Archives de Tag: Septembre 15

Un début prometteur

On badine avec l’amour

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Emma Luchini (fille de Fabrice), pour son second long-métrage, adapte ici le roman de Nicolas Rey (son compagnon). Martin, désabusé pour avoir trop aimé et trop vécu, retourne chez son père, un horticulteur romantique en fin de course. Il y retrouve Gabriel, son jeune frère de 16 ans, exalté et idéaliste, qu’il va tenter de dégoûter de l’amour, sans relâche. Mais c’est sans compter Mathilde, jeune femme flamboyante et joueuse, qui va bousculer tous leurs repères. Voilà une jolie farce désenchantée sur le droit d’être heureux, au ton très original, qui sait éviter tous les poncifs et les clichés, sans aucune mièvrerie, ni vulgarité. Emma Luchini a su trouver le ton juste pour nous raconter une histoire aussi extravagante qu’attachante. Une vraie belle surprise.  Lire la suite

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Maryland

Aussi fort que déconcertant

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En cet automne 2015, le cinéma français est en grande forme. Et ce n’est pas l’étonnant thriller signé par Alice Winocour (son deuxième film, après le très exigeant Augustine en 2012) qui me fera changer d’avis. En se lançant dans un genre qui réussit rarement au 7ème Art hexagonal, elle prouve un vrai savoir faire, un réel talent pour le récit et la direction d’acteurs. De retour du combat, Vincent, victime de troubles de stress post-traumatique, est chargé d’assurer la sécurité de Jessie, la femme d’un riche homme d’affaires libanais, dans sa propriété « Maryland ».Tandis qu’il éprouve une étrange fascination pour la femme qu’il doit protéger, Vincent est sujet à des angoisses et des hallucinations. Malgré le calme apparent qui règne sur « Maryland », Vincent perçoit une menace extérieure… Un scénario original, un huis-clos étouffant, et des acteurs au top… très bon ! Lire la suite

Les deux amis

Les Pieds-Nickelés amoureux

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Le premier long métrage de Louis Garrel est de toute évidence une adaptation libre et contemporaine des Les Caprices de Marianne d’Alfred de Musset. En l’occurrence, il a cosigné le scénario et les dialogues avec Christophe Honoré (Les Chansons d’amour, La belle personne). Clément, figurant de cinéma, est fou amoureux de Mona, vendeuse dans une sandwicherie de la gare du Nord. Mais Mona a un secret, qui la rend insaisissable. Quand Clément désespère d’obtenir ses faveurs, son seul et meilleur ami, Abel, vient l’aider. Ensemble, les deux amis se lancent dans la conquête de Mona. Entre film romantique et comédie populaire, ces 90 minutes sont une pleine réussite pleine de charme, de loufoquerie et de tendresse. Très joli premier essai. Lire la suite

Boomerang

Mémoire enfouie


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Adaptation d’un roman à succès de Tatiana De Rosnay, François Favrat nous offre 100 minutes entre chronique familiale et thriller parfaitement respectables et maîtrisée et qui valent vraiment d’être vues. Boomerang : nom masculin, arme de jet capable en tournant sur elle-même de revenir à son point de départ… En revenant avec sa sœur Agathe sur l’île de Noirmoutier, berceau de leur enfance, Antoine ne soupçonnait pas combien le passé, tel un boomerang, se rappellerait à son souvenir. Secrets, non-dits, mensonges : et si toute l’histoire de cette famille était en fait à réécrire ? Face à la disparition mystérieuse de sa mère, un père adepte du silence et une sœur qui ne veut rien voir, une inconnue séduisante va heureusement bousculer la vie d’Antoine.  Suspense bien mené, ambiance hitchkockienne, on se laisse prendre volontiers d’autant que l’interprétation est au top. Lire la suite

Le mensonge et l’oubli

Dégoûts et des douleurs

 

C’est ballot non ?! On a oublié la Journée Mondiale de la maladie d’Alzheimer ! Bon, on a des excuses, il y a actuellement 409 journées mondiales répertoriées dans le monde ??? Il faut dire que celle maladie qui touche la plupart de nos hommes politiques, qui pratiquent avec obstination l’oubli sélectif, voit sa journée coincée entre la Journée mondiale de sensibilisation au syndrome d’alcoolisation fœtale (sic) et celle consacrée aux programmeurs et développeurs… ça ne s’invente pas. C’est vous dire ! Mais quand on sait qu’il existe une Journée Mondiale de l’œuf, du tricot, de l’urticaire  et même de l’orgasme ! Alors…211OUBLI

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La face cachée de Margo

Jeu de pistes

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Ce film est l’adaptation cinématographique du roman pour jeunes adultes Paper towns de John Green (à qui l’on doit également Nos étoiles contraires) paru en octobre 2008. C’est Jake Schreier (auquel on doit le sympathique Robot and Franck en 2012) qui a réalisé cette comédie romantique sympathique qui ne révolutionnera pas le genre du film pour préado. L’histoire de Quentin et de Margo, sa voisine énigmatique, qui aimait tant les mystères qu’elle en est devenue un. Après l’avoir entraîné avec elle toute la nuit dans une expédition vengeresse à travers leur ville, Margo disparaît subitement – laissant derrière elle des indices qu’il devra déchiffrer. Sa recherche entraîne Quentin et sa bande de copains dans une aventure exaltante à la fois drôle et émouvante. Pour trouver Margo, Quentin va devoir découvrir le vrai sens de l’amitié… et de l’amour. Sans doute n’ai-je plus, et depuis longtemps, l’âge de la cible visée par ces 113 minutes qui, certes, n’ennuient pas mais ne passionnent pas non plus, sauf son public bien spécifique. Du vrai cinéma pop-corn ! Lire la suite

La Isla Minima

Glauque Andalousie

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Je ne connaissais pas Alberto Rodriguez avant d’avoir vu ce film dont il est aussi le scénariste. Je savais seulement qu’il avait reçu 10 Goyas (équivalent espagnol des Césars). Et je ne dirai qu’une seule chose : il les mérite ! Er comment ! Deux flics que tout oppose, dans l’Espagne post-franquiste des années 1980, sont envoyés dans une petite ville d’Andalousie  pour enquêter sur l’assassinat sauvage de deux adolescentes pendant les fêtes locales. Au cœur des marécages de cette région encore ancrée dans le passé, parfois jusqu’à l’absurde et où règne la loi du silence,  ils vont devoir surmonter leurs différences pour démasquer le tueur. 104 minutes de haute tension à la réalisation parfaite (à commencer par un superbe générique digne d’Arthus-Bertrand) et à l’interprétation irréprochable. Un des polars de l’année. Lire la suite