toujours ! C’est le temps qu’il aura fallu à Debbie Ocean pour échafauder le plus gros braquage de sa vie. Elle sait désormais ce qu’il lui faut : recruter une équipe de choc. À commencer par son « associée » Lou Miller. Ensemble, elles engagent une petite bande d’expertes : Amita, la bijoutière, Constance, l’arnaqueuse, Tammy, la receleuse, Nine Ball, la hackeuse et Rose, la styliste de mode. Le butin convoité est une rivière de diamants d’une valeur de 150 millions de dollars. Le somptueux bijou sera autour du cou de la célèbre star Daphne Kluger qui devrait être l’objet de toutes les attentions au cours du Met Gala, l’événement de l’année. C’est donc un plan en béton armé. À condition que tout s’enchaîne sans la moindre erreur de parcours. Enfin, si les filles comptent repartir de la soirée avec les diamants sans être inquiétées… 110 minutes d’un immense n’importe quoi : qui vole – en rase-motte – d’une invraisemblance à une autre, sans pratiquement aucune innovation ni suspense. Un sacré ratage entièrement basé sur une idée marketing : réunir 8 femmes dans un grand film de casse… qui ne casse franchement pas grand-chose. Lire la suite

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The Third Murder

Entre vérité et mensonge

Hirokazu Kore-eda, le génial réalisateur de Tel Père, tel fils, de Notre petite sœur et de Après la tempête, change de style et nous propose un drame en forme de polar loin de ses chroniques familiales habituelles dans lesquelles il excelle. Le grand avocat Shigemori est chargé de défendre Misumi, accusé de vol et d’assassinat. Ce dernier a déjà purgé une peine de prison pour meurtre 30 ans auparavant. Les chances pour Shigemori de gagner ce procès semblent minces, d’autant que Misumi a avoué son crime, malgré la peine de mort qui l’attend s’il est condamné. Pourtant, au fil de l’enquête et des témoignages, Shigemori commence à douter de la culpabilité de son client. 125 minutes d’un affrontement psychologique sous très haute tension, formidablement écrit, réalisé et interprété.   Lire la suite

Le Caire Confidentiel

Le ripou intègre

Grand Prix du Jury à Sundance et Grand Prix au festival du film policier de Beaune pour ce premier film signé par l’égyptien Tarik Saleh. Or ces 110 minutes de très grande qualité ont bénéficié d’une coproduction Suéde, Allemagne, Danemark ?!? Les voies de la production cinématographique sont parfois impénétrables. Le Caire, janvier 2011, quelques jours avant le début de la révolution. Une jeune chanteuse est assassinée dans une chambre d’un des grands hôtels de la ville. Noureddine, inspecteur revêche chargé de l’enquête, réalise au fil de ses investigations que les coupables pourraient bien être liés à la garde rapprochée du président Moubarak. Un polar politique de très haute volée qui ne vous donne pas forcément le moral en sortant de la salle. Le monde serait-il pourri ? Je n’ose le croire. Lire la suite

Le Crime de l’Orient-Express

Somptueusement inutile

Kenneth Branagh devant et derrière la caméra, une adaptation de LA valeur sûre du polar, Agatha Christie, une technique de haute volée et un casting ahurissant… on se dit, « en avant pour le chef d’œuvre » ! Eh bien non ! Abondance de biens peut parfois nuire. Le luxe et le calme d’un voyage en Orient Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau. D’après le célèbre roman d’Agatha Christie. Ces 110 minutes souffrent de n’être qu’un remake de Sydney Lumet, et puis un polar dont on connaît la fin, c’est forcément décevant. Alors c’est très beau mais sans surprise. J’attendais sans doute trop de cette nouvelle mouture des aventures d’Hercule Poirot, et ma déception est à la hauteur de mes attentes. Lire la suite

Bienvenue à Suburbicon

Ah ! Les braves gens !

Ce sont les Frères Coen qui ont fait cadeau de ce scénario à leur pote George Clooney. Cadeau royal ! Et George Clooney de passer derrière la caméra et de s’entourer de ses amis acteurs et actrices… Bref un régal ! Suburbicon est une paisible petite ville résidentielle aux maisons abordables et aux pelouses impeccablement entretenues, l’endroit parfait pour une vie de famille. Durant l’été 1959, tous les résidents semblent vivre leur rêve américain dans cette parcelle de paradis. Pourtant, sous cette apparente tranquillité, entre les murs de ces pavillons, se cache une réalité tout autre faite de mensonge, de trahison, de duperie et de violence… Bienvenue à Suburbicon. 104 minutes quasi subversives – à la mode américaine s’entend – et parfaitement jouissives. L’Amérique de Trump s’en prend plein la tronche et, rien que pour ça, c’est incontournable. Lire la suite

Tueurs

Nettoyage par le vide

Un film de braquage et de règlement de comptes entre truands, un de plus vous allez me dire. Oui, mais là on a de grosses différences. Le film est signé par Jean-François Hensgens et François Troukens, lui-même ancien truand et qui a accompli 10 ans de prison. Il s’est formé à la littérature et aux métiers du cinéma durant son séjour derrière les barreaux. C’est là qu’il a puisé son inspiration pour ce polar, utilisant son expérience pour nourrir son scénario. Avouez que ça nous change des scénarii des anciens flics. Alors que Frank Valken réalise un casse fabuleux, un commando de tueurs entre en action et exécute tous les témoins. On relève parmi les cadavres celui de la magistrate qui enquête sur l’affaire des Tireurs fous. Trente ans plus tard, ils semblent être de retour. Arrêté en flagrant délit et face à la pression médiatique, Frank n’a d’autre choix que de s’évader pour tenter de prouver son innocence. 86 minutes sous très haute tension, sèches, glaciales et d’une rare efficacité. Un des polars de l’année. Lire la suite

Le Bonhomme de neige

Perdu dans la poudreuse

Après Morse et La Taupe, après l’épouvante et l’espionnage, Tomas Alfredson s’attaque au thriller avec ces 120 – trop longues – minutes adaptées du roman éponyme de John Nesbø. Lorsque le détective d’une section d’élite enquête sur la disparition d’une victime lors des premières neiges de l’hiver, il craint qu’un serial killer recherché n’ait encore frappé. Avec l’aide d’une brillante recrue, il va tenter d’établir un lien entre des dizaines de cas non élucidés et la brutalité de ce dernier crime afin de mettre un terme à ce fléau, avant la tombée des prochaines neiges. Honnêtement, on ne comprend pas grand-chose au scénario fuligineux à souhait et qui nous perd rapidement entre congère et plaque de glace. Esthétiquement, c’est une splendeur, mais ça ne suffit pas à faire avaler les insuffisances du récit. Quand, dans un thriller, tu laisses les spectateurs sur le bord du chemin à force d’invraisemblance, tu peux te dire que ton film est raté… Et là, c’est le cas. Lire la suite