Archives de Catégorie: Thriller

Creepy

L’épouvante… du grand art !

Kiyoshi Kurosawa est un grand du cinéma japonais. Dernièrement, Tokyo Sonata, Real ou son diptyque Shokusai étaient des merveilles. Cette fois, il nous fait cadeau – car c’en est vraiment un – 130 minutes d’un thriller psychologique de très haute volée. Un ex-détective devenu professeur en criminologie s’installe avec son épouse dans un nouveau quartier, à la recherche d’une vie tranquille. Alors qu’on lui demande de participer à une enquête à propos de disparitions, sa  femme fait la connaissance de leurs étranges voisins. Evidemment un des films du mois de juin. Etrange, dérangeant, anxiogène, malsain, tout l’art de la montée sourde de l’horreur est concentré dans ce chef d’œuvre du genre. Du très grand cinéma. Lire la suite

Conspiracy

De traître en traître

Michael Apted a 76 ans et sévit sur les écrans depuis 1973. Pas grand chose à sauver dans sa filmographie de ces dernières années. A noter tout de même en 1988, Gorilles dans la brume et son James Bond en 1999, Le Monde ne suffit pas. C’est un bon artisan, honnête mais sans génie et ça saute aux yeux pendant les 98 minutes de ce thriller d’espionnage ni pire ni meilleur que ces films de série B de consommation courante. Ex-interrogatrice de la CIA, Alice Racine est rappelée par son ancien directeur, Bob Hunter, pour déjouer une attaque imminente sur Londres. Face à un adversaire brutal et tentaculaire, Alice reçoit l’aide providentielle de son ancien mentor, Eric Lasch et d’un membre des forces spéciales, Jack Alcott. Mais elle réalise rapidement que l’agence a été infiltrée. Trahie et manipulée, elle va devoir inventer de nouvelles règles pour faire face à cette conspiration. Déjà vu, revu et rabâché mais efficace et bien fichu. On ne s’ennuie pas mais on ne se passionne pas non plus. Lire la suite

L’amant double

Et le miroir se brisa

J’adore le cinéma de François Ozon depuis son tout premier film de 1998, Sitcom, jusqu’à l’admirable Frantz de l’année dernière, en passant, par 8 Femmes, Potiche, Dans la maison ou Jeune et Jolie. C’est dire l’éclectisme du bonhomme ! Cette fois, il s’agit d’un thriller érotique dérangeant au possible. Chloé, une jeune femme fragile, tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul. Quelques mois plus tard, ils s’installent ensemble, mais elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité.107 minutes étranges, complexes qui ne livrent jamais tout à fait ses secrets. Un exercice de style vertigineux et parfaitement maîtrisé. Lire la suite

Les fantômes d’Ismaël

…ou les fantômes d’Arnaud ?

Pas grand-chose à jeter dans le cinéma d’Arnaud Desplechin. Depuis 1992 et La Sentinelle, il a enchanté régulièrement nos écrans avec des pépites comme Rois et Reines, Un conte de Noël, Jimmy P., ou Trois souvenirs de ma jeunesse.  Ces 114 minutes sont étranges, atypiques et de plus en plus introspectives… mais quel régal ! À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu… Il n’a que 56 ans et pourtant ce film sonne comme un résumé de ses rêves, de ses fantasmes et de ses obsessions. Et puis quel trio d’acteurs ! Lire la suite

Message from the King

Black is black

C’est la ville de Los Angeles superbement filmée qui est la vedette de ce polar plus que noir réalisée par un spécialiste du genre, le belge Fabrice du Welz. Classique ? Vous avez dit classique ? Le pitch d’abord : En provenance de Cape Town, Jacob King débarque à Los Angeles à la recherche de sa sœur disparue. Avec un billet retour pour l’Afrique du Sud sept jours plus tard, et 600 dollars en poche. Au bout de 24 heures, il découvre que sa sœur est morte dans des circonstances étranges… 102 minutes d’une réelle efficacité, violence, sexe, drogue, prostitution sont au rendez-vous de ce polar ni pire ni meilleur que beaucoup d’autres. Du film de genre bien joué et bien filmé. Un bon moment mais qu’on oublie vite. Lire la suite

Get Out

Paranoïa virtuose

Qu’est-ce que la Blumhouse ? Dans les années 60/70, on avait, en Grande-Bretagne, la Hammer film qui était la grande spécialiste des films d’horreur et d’épouvante qui nous a fait connaître Peter Cushing, Vincent Price ou Christopher Lee en adaptant les mythes de Dracula et de Frankenstein. Depuis 2009, la Blumhouse  a pris la relève avec les Paranormal Activity – l’opus 1 fut un véritable phénomène puisqu’il a coûté 15 000 dollars et rapporté 200 millions de dollars !!! – Depuis les succès se sont accumulés avec Insidious, Sinister, The Visit, Split… et dans un autre genre, l’extraordinaire Whiplash. Encore une fois, Jason Blum, le patron de cette maison de production florissante a fait confiance à un nouveau venu, Jordan Peele. Une belle réussite. Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose  filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable. 104 minutes absolument formidables, qui sans renouveler les codes du genre, font passer un grand moment de cinéma d’angoisse… et d’humour. Lire la suite

La colère d’un homme patient

On n’est jamais si bien vengé que par soi-même

Raúl Arévalo est un comédien espagnol aperçu souvent chez Almodovar. Il passe, ici, pour la première fois derrière la caméra. C’est du classique, du solide et basé sur un pitch minimaliste : Un homme attend huit ans pour se venger d’un crime que tout le monde a oublié. Avec ça, on a construit 92 minutes de grande tension, souvent violentes, qui tiennent en haleine et servies par un casting remarquable. Un véritable coup de poing qui vous ébranle bien après la sortie de la salle. Un petit film parfaitement réussi. Lire la suite