Archives de Catégorie: Cinéma

Tueurs

Nettoyage par le vide

Un film de braquage et de règlement de comptes entre truands, un de plus vous allez me dire. Oui, mais là on a de grosses différences. Le film est signé par Jean-François Hensgens et François Troukens, lui-même ancien truand et qui a accompli 10 ans de prison. Il s’est formé à la littérature et aux métiers du cinéma durant son séjour derrière les barreaux. C’est là qu’il a puisé son inspiration pour ce polar, utilisant son expérience pour nourrir son scénario. Avouez que ça nous change des scénarii des anciens flics. Alors que Frank Valken réalise un casse fabuleux, un commando de tueurs entre en action et exécute tous les témoins. On relève parmi les cadavres celui de la magistrate qui enquête sur l’affaire des Tireurs fous. Trente ans plus tard, ils semblent être de retour. Arrêté en flagrant délit et face à la pression médiatique, Frank n’a d’autre choix que de s’évader pour tenter de prouver son innocence. 86 minutes sous très haute tension, sèches, glaciales et d’une rare efficacité. Un des polars de l’année. Lire la suite

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Santa and Cie

L’humour est dans les détails

On aime ou on n’aime pas Alain Chabat. L’esprit Canal + des grandes années, celui de Les Nuls est toujours vivant grâce à lui. Si vous appréciez la parodie et le second degré, ces 95 minutes sont pour vous…. Sinon ! Rien ne va plus à l’approche du réveillon : les 92 000 lutins chargés de fabriquer les cadeaux des enfants tombent tous malades en même temps ! C’est un coup dur pour Santa (Claus), plus connu sous le nom de Père Noël… il n’a pas le choix : il doit se rendre d’urgence sur Terre avec ses rennes pour chercher un remède. À son arrivée, il devra trouver des alliés pour l’aider à sauver la magie de Noël. Depuis le succès mitigé de son Sur la piste du Marsupilami de 2012, Chabat n’était pas revenu derrière la caméra. On salue donc son retour pour cette comédie enlevée, bourrée d’effets spéciaux réussis, d’idées scénaristiques, de dialogues ciselés, le tout servi par une distribution qui s’amuse beaucoup… nous aussi. Lire la suite

Plonger

L’amour flou

C’est l’auteur du roman éponyme, Christophe Ono-Dit-Biot qui a donné lui-même carte blanche pour l’adaptation à Mélanie Laurent. A l’arrivée un drame de 102 minutes qui aurait pu se montrer passionnant si l’ensemble ne révélait pas autant de faiblesses et d’invraisemblances. C’est l’histoire d‘un amour total entre César et Paz. Paz, photographe espagnole, nourrit une soif de rencontres, d’expériences et de voyages, alors que César, ex-grand reporter de guerre, souhaite à l’inverse s’extraire du tumulte du monde. Paz est enceinte, cette perspective l’angoisse, l’étouffe. Elle semble s’éloigner chaque jour un peu plus de César, comme obsédée par quelque chose qui lui échappe. Jusqu’au jour où elle disparait, laissant son enfant et César sans véritable explication. La réalisatrice y croit, les acteurs sont convaincus… le spectateur un peu moins. Lire la suite

C’est tout pour moi

Auto biopic

Bon ! Disons le tout de go, je ne suis pas très client du stand up en général. J’avais aperçu Nawell Madani, au hasard d’une molle séance de zapping par un après-midi pluvieux, sans doute du côté de la chaîne « Comédie », en me disant que décidément, ce genre a bien du mal à m’arracher un sourire. C’est vous dire si je ne suis pas allé voir ces 103 minutes de comédie dramatique avec un enthousiasme débordant. Depuis toute petite, Lila veut devenir danseuse, n’en déplaise à son père. Elle débarque à Paris pour réaliser son rêve… Mais de galères en désillusions, elle découvre la réalité d’un monde qui n’est pas prêt à lui ouvrir ses portes. A force d’y croire, Lila se lance dans une carrière d’humoriste. Elle n’a plus qu’une idée en tête : voir son nom en haut de l’affiche, et surtout retrouver la fierté de son père. Comme quoi il faut toujours combattre ses a priori ! J’ai passé un bon moment avec cet « auto biopic » – un concept qui restait à inventer… c’est chose faite – drôle et tendre à la fois, qui nous fait pénétrer dans le petit monde sans pitié du stand up. Une belle surprise ! Lire la suite

