Archives de Catégorie: film musical

Chavela Vargas

L’icône iconoclaste

Au début des années 1990, Catherine Grund, a perdu son meilleur ami du sida et s’est enfuie à Mexico pour y rester pendant plusieurs mois. Elle va obtenir une interview de Chavela Vargas, qui, à 71 ans, était assez méconnue, lesbienne, oubliée et dénigrée. L’icône vieillissante de la musique ranchera (ouest mexicain), avait alors des gros problèmes d’alcoolisme, en pleine rupture sentimentale, elle était relayée au second plan et sombrait dans l’oubli. Mais, fidèle à elle-même, elle croyait toujours en son pouvoir. La réalisatrice a vu là l’opportunité de faire partager son histoire à une large audience. Voici comment est né ce formidable docu-biopic-musical, réalisée en compagnie de Daresha Kyi. 90 minutes passionnantes sur une artiste magnifique constamment borderline, mais extrêmement attachante et qui chantera sur scène jusqu’à la limite de ses forces, en 2012, à 93 ans !!! Lire la suite

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La Mélodie

La corde sensible

En allant voir le film de Rachid Hami, je craignais fort d’assister à un remake du brésilien Le professeur de violon sorti en 2016. D’autant que notre réalisateur n’a que 32 ans et tout le monde, ou presque, a oublié son premier long métrage qui date de 2007. Donc c’est plutôt pour les deux acteurs principaux qui portent ces 102 minutes que je me suis décidé. A bientôt cinquante ans, Simon est un violoniste émérite et désabusé. Faute de mieux, il échoue dans un collège parisien pour enseigner le violon aux élèves de la classe de 6ème de Farid. Ses méthodes d’enseignement rigides rendent ses débuts laborieux et ne facilitent pas ses rapports avec des élèves difficiles. Arnold est fasciné par le violon, sa gestuelle et ses sons. Une révélation pour cet enfant à la timidité maladive. Peu à peu, au contact du talent brut d’Arnold et de l’énergie joyeuse du reste de la classe, Simon revit et renoue avec les joies de la musique. Aura-t-il assez d’énergie pour surmonter les obstacles et tenir sa promesse d’emmener les enfants jouer à la Philharmonie ? Bon, à l’arrivée pas de déception. Un film plus qu’honnête sur un sujet rebattu mais porté par d’excellents acteurs et une énorme sincérité. Et puis, la musique… Lire la suite

Django

La musique dans la peau.

Saluons de nouveau un premier film signé par Etienne Comar, scénariste et dialoguiste réputé et surtout producteur heureux de Des Hommes et des Dieux et de Timbuktu. Pour ce passage derrière la caméra, il a décidé de faire dans le biopic. En 1943 pendant l’occupation allemande, le tsigane Django Reinhardt, véritable “guitare héros”, est au sommet de son art. Chaque soir il fait vibrer le tout Paris aux Folies Bergères avec sa musique swing alors qu’en Europe, ses frères sont pourchassés et massacrés. Lorsque la propagande allemande veut l’envoyer à Berlin pour une série de concerts, il sent le danger et décide de s’évader en Suisse aidé par une de ses admiratrices, Louise de Klerk. Pour passer, il se rend à Thonon-les-Bains, sur les bords du lac Léman, avec sa femme enceinte, Naguine et sa mère Negros. Mais l’évasion est plus compliquée que prévue, Django et ses proches se retrouvent plongés dans la guerre. Pendant cette période dramatique, il n’en demeure pas moins un musicien exceptionnel qui résiste avec sa musique, son humour, et qui cherche à approcher la perfection musicale… Ces 115 minutes – peut-être un peu trop longues, le propos aurait gagné à être un peu plus resserré – racontent en vérité les années d’Occupation vécues par le génial guitariste, période qui montre le mieux à quel point la musique possède cette faculté de s’extraire du monde. Lire la suite

La Belle et la Bête

La magie du savoir-faire

C’était une évidence, le nouveau Disney réalisé par Bill Condon ne soulèverait pas l’adhésion de la critique institutionnelle mais déclencherait plutôt ses sarcasmes voire ses cris d’orfraie. Le public, le vrai, lui, applaudit et je lui donne raison. Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S’étant perdu une nuit dans la forêt, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d’amour pour elle, mais victime d’une terrible malédiction. 129 minutes d’une comédie musicale de très haute volée. Du charme, de la couleur, de la joie de vivre, de l’humour et, à l’arrivée, un joli moment de cinéma… et rien d’autre. Lire la suite

Tous en scène

The Voice… à poils

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Tout à été dit ou presque sur ce genre de films ; c’est bien fait, techniquement parfait, drôle, inventif et, depuis quelques années, basés sur d’excellents scénarii. Ces 108 minutes réalisées par Garth Jennings sont donc le droit fil du film d’animation du XXIème siècle.  Buster Moon est un élégant koala qui dirige un grand théâtre, jadis illustre, mais aujourd’hui tombé en désuétude. Buster est un éternel optimiste, un peu bougon, qui aime son précieux théâtre au-delà de tout et serait prêt à tout pour le sauver. C’est alors qu’il trouve une chance en or pour redorer son blason tout en évitant la destruction de ses rêves et de toutes ses ambitions: une compétition mondiale de chant. Cinq candidats sont retenus pour ce défi: Une souris aussi séduisante que malhonnête, un jeune éléphant timide dévoré par le trac, une truie mère de famille débordée par ses 25 marcassins, un jeune gorille délinquant qui ne cherche qu’à échapper à sa famille, et une porc-épic punk qui peine à se débarrasser de son petit ami à l’ego surdimensionné pour faire une carrière solo. Tout ce petit monde va venir chercher sur la scène de Buster l’opportunité qui pourra changer leur vie à jamais. Comme vous le savez, je ne suis pas un dingue de ce type de film, mais, petite fille oblige, je ne peux que reconnaître que j’ai passé un très bon moment en compagnie de Buster, Rosita, Ash, Johnny, Gunter et les autres. Lire la suite

La La land

Du champagne

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Personne n’a oublié le choc provoqué par le premier film de Damien Chazelle, l’extraordinaire Whiplash. Cet opus 2 n’a rien à envier avec déjà 7 Golden Globes, une récompense à Toronto et une autre à la Mostra… en attendant les Oscar. 128 minutes de grâce pour une comédie romantico-musicale de très haute volée. Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions.  De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent… Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ? En rendant hommage à un genre d’hier, Chazelle réalise un film totalement d’aujourd’hui. Une merveille d’audace légère comme du champagne à ne rater sous aucun prétexte.

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Dalida

Extrême onction

dalida

C’est Lisa Azuelos, la réalisatrice qui le dit : Je voulais donner l’extrême-onction à Dalida. Qu’on la comprenne, que l’on excuse son geste final. Sa malchance a été d’être une femme moderne dans une époque qui ne l’était pas !  Résultat : 124 minutes d’un biopic confus à l’ambition non aboutie. De sa naissance au Caire en 1933 à son premier Olympia en 1956, de son mariage avec Lucien Morisse, patron de la jeune radio Europe n°1, aux soirées disco, de ses voyages initiatiques en Inde au succès mondial de Gigi l’Amoroso en 1974, le film Dalida est le portrait intime d’une femme absolue, complexe et solaire… Une femme moderne à une époque qui l’était moins … Malgré son suicide en 1987, Dalida continue de rayonner de sa présence éternelle. Strass, paillettes et disco ne suffissent pas à faire un film inoubliable même s’il est servi par un casting irréprochable. Une vraie déception. Lire la suite