Archives de Tag: septembre 2011

Melancholia

La fin du monde et les deux sœurs

Les cinq premières minutes du film réalisé par Lars von Trier sont époustouflantes. Esotériques certes, mais époustouflantes. Soutenues par les accents déchirants du Tristan et Isolde de Wagner, les images se succèdent dans un ralenti maximum, avec des couleurs et des cadrages très travaillés et recherchés. Tout cela pour nous résumer, comme le fait une ouverture d’opéra, toutes les thématiques du film qui va suivre maintenant pendant plus de deux heures. Puis retour en arrière pour assister à un mariage très chic dans une superbe demeure. Lire la suite

L’Apollonide – souvenirs de la maison close

Chronique feutrée

Ce huis-clos réalisé par Bertrand Bonello nous transporte au début du XXème siècle, à Paris… ou ailleurs, dans ce qu’on appelait un claque, une maison de tolérance, un bordel. Mais cette maison close n’a rien d’un bordel. Tout y est réglé, mis en scène avec soin. Les filles sont belles, le décor luxueux, l’hygiène scrupuleuse, le champagne de qualité, les clients fortunés, la tenancière honnête, gentille mais ferme avec ses filles et pourtant… La souffrance, le désespoir, l’humiliation sont omniprésents, tout pourrait  être sordide mais les personnages féminins sont sauvés l’amour, la générosité et la solidarité. Lire la suite

Pure

« Le courage est l’unique mesure de la vie »

Ne nous refusons rien et citons Kierkegaard… Cinéma suédois oblige ! Katerina découvre par hasard à 20 ans, sur une vidéo YouTube la musique en général et celle de Mozart  en particulier et tombe immédiatement sous le charme. A partir de là tout change pour elle et sa vie en est bouleversée. Elle veut s’arracher au monde médiocre de la banlieue, des amours sans lendemain, de son petit ami trop prévisible, des cafétérias estudiantines et de sa mère perturbée et envahissante. Elle veut atteindre la pureté et la perfection à travers sa nouvelle passion, la musique. Elle va donc réussir à se faire engager comme réceptionniste dans la salle de concert de sa ville, Göteborg, et va toucher son rêve du doigt et pense même y avoir rencontrer l’Amour… avec un A majuscule. Hélas… Lire la suite

La guerre est déclarée

L’hymne à la vie

Voici donc encore un film consacré à la maladie. Ici il s’agit d’une grave tumeur au cerveau chez un enfant d’un an et demi. On peut toujours craindre le pire quand on entend ce genre de sujet. Va-t-on plonger dans le mélo tire-larmes, dans le pathos grandiloquent, bref dans la facilité… ? Eh bien non ! Le film réalisé par Valérie Donzelli évite tous ces écueils étant même qualifié de « comédie dramatique ». Basée sur des faits réels, l’histoire racontée ici pendant 1h40 ne pouvait que nous émouvoir mais, en vérité, elle fait beaucoup plus. Lire la suite

We need to talk about Kevin

Tragedy in red

Réalisé par Lynne Ramsay, ce drame d’1h50 nous tient en haleine de la première à la dernière image. Etrange, dérangeant, angoissant, terrifiant, magistral, … on ne sait plus comment qualifier un des grands films de cette année 2011, qui n’en a pourtant pas manqué. La question posée dans ce film est terrible : « Comment faire pour une mère, quand elle s’aperçoit qu’elle a engendré un enfant pervers, violent, dangereux ? Comment faire lorsqu’elle est la seule à comprendre la vraie nature de son fils ? Enfin, quelle est sa part de culpabilité quand l’irréparable va se produire ? » C’est à cette longue introspection maternelle, justifiant l’utilisation quasi systématique des flash-back, que nous assistons durant ce chef-d’œuvre du cinéma d’angoisse psychologique. Lire la suite

Identité secrète

Classique, efficace, mais…

Que faire quand on découvre que (je cite le scénario officiel) : « Ses parents ne sont pas les siens, sa vie n’est qu’un mensonge soigneusement fabriqué pour cacher une vérité aussi mystérieuse que dangereuse… » Voilà le point de départ de l’histoire du héros qui pendant 1h 40 va être poursuivi par tueurs et agents gouvernementaux. John Singleton réussit ici un thriller, avec certes un goût de déjà vu, mais ne boudons pas notre plaisir. On passe un bon moment, c’est déjà ça !

Efficace, carré, rondement mené et parfois émouvant, le film n’échappe pas aux écueils du genre. En particulier l’invraisemblance du scénario et, comme le public visé est celui des ados, une distribution dans l’air du temps avec Taylor Lautner et Lily Collins, mignons et touchants tous les deux, mais pas encore des acteurs de haute volée, (c’est une litote). Reste que le rythme effréné du film nous emporte à travers un Pittsburg très bien photographié, pour des rebondissements en tout genre. Rien de nouveau dans tout cela, mais une production ni pire ni meilleure que beaucoup d’autres. A voir à la rigueur !

Mineurs 27

Attention navet !

Au palmarès de l’année, Tristan Aurouet  signe ici un naveton qui mérite allègrement le podium. Il a pourtant tout réuni pour faire dans le genre thriller traditionnel : bande organisée, voleurs de voitures, pédophiles, meurtre, policier véreux, politicien corrompu, scènes de sexe avec blonde pulpeuse… tout, je vous dis, tout y est. Mais voilà ça ne marche pas !

En vérité, le metteur en scène passe son temps à nous prouver qu’il a du style et qu’il sait manier une caméra. Au point qu’il en oublie de nous raconter une histoire crédible et de diriger ses acteurs. Passe encore pour Jean-Hugues Anglade qui a du talent et du métier. Mais que dire de Nassim Si Ahmed, parfaitement inexpressif, tout comme Finnegan Oldfield, transparent, et Marie-Ange Casta qui n’est que belle…  Scénario inutilement alambiqué + acteurs livrés à eux même + mise en scène chichiteuse = ennui assuré ! A éviter de toute urgence, car à la limite du supportable !