Le Bonhomme de neige

Perdu dans la poudreuse

Après Morse et La Taupe, après l’épouvante et l’espionnage, Tomas Alfredson s’attaque au thriller avec ces 120 – trop longues – minutes adaptées du roman éponyme de John Nesbø. Lorsque le détective d’une section d’élite enquête sur la disparition d’une victime lors des premières neiges de l’hiver, il craint qu’un serial killer recherché n’ait encore frappé. Avec l’aide d’une brillante recrue, il va tenter d’établir un lien entre des dizaines de cas non élucidés et la brutalité de ce dernier crime afin de mettre un terme à ce fléau, avant la tombée des prochaines neiges. Honnêtement, on ne comprend pas grand-chose au scénario fuligineux à souhait et qui nous perd rapidement entre congère et plaque de glace. Esthétiquement, c’est une splendeur, mais ça ne suffit pas à faire avaler les insuffisances du récit. Quand, dans un thriller, tu laisses les spectateurs sur le bord du chemin à force d’invraisemblance, tu peux te dire que ton film est raté… Et là, c’est le cas. Lire la suite

La Villa

L’heure des bilans

J’adore Robert Guédiguian et son cinéma. Cet homme-là ne déçoit jamais. Que ce soit avec Une Histoire de fou, Au fil d’Ariane, Les Neiges du Kilimandjaro, Marie-Jo et ses deux amours ou Marius et Jeannette, il sait nous emporter dans son petit monde méridional et nous faire partager son engagement et sa lutte permanente. Dans une calanque près de Marseille, au creux de l’hiver, Angèle, Joseph et Armand, se rassemblent autour de leur père vieillissant. C’est le moment pour eux de mesurer ce qu’ils ont conservé de l’idéal qu’il leur a transmis, du monde de fraternité qu’il avait bâti dans ce lieu magique, autour d’un restaurant ouvrier dont Armand, le fils ainé, continue de s’occuper. Lorsque de nouveaux arrivants venus de la mer vont bouleverser leurs réflexions… Une fois de plus ces 107 minutes de huis clos au soleil d’hiver de la calanque de Méjean, sont un pur instant de bonheur et de sensibilité. En 1989, Guediguian réalisait Dieu vomit les tièdes… croyez-moi, c’est toujours d’actualité. Lire la suite

12 Jours

L’impuissance

Quand j’écris le nom de Raymond Depardon, j’ai l’impression d’avoir déjà tout résumé. Ce type est un génie. Tant par le choix du sujet, son traitement ou la qualité de la réalisation, il ne nous déçoit jamais. Bien plus il nous passionne et nous fascine pendant 87 trop courtes minutes. Avant 12 jours, les personnes hospitalisées en psychiatrie sans leur consentement sont présentées en audience, d’un côté un juge, de l’autre un patient, entre eux naît un dialogue sur le sens du mot liberté et de la vie. Ce film tente de donner un point de vue universel et nouveau sur le problème complexe de la santé mentale. Des personnes vulnérables témoignent de leur histoire intime mais aussi à leur façon de l’histoire politique, sociale et morale de la France. Depardon et son équipe tente simplement de rester à l’écoute de restituer des moments, des paroles, des émotions. Il a filmé 72 audiences au cours du tournage au moyen de trois caméras : l’une pour le patient, l’autre pour le magistrat et une troisième pour un plan général. Ces axes de prise de vue permettent de donner une équidistance entre le patient et le magistrat, pour ne pas imposer un point de vue dominant et laisser le spectateur libre de se faire sa propre opinion. Au final, ce sont 10 patients que nous suivons au cours du documentaire. Tout simplement bouleversant.   Lire la suite