The Young Lady

Sanglante émancipation

Encore un premier film, venu cette fois de Grande Bretagne et signé William Oldroyd. Bien sûr, au début de ces 90 minutes glaçantes, on pense irrésistiblement à L’Amant de Lady Chatterley. Certes le point de départ est semblable, mais dès que l’action se met réellement en place, l’originalité du propos est évident… et passionnant.1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible. Un drame sec, puissant, violent qui vous obsède longtemps après votre sortie de la salle. Une première : une réussite.

Film d’époque à petit budget, – 580 000 euros seulement –, ce huis-clos sanglant est construit sur un crescendo savamment mené. Il s’inspire du Lady Macbeth de Nikolaï Leskov en 1865, où les thèmes centraux sont la soumission des femmes dans la société, la vie dans les communautés rurales et la passion interdite. L’histoire originale avait été publiée par Dostoïevski. On voit avec stupeur une innocente jeune fille se transformer en une femme capable de faire des choses monstrueuses. Ce qu’elle fait est mal mais, malgré tout, le spectateur ressent de la sympathie pour elle et souhaite qu’elle réussisse. Le Comté de Northumberland offre un superbe décor à cette histoire et en particulier le château de Lambton. Les costumes, les éclairages, le choix des couleurs, la photographie, la quasi absence de musique… tout contribue à faire de ce drame intimiste un petit bijou envoûtant. Remarquable chronique de l’ennui pimentée d’une bonne dose de perversité hitchkockienne.

Le casting est dominé, que dis-je, écrasé par l’incandescente Florence Pugh. Une vraie révélation. Belle, sensuelle, glaçante, elle emporte tout sur son passage. Le grand intérêt de ce film. A ses côtés, Cosmo Jarvis, Paul Hilton, Naomi Ackie, sont également remarquables. Qu’on se le dise, on est loin du roman de D.H. Lawrence et encore plus de l’univers de Jane Austen. Le film est dérangeant et cruel, mais le portrait de la solitude d’une jeune femme dans l’Angleterre victorienne est d’une acuité étonnante.

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