Venise sous la neige

Dîner de cons

Je n’ai pas vu la pièce de théâtre éponyme de Gilles Dyrek, écrite en 2010. Elle a été jouée au Théâtre Hébertot à Paris et maintenant librement adaptée par Elliott Covrigaru pour le cinéma. C’est un premier film… et c’est sans intérêt. Christophe, un dramaturge incompris, tente désespérément de financer sa nouvelle pièce que doit interpréter Patricia, sa compagne. Il cherche de l’aide auprès d’un ancien camarade sur le point de se marier, qui invite le couple à passer un weekend à la campagne. Mais Patricia, en froid avec Christophe, ne prononce pas un mot devant les futurs époux pour lesquels elle n’éprouve aucune sympathie. Son mutisme persuade ses hôtes un peu naïfs qu’elle est en réalité étrangère. Trop contente d’embarrasser Christophe, Patricia décide de jouer le jeu et s’invente une langue et un pays, la Chouvénie. Le couple y croit dur comme fer, ce qui donne au quiproquo des proportions de plus en plus délirantes. 80 minutes (seulement et heureusement) lourdingues et parfaitement inutiles.  

A un moment l’écueil du « théâtre filmé » n’a été évité. C’est frontal, sans subtilité et surjoué jusqu’à la nausée. Ça se veut grinçant, c’est seulement méchant et caricatural. Ça se veut drôle, c’est surtout très poussif. Ça se veut plein d’humour, ce n’est que vulgaire. Ça se veut original, et on a droit à un chapelet de quiproquos plus invraisemblables les uns que les autres et quelques ellipses maladroites – ou alors ce sont des erreurs de script ??? – n’arrangent rien. Réunir quatre personnages plus insupportables les uns que les autres ne fait pas forcément une comédie vacharde. Ici, il y a peu d’idées, peu ou pas de psychologie ou de profondeur dans le quatuor de cette soirée dont on n’a qu’une envie c’est qu’elle se termine le plus rapidement possible. C’est du boulevard éculé qui, une fois porté à l’écran, devient un imaginable pensum. Un premier film et un ratage complet.

Côté casting, on aimerait avoir quelque indulgence pour Élodie Fontan, Arthur Jugnot, Juliette Arnaud et Olivier Sitruk… hélas ! Et ce n’est pas l’apparition de Franck de la Personne, en édile réac et raciste – tiens, tiens ! Décidément, il n’y a pas de hasard – qui arrange quoi que ce soit. N’est pas Yasmina Reza et Roman Polanski qui veut. Voilà un « dîner de cons » auquel j’aurais préféré ne pas être convié.   

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