Archives de Tag: sept 16

La danseuse

Histoire d’une injustice

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Pour un premier film, c’est un coup de maître. Car Stéphanie Di Giusto, qui a écrit et réalisé ce drame, s’est montrée sacrément ambitieuse tant sur la forme que sur le fond. Loïe Fuller est née dans le grand ouest américain. Rien ne destine cette fille de ferme à devenir la gloire des cabarets parisiens de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Cachée sous des mètres de soie, les bras prolongés de longues baguettes en bois, Loïe réinvente son corps sur scène et émerveille chaque soir un peu plus. Même si les efforts physiques doivent lui briser le dos, même si la puissance des éclairages doit lui brûler les yeux, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter la chute de cette icône du début du 20ème siècle. 112 minutes éblouissantes dans ce faux biopic, – beaucoup de libertés ont été prises avec la réalité – porté par un casting absolument formidable, où le romanesque l’emporte totalement sur l’historique.   Lire la suite

Radin

Histoire d’une solitude

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Après avoir réalisé plusieurs thrillers d’action (Pour elle, A bout portant et Mea Culpa), le cinéaste Fred Cavayé met en scène sa première comédie. Et franchement, j’y suis allé à reculons, même si j’apprécie à la fois le réalisateur et la tête d’affiche. Qu’est-ce que vous voulez, j’ai la faiblesse de tenir Dany Boon pour un bon comédien que l’on cantonne toujours dans le même registre. Et j’ai raison ! François Gautier est radin ! Economiser le met en joie, payer lui provoque des suées. Sa vie est réglée dans l’unique but de ne jamais rien dépenser. Une vie qui va basculer en une seule journée : il tombe amoureux et découvre qu’il a une fille dont il ignorait l’existence. Obligé de mentir afin de cacher son terrible défaut, ce sera pour François le début des problèmes. Car mentir peut parfois coûter cher. Très cher… Honnêtement, sans doute parce que je n’attendais rien de ces 90 minutes, j’ai été très agréablement surpris. Ce n’est pas la comédie de l’année, certes non, ce n’est pas un chef d’œuvre, encore moins, mais j’ai passé un bon moment avec beaucoup de surprises à la clé. Lire la suite

Brooklyn Village

Les inséparables

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Encore une fois, le titre original, Little Men, était bien plus parlant que celui choisi par le distributeur français, pour ce drame écrit et réalisé par Ira Sachs. De toute évidence ce n’est pas un perdreau de l’année, car, à 50 ans, il a déjà réalisé pas mal de films que j’avoue humblement ne pas connaître. En tout cas ces 85 minutes m’ont convaincu qu’il faudrait sans doute voir les précédents. Une famille de Manhattan hérite d’une maison à Brooklyn, dont le rez-de-chaussée est occupé par la boutique de Leonor, une couturière latino-américaine. Les relations sont d’abord très cordiales, notamment grâce à l’insouciante amitié qui se noue entre Tony et Jake, les enfants des deux foyers. Mais le loyer de la boutique s’avère bien inférieur aux besoins des nouveaux arrivants. Les discussions d’adultes vont bientôt perturber la complicité entre voisins. Un film sur l’enfance, mais avec la perspective d’un adulte, parfaitement touchant, subtil et d’une justesse rare. A découvrir cette perle du cinéma « indé » américain.   Lire la suite

Sarko dans le texte

Cherche traducteur, urgent !

Gugusse 1er en meeting, c’est toujours un régal. D’abord il y déclare systématiquement tout et son contraire, puisqu’il adapte son discours au public qui est devant lui. Et surtout, il jalonne ses prestations à la tribune de perles de plus en plus incompréhensibles. Voici la petite dernière : Je veux redire l’amour de la France à ceux qui sont nés du plus beau des droits d’être Français, le droit de la volonté et de la fidélité au drapeau ??? Alors j’ai fouillé un peu dans les archives où l’on peut trouver, par exemple, cette phrase (fautes de français comprises) pour le moins sibylline : Je voudrais leur dire qu’on a reçu le coup de pied au derrière, mais c’est pas parce que vous renversez la table que vous descendez de la voiture dont vous abstenez de choisir le chauffeur. Re ???. Une autre métaphore pour illustrer les possibilités d’accords avec le PS avant le second tour : Ce n’est pas comme ça que ça se passe, c’est pas « passe-moi la salade, je t’envoie la rhubarbe »

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Divines

Super nanas

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105 minutes de pur bonheur que ce drame écrit et réalisé par Houda Benyamina. Premier film et un coup de maître qui est revenu de Cannes avec la Caméra d’Or et une Mention Spéciale à la Quinzaine des réalisateurs…  Rien que ça !  Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien. J’avoue que je n’étais pas très chaud à l’idée de voir ce film malgré tout le bien qui en était dit. Un « film de banlieue » de plus ? Oui, mais sa grande force est d’être un film engagé mais pas révolté. Et puis découvrir une nouvelle actrice du talent de Oulaya Amamra reste toujours incontournable. Lire la suite

Cézanne et moi

Beaucoup d’ombres au tableau

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Ils s’aimaient comme on aime à treize ans : révoltes, curiosité, espoirs, doutes, filles, rêves de gloires, ils partageaient tout. Paul est riche. Emile est pauvre. Ils quittent Aix, « montent » à Paris, pénètrent dans l’intimité de ceux de Montmartre et des Batignolles. Tous hantent les mêmes lieux, dorment avec les mêmes femmes, crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, se baignent nus, crèvent de faim puis mangent trop, boivent de l’absinthe, dessinent le jour des modèles qu’ils caressent la nuit, font trente heures de train pour un coucher de soleil… Aujourd’hui Paul est peintre. Emile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Emile lui a tout : la renommée, l’argent une femme parfaite que Paul a aimé avant lui. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer. Eh ben voilà… tout est dit sur ce curieux film de Danièle Thompson qui tient à la fois du drame romantique, du biopic et du film historique. Un mélange peut-être pas assez assumé et qui donne 114 minutes trop hésitantes malgré la splendeur des images et deux excellents comédiens. Lire la suite

Still Alice

Inoubliable Julianne

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Séance de rattrapage pour ce drame discret signé par Richard Glatzer et Wash Westmoreland et qui était sorti sur nos écrans en mars 2015. Mariée, heureuse et mère de trois grands enfants, Alice Howland est un professeur de linguistique renommé. Mais lorsqu’elle commence à oublier ses mots et qu’on lui diagnostique les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, les liens entre Alice et sa famille sont mis à rude épreuve. Effrayant, bouleversant, son combat pour rester elle-même est une magnifique source d’inspiration. Bien que ces 100 minutes émeuvent aux larmes, scénario et mise en scène savent éviter le pathos, en épargnant aux spectateurs les adieux mélo de l’héroïne à ses proches ou les symptômes physiques les plus trash de sa pathologie. C’est là le grand point fort de ce drame intimiste avec, évidemment, son interprète principale… inoubliable. Lire la suite