Alien : Covenant

Superbement glauque

A l’origine, le nouveau film de Ridley Scott s’intitulait Alien : Paradise Lost. Et on y revient aux prémices de l’histoire de la plus célèbre et la plus effrayante des créatures extraterrestres. Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper. C’est toujours aussi efficace et brillant. Mais, heureusement, chaque film de la saga peut se regarder indépendamment, car il faut reconnaître que la chronologie des épisodes est à la limite du compréhensible. Quand vous saurez que cette histoire se situe après Prométheus, mais qu’en vérité, on nous prépare un film qui viendrait s’intercaler entre les deux sous le titre de Alien : Awakening… on se dit pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Ces 122 minutes sont complexes à souhait, on est loin de tout comprendre, et la dimension transhumaniste comme la réflexion sur les origines laissent un tantinet pantois. Alors, on se contente de se laisser prendre par l’aventure, la réalisation virtuose, la musique de Jed Kurzel, la photo de Dariusz Wolsky, les costumes, les décors… et la performance du casting.

Fruit d’un long travail  de six mois, la création de la tête du Néomorphe renvoie aux trucages du premier Alien. Son utilisation pour le représenter adulte tend à confirmer que le tout-numérique, dans lequel Hollywood baignait encore à l’époque de Prometheus, n’est plus un passage obligé pour les blockbusters. Ridley Scott et son équipe avaient la volonté d’utiliser le plus possible des effets spéciaux traditionnels et ne pas trop recourir au numérique. Ces Aliens sont le résultat de l’écosystème (qui a muté à cause du liquide noir nous dit-on ???) de la planète sur laquelle se trouve l’équipage du Covenant. Contrairement aux autres volets d’Alien où la vilaine bêbête entre dans le corps humain via un facehugger, des spores causent ici le développement du Néomorphe à l’intérieur du corps de l’hôte. Ces spores sont contenues dans des gousses sur les arbres ; elles se relâchent quand elles sont dérangées et entrent par les narines ou les oreilles. Enfin, la créature sort du corps de l’hôte par le dos et non plus par la poitrine, comme dans les épisodes précédents. Comme vous le voyez, rien n’est simple dans l’univers des monstres venus d’ailleurs. Il y a une idée scénaristique et un éclair de génie visuel à la minute. C’est étourdissant même si ça sent le réchauffé… un tour de force.   

Les noms pressentis pour les rôles principaux sont légion. Mais, à part Michael Fassbender, tout simplement fabuleux dans un double rôle, qui reprend son emploi de robot, tous les autres sont de nouveaux venus dans la saga. Pour Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny Mc Bride, Demian Bichir, Carmen Ejogo, Jussie Smolett, Callie Hernandez, rien à dire de plus. Ils font le boulot et meurent les uns après les autres avec application. Mais, à 79 ans, (et plus de 40 ans de cinéma) le grand Ridley Scott s’amuse toujours autant à nous raconter des histoires. Ce nouvel opus fait passer le récent Life : origine inconnue pour une aimable bluette. C’est bordélique à souhait, souvent incompréhensible, mais on se régale… Allez comprendre !

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