Archives de Tag: Mai 17

Venise sous la neige

Dîner de cons

Je n’ai pas vu la pièce de théâtre éponyme de Gilles Dyrek, écrite en 2010. Elle a été jouée au Théâtre Hébertot à Paris et maintenant librement adaptée par Elliott Covrigaru pour le cinéma. C’est un premier film… et c’est sans intérêt. Christophe, un dramaturge incompris, tente désespérément de financer sa nouvelle pièce que doit interpréter Patricia, sa compagne. Il cherche de l’aide auprès d’un ancien camarade sur le point de se marier, qui invite le couple à passer un weekend à la campagne. Mais Patricia, en froid avec Christophe, ne prononce pas un mot devant les futurs époux pour lesquels elle n’éprouve aucune sympathie. Son mutisme persuade ses hôtes un peu naïfs qu’elle est en réalité étrangère. Trop contente d’embarrasser Christophe, Patricia décide de jouer le jeu et s’invente une langue et un pays, la Chouvénie. Le couple y croit dur comme fer, ce qui donne au quiproquo des proportions de plus en plus délirantes. 80 minutes (seulement et heureusement) lourdingues et parfaitement inutiles.   Lire la suite

Little Boy

Le courage de croire

Un premier film original venu des Etats-Unis et signé Alejandro Monteverde. Ces 106 minutes mettant en scène un petit garçon qui pense avoir des pouvoirs magiques pour ramener son père de la guerre, peut être à la fois considéré comme un drame de guerre, une comédie tutoyant parfois le fantastique. Mais il s’agit également d’un film chrétien, traitant du pouvoir transformateur de la foi. C’est vous dire si ce premier essai ne manque pas d’ambition. Alors que son père vient de partir pour la Deuxième guerre mondiale, Pepper, petit garçon de huit ans, reste inconsolable. Avec la naïveté de son âge, il est prêt à tout pour faire revenir son père coûte que coûte… Un très joli conte familial sur l’imaginaire, la persévérance et l’acceptation de l’autre… un film qui fait du bien. Lire la suite

Une famille heureuse

Soif de liberté

Un film géorgien à l’affiche… on fonce. On n’a pas le droit de rater l’occasion de découvrir le cinéma d’ailleurs. Et reconnaissons que la comédie dramatique réalisée par Nana Ekvtimishvili et Simon Groß fait passer un très joli moment. Professeure dans un lycée de Tbilissi, Manana est mariée depuis 25 ans à Soso. Ensemble, ils partagent leur appartement avec les parents de Manana, leurs deux enfants et leur gendre. Une famille en apparence heureuse et soudée jusqu’à ce qu’à la surprise de tous, Manana annonce au soir de son 52e anniversaire sa décision de quitter le domicile conjugal pour s’installer seule. 120 minutes d’authentique bonheur au cinéma avec une troupe d’acteurs rares. Un moment à saisir aussi beau que dévastateur. Lire la suite

Message from the King

Black is black

C’est la ville de Los Angeles superbement filmée qui est la vedette de ce polar plus que noir réalisée par un spécialiste du genre, le belge Fabrice du Welz. Classique ? Vous avez dit classique ? Le pitch d’abord : En provenance de Cape Town, Jacob King débarque à Los Angeles à la recherche de sa sœur disparue. Avec un billet retour pour l’Afrique du Sud sept jours plus tard, et 600 dollars en poche. Au bout de 24 heures, il découvre que sa sœur est morte dans des circonstances étranges… 102 minutes d’une réelle efficacité, violence, sexe, drogue, prostitution sont au rendez-vous de ce polar ni pire ni meilleur que beaucoup d’autres. Du film de genre bien joué et bien filmé. Un bon moment mais qu’on oublie vite. Lire la suite

Grosse fatigue

Le tourbillon des nouvelles têtes

On ne sait plus où donner de la plume et du crayon. Comme prévu, les nouveaux noms – et les nouvelles tronches font leurs apparitions sur le devant de la scène médiatique. A chaque jour sa déclaration, sa tentative de coup fourré, sa petite affaire qui se voudrait juteuse… bref le train-train de la vie politique hexagonale en campagne électorale permanente. Toutenmacron, en spécialiste du slalom, semble éviter allègrement, pour l’instant, les chausse-trappes qui se dressent sur son chemin de président «  jupitérien » comme certains le qualifient maintenant. Est-ce vraiment un compliment ? En tout cas, ça nous change du Président normal !

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Problemos

D’où le titre…

Le premier des problèmes c’est Eric Judor lui-même. Sa navrante filmographie est là pour attester de son absence de talent que ce soit comme acteur ou comme scénariste. Avec ces 85 minutes il revient avec la triple casquette de réalisateur/scénariste/acteur. Jeanne et Victor sont deux jeunes Parisiens de retour de vacances. En chemin, ils font une halte pour saluer leur ami Jean-Paul, sur la prairie où sa communauté a élu résidence. Le groupe lutte contre la construction d’un parc aquatique sur la dernière zone humide de la région, et plus généralement contre la société moderne, la grande Babylone. Séduits par une communauté qui prône le « vivre autrement », où l’individualisme, la technologie et les distinctions de genre sont abolis, Jeanne et Victor acceptent l’invitation qui leur est faite de rester quelques jours. Lorsqu’un beau matin la barrière de CRS qui leur fait face a disparu… la Communauté pense l’avoir emporté sur le monde moderne. Mais le plaisir est de courte durée…à l’exception de leur campement, la population terrestre a été décimée par une terrible pandémie. Ce qui fait du groupe les derniers survivants du monde. Va-t-il falloir se trouver de nouveaux ennemis pour survivre ? Une chose est certaine, le spectateur a du mal à s’en remettre, même si cette fois, je me contenterai d’utiliser l’adjectif « poussif » pour qualifier cette comédie ni faite ni à faire. Lire la suite

Le chanteur de Gaza

Enchanteur

Après six ans d’études en Hollande, Hany Abu-Assad officie en tant qu’assistant réalisateur. Au début des années 90, il retourne dans sa Palestine natale pour travailler sur un documentaire à destination de la télévision anglaise. En 2001, il signe Le Mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem, son premier long métrage, présenté à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes. En 2005, le cinéaste présente une œuvre controversée avec Paradise Now, un sujet sensible où deux Palestiniens s’apprêtent à commettre un attentat-suicide à Tel Aviv. Avec ce film, Abu-Assad obtient de multiples récompenses comme le Golden Globe du Meilleur Film Etranger, le Prix du Meilleur Film Européen à la Berlinale et le Prix Amnesty International du Meilleur Film. Deux ans plus tard, il révèle son dernier film, Omar, au Festival de Cannes 2013 dans la catégorie Un Certain Regard où il reçoit le Prix du Jury. Tout ce long préambule pour présenter le réalisateur palestinien qui, comme vous pouvez le constater, n’a rien d’un inconnu ou d’un débutant. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avant de nous proposer ces  95 minutes de biopic, Hany Abu-Assad avait fait ses preuves. Le sujet est on ne peut plus simple : Un jeune Palestinien prend son destin en main pour réaliser son plus grand rêve : chanter. Un film bouleversant qui nous fait pénétrer dans le quotidien des habitants de Gaza. A lui seul, cet aspect documentaire vaut le détour. Portée par l’optimisme, la foi, l’amour de la musique voilà une belle leçon de courage et de volonté. Lire la suite