Le chanteur de Gaza

Enchanteur

Après six ans d’études en Hollande, Hany Abu-Assad officie en tant qu’assistant réalisateur. Au début des années 90, il retourne dans sa Palestine natale pour travailler sur un documentaire à destination de la télévision anglaise. En 2001, il signe Le Mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem, son premier long métrage, présenté à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes. En 2005, le cinéaste présente une œuvre controversée avec Paradise Now, un sujet sensible où deux Palestiniens s’apprêtent à commettre un attentat-suicide à Tel Aviv. Avec ce film, Abu-Assad obtient de multiples récompenses comme le Golden Globe du Meilleur Film Etranger, le Prix du Meilleur Film Européen à la Berlinale et le Prix Amnesty International du Meilleur Film. Deux ans plus tard, il révèle son dernier film, Omar, au Festival de Cannes 2013 dans la catégorie Un Certain Regard où il reçoit le Prix du Jury. Tout ce long préambule pour présenter le réalisateur palestinien qui, comme vous pouvez le constater, n’a rien d’un inconnu ou d’un débutant. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avant de nous proposer ces  95 minutes de biopic, Hany Abu-Assad avait fait ses preuves. Le sujet est on ne peut plus simple : Un jeune Palestinien prend son destin en main pour réaliser son plus grand rêve : chanter. Un film bouleversant qui nous fait pénétrer dans le quotidien des habitants de Gaza. A lui seul, cet aspect documentaire vaut le détour. Portée par l’optimisme, la foi, l’amour de la musique voilà une belle leçon de courage et de volonté.

Le film est tiré de l’histoire vraie de Mohamed Assaf, un habitant de Gaza ayant remporté l’émission de télé Arab Idol, devenant la fierté de la ville meurtrie palestinienne. Il s’agit du premier film tourné dans la bande de Gaza depuis plus de 20 ans. Hany Abu-Assad était limité à deux jours de tournage par les autorités israéliennes. Les extérieurs sont donc principalement tournés à Gaza tandis que les intérieurs ont été filmés en Cisjordanie. Même si l’histoire est rigoureusement authentique, le film laisse une large place à l’émotion et sait nous faire comprendre la valeur symbolique que revêt le chant, pour un peuple qui peine à faire entendre sa voix. Malgré quelques maladresses et quelques lourdeurs, le film est porté par la magie enchanteresse du grain de voix de son protagoniste et par l’intensité de son désir de s’envoler au firmament, désir qui s’apparente à un instinct de survie, comme seule échappatoire possible à cette prison à ciel ouvert qu’est devenu la bande de Gaza. Un long parcours initiatique poignant et édifiant.

Tawfeek Barhom campe magnifiquement ce jeune homme impressionnant de dignité devenu l’idole de tout un peuple sans pays malgré lui. Mais je voudrais citer les deux enfants, Kais Attalah et Hiba Attalah, qui campent le héros et sa sœur jeunes : ils sont formidables. Plus qu’une simple success story, un témoignage qui sait émouvoir sans verser dans le pathos facile. Plusieurs raisons de voir ce biopic pas comme les autres.  

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