Archives de Catégorie: Polar

Wind River

Du sang sur la neige

Taylor Sheridan est avant tout un acteur de séries-télé américaines. A 47 ans, c’est seulement son second film en tant que réalisateur. Et il touche juste avec ces 107 minutes de thriller glaçant… dans toutes les acceptions du terme. Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature… Prix de la mise en scène à Cannes dans la catégorie « Un Certain regard », ce film vous tient en haleine de bout en bout : sobre, violent, efficace… très prenant. Lire la suite

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Que Dios nos perdone

Polar espagnol freudien

Prix – ô combien mérité – du meilleur scénario à San Sebastian, le polar de Rodrigo Sorogoyen est un modèle du genre. Une preuve supplémentaire que le cinéma espagnol est en pleine forme. Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît XVI. C’est dans ce contexte hyper-tendu que l’improbable binôme que forment Alfaro et Velarde se retrouve en charge de l’enquête sur un serial-killer d’un genre bien particulier. Les deux inspecteurs, sous pression, sont de surcroît contraints d’agir dans la plus grande discrétion… Une course contre la montre s’engage alors, qui progressivement les révèle à eux-mêmes ; sont-ils si différents du criminel qu’ils poursuivent ? 126 minutes qui détournent les codes traditionnels du thriller avec une virtuosité formidable et des acteurs au sommet. Du vrai grand cinéma ! Lire la suite

Wulu

Dignité vs nécessité

Daouda Coulibaly a grandi à Marseille avant d’obtenir un DEA de philosophie/économie jusqu’à ce qu’un événement ébranle ses certitudes et l’amène à « traîner » sur les plateaux de cinéma. Le jeune homme est alors devenu régisseur puis monteur, tout en nourrissant parallèlement l’envie de réaliser des films se centrant sur la vaste problématique d’être africain. Rêve réalisé avec ce premier film. Ladji a 20 ans. Il travaille dur comme apprenti-chauffeur à Bamako. Lorsqu’on lui refuse une promotion qu’il estime avoir largement méritée, il décide de contacter Driss, un dealer de drogue, qui lui doit une faveur. Avec deux compères, Ladjí plonge dans l’univers du trafic de cocaïne… 95 minutes qui, même éloignées des conventions du genre, font un excellent polar qui nous plonge dans une Afrique qui n’a pas fini de nous surprendre. Lire la suite

Message from the King

Black is black

C’est la ville de Los Angeles superbement filmée qui est la vedette de ce polar plus que noir réalisée par un spécialiste du genre, le belge Fabrice du Welz. Classique ? Vous avez dit classique ? Le pitch d’abord : En provenance de Cape Town, Jacob King débarque à Los Angeles à la recherche de sa sœur disparue. Avec un billet retour pour l’Afrique du Sud sept jours plus tard, et 600 dollars en poche. Au bout de 24 heures, il découvre que sa sœur est morte dans des circonstances étranges… 102 minutes d’une réelle efficacité, violence, sexe, drogue, prostitution sont au rendez-vous de ce polar ni pire ni meilleur que beaucoup d’autres. Du film de genre bien joué et bien filmé. Un bon moment mais qu’on oublie vite. Lire la suite

Live by night

Classique, efficace, mais…

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129 minutes avec Ben Affleck ! Mon Dieu que c’est long ! C’est son 4ème film en tant que réalisateur. Je ne nie pas la qualité de ces films (en particulier Argo) mais dès que le sieur Ben est à l’écran, je m’ennuie, et comme c’est du sur mesure, il ne quitter pas ledit écran… CQFD.  Boston, dans les années 20. Malgré la Prohibition, l’alcool coule à flot dans les bars clandestins tenus par la mafia et il suffit d’un peu d’ambition et d’audace pour se faire une place au soleil. Fils du chef de la police de Boston, Joe Coughlin a rejeté depuis longtemps l’éducation très stricte de son père pour mener une vie de criminel. Pourtant, même chez les voyous, il existe un code d’honneur que Joe n’hésite pas à bafouer : il se met à dos un puissant caïd en lui volant son argent et sa petite amie. Sa liaison passionnelle ne tarde pas à provoquer le chaos. Entre vengeance, trahisons et ambitions contrariées, Joe quittera Boston pour s’imposer au sein de la mafia de Tampa… Un film de gangster classique avec ses forces et ses défauts… rien de bien nouveau sous le pâle soleil de la prohibition. Lire la suite

Le gang des Antillais

Sombre histoire

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J’avoue humblement ne pas avoir vu les précédents films de Jean-Claude Barny sur lesquels je me garderai donc bien de porter le moindre jugement. Mais, je dois dire que ce drame ne m’a pas laissé un souvenir immortel et m’a même laissé un certain sentiment d’ennui. Dans les années 70, le BUMIDOM promettait de favoriser l’insertion en métropole des français des DOM-TOM. Jimmy Larivière, arrivé à Paris pour refaire sa vie, ne parvient pas à trouver sa place dans la société. Sa rencontre avec un groupe de trois jeunes Antillais va l’entraîner dans une série de braquages retentissants. Même si ce film témoigne d’un cinéma où les minorités parlent d’elles et de leur imaginaire, ce qu’on ne peut que saluer et encourager, je suis sorti de cette projection ni convaincu, ni enthousiasmé. Dommage, j’étais prêt à toute la mansuétude dont je suis capable. Hélas…  Lire la suite

La fille inconnue

Polar moral

fille_inconnue

Luc Dardenne et Jean-Pierre Dardenne, après des dizaines d’années de cinéma et de multiples récompenses, parviennent encore à nous surprendre. A ma connaissance, c’est la première fois que nos deux belges s’essaient au polar. Jenny, jeune médecin généraliste, se sent coupable de ne pas avoir ouvert la porte de son cabinet à une jeune fille retrouvée morte peu de temps après. Apprenant par la police que rien ne permet de l’identifier, Jenny n’a plus qu’un seul but : trouver le nom de la jeune fille pour qu’elle ne soit pas enterrée anonymement, qu’elle ne disparaisse pas comme si elle n’avait jamais existé. Oh ! Ne vous attendez pas à des poursuites, des bagarres ou des fusillades ? Non ! Chez les Dardenne, la violence reste sociale, mais, même si ce n’est sûrement pas leur plus grand film, ça vole très au dessus de la plupart des films de genre. En vérité le cinéma des Dardenne est un genre à lui tout seul. Lire la suite