Une famille heureuse

Soif de liberté

Un film géorgien à l’affiche… on fonce. On n’a pas le droit de rater l’occasion de découvrir le cinéma d’ailleurs. Et reconnaissons que la comédie dramatique réalisée par Nana Ekvtimishvili et Simon Groß fait passer un très joli moment. Professeure dans un lycée de Tbilissi, Manana est mariée depuis 25 ans à Soso. Ensemble, ils partagent leur appartement avec les parents de Manana, leurs deux enfants et leur gendre. Une famille en apparence heureuse et soudée jusqu’à ce qu’à la surprise de tous, Manana annonce au soir de son 52e anniversaire sa décision de quitter le domicile conjugal pour s’installer seule. 120 minutes d’authentique bonheur au cinéma avec une troupe d’acteurs rares. Un moment à saisir aussi beau que dévastateur.

C’est donc le second film de ce duo de cinéastes après Eka et Natia, chronique d’une jeunesse géorgienne, sorti en 2013, qui avait été nommé pour l’Oscar du meilleur film étranger. Celui-ci a fait le tour de festivals comme Sundance, Berlin ou Sofia, où il a remporté le Prix des meilleurs réalisateurs. La sublime photographie est due Tudor Vladimir Panduru, qui avait notamment signé la lumière de Baccalauréat, Prix de la mise en scène à Cannes en 2016. Ce portrait de femme est d’abord l’occasion de dénoncer une société patriarcale en pleine mutation. L’histoire de cette femme qui rompt avec la famille traditionnelle et refuse de se laisser dicter ses choix par les convenances ou la morale grégaire, se déroule dans la douceur et la sobriété, ce qui ne constitue pas la moindre des surprises de ces 2 heures de cinéma intimiste, sensible et juste.  

Ce film est aussi, pour nous, l’occasion de découvrir une actrice incroyable, La Shugliashvili, que j’avoue ne pas connaître, mais qui a su, tout à la fois, me faire rire et me bouleverser. A ses côtés les Lika Babluani, Merab Ninidze, Berta Khapava, Mariam Bokeria, sont tout aussi formidables. La banalité apparente de ce film est sans doute sa principale force. Ici, pas d’excès, pas d’éclats de voix, pas de tragédie, mais simplement le témoignage touchant d’une aspiration féminine universelle à cultiver son jardin. A déguster sans modération.  

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