Archives de Tag: novembre 12

Mauvaise fille

Mauvaise mère

 

mauvaise-fille-2012-7-gInspirée du roman autobiographique de Justine Levy qui a cosigné le scénario avec Patrick Mille, cette comédie dramatique est somme toute un assez bon moment. Plutôt une heureuse surprise. Décidément l’ombre de la mort envahit de nouveau les productions françaises, car après Quelques heures de printemps ou Comme des frères voici Mauvaise fille. A chaque fois la maladie et la fin tragique servent de sujet ou de toile de fond. Certes, on va du drame à la comédie en passant ici par la comédie dramatique. Pour un premier film, le résultat est parfaitement honorable avec une solide réalisation et un casting inattendu et néanmoins excellent. Lire la suite

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Cliquetis kitsch

Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père qui tient le bazar d’un petit village normand. Vous avez déjà compris que la jeune femme ne veut pas de cette vie. Comment va-t-elle y échapper ? Là est toute la question… et l’originalité du scénario du film réalisé par Regis Roinsard. Pour son premier long-métrage, il a choisi comme sujet le « sport » de la vitesse dactylographique. Ça a au moins le mérite de la nouveauté. Ça nous change du baseball ou du foot. Mais là n’est pas le seul mérite du film, car si le scénario de la bluette ne surprend pas beaucoup, le film est un petit bijou frais et réjouissant avec une troupe d’acteurs au top. Lire la suite

Les Invisibles

Comme ils disent…

Près de deux heures de bonheur à passer en compagnie d’ hommes et de femmes, nés dans l’entre-deux-guerres. Ils n’ont aucun point commun sinon d’être homosexuels et d’avoir choisi de le vivre au grand jour, à une époque où la société les rejetait. Ils ont aimé, lutté, désiré, fait l’amour.
Aujourd’hui, ils racontent…Et c’est passionnant, drôle et touchant à la fois. Sébastien Lifshitz a choisi de rendre un hommage, sans victimisation, à la communauté homosexuelle à travers les témoignages de personnes de pus de 70 ans, c’est-à-dire une tranche d’âge à laquelle on donne peu la parole. Et c’est là l’originalité de ce documentaire qui nous fait comprendre par petites touches le changement significatif dans l’affirmation de la sexualité entre l’avant et l’après Mai 68. Lire la suite

Comme des frères

Puzzle des sentiments

Depuis que Charlie n’est plus là, la vie de Boris, Elie et Maxime a volé en éclats. Ces trois hommes que tout sépare avaient pour Charlie un amour singulier. Elle était leur sœur, la femme de leur vie ou leur pote, c’était selon. Sauf que Charlie est morte et… Pour son premier film, Hugo Gélin a décidé de traiter par la comédie ce sujet qui aurait pu être grave. Chacun appréciera ou non ce choix délibéré. On peut simplement dire que pour une première, c’est plutôt réussi, même si les maladresses ne manquent pas et également un certain nombre de conventions qui nuisent à un film qui aurait du être beaucoup plus fou, beaucoup plus débridé. Lire la suite

Les lignes de Wellington

Road-movie guerrier

En septembre 1810, les troupes napoléoniennes, emmenées par le Maréchal Masséna, envahissent le Portugal. Lors de la bataille de Buçaco, Masséna est défait. Pour autant, Portugais et Britanniques, sous le commandement du Général Wellington, battent en retraite. Wellington espère ainsi attirer l’ennemi à Torres Vedras, où il a fait bâtir des lignes de fortifications infranchissables. Cette stratégie, couplée à une opération de terre brûlée, plonge les populations civiles dans l’exode. Raùl Ruiz était à l’origine du projet et avait commencé largement le travail sur le scénario et les repérages. Après sa disparition, c’est sa veuve, Valeria Sarmiento, qui a décidé de réaliser ce film historique. Le double intérêt de cette coproduction franco-portugaise est d’abord de traiter d’une page de notre histoire si peu glorieuse qu’elle est généralement occultée dans nos manuels scolaires et ensuite de nous expliquer ce mois de septembre 1810 par l’anecdote, par le petit bout de la lorgnette. C’est original et ça aurait du être passionnant. Hélas…     Lire la suite

Au-delà des collines

Au nom de Dieu

Adapté de l’œuvre de Tatiana Niculescu Bran, le film s’inspire de faits réels.  En 2005, une jeune nonne est morte suite à un exorcisme dans un couvent en Moldavie. Le prêtre, qui l’avait séquestrée, privée d’eau et de nourriture, a été condamné par la justice à 7 ans de prison et excommunié de l’Eglise Orthodoxe. Cet évènement ayant fait la une des journaux, la pratique de l’exorcisme a été interdite par la suite. Cristian Mungiu, déjà Palme d’Or avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours, en 2007, nous propose, cette fois un film fleuve qui retrace avec minutie les évènements qui ont conduit au drame. Une œuvre très forte, bouleversante, mise en scène avec un formidable talent, qu’il s’agisse de la photographie ou de la direction d’acteurs. Un grand moment de cinéma ! Lire la suite

Une nouvelle chance

La Fille à Papa

C’est la première fois depuis 1993 (Dans la ligne de mire) que Clint Eastwood revient en tête d’affiche dans un long métrage dont il n’est pas le réalisateur. Je ne suis pas très sûr qu’il ait bien fait. Il a, en vérité, cédé à l’insistance de Robert Lorenz, son fidèle assistant réalisateur sur un grand nombre de ses films. Entouré de la garde rapprochée de Clint pour son premier long métrage, il va donc convaincre le « maître » de revenir à l’écran. Mais voilà, le film ne tient pas ses promesses. Tout cela est lourdingue et trop convenu pour laisser un souvenir impérissable malgré un casting alléchant, quelques belles images, une musique très sympa, un souci d’authenticité dans les décors, (le tournage a eu lieu en Géorgie, plus précisément à Atlanta, Dawsonville et Macon, en particulier dans de vrais bars de la région), le film s’avère être une réelle déception.

Un découvreur de talents spécialisé dans le baseball voit sa vie basculer avec la perte progressive de sa vue. Il décide pourtant de faire un dernier voyage à Atlanta, accompagné de sa fille, à la recherche d’un talent prometteur. Encore un film sur le baseball allez-vous me dire ? Si, si, vous alliez le dire ! Eh oui ! Mais n’oublions pas que c’est un sport majeur outre Atlantique. Curieusement le scénario prend le contre-pied du film de 2011, signé Bennett Miller, Le Stratège, avec l’impeccable Brad Pitt, où le recrutement des joueurs était basé uniquement sur des données informatiques sur la performance et le rendement de tous les joueurs. Cette fois, vieux Clint oblige, tout se fait à l’ancienne. Et comme le héros devient progressivement aveugle, le recrutement se fait… à l’oreille. Pourquoi pas ! Je ne suis pas assez connaisseur en matière de baseball pour juger de la crédibilité du scénario. Mais en vérité, l’histoire est surtout centrée sur les rapports père/fille, conflictuels comme il se doit avec, sans doute un lourd secret enfoui depuis longtemps. Et c’est là que le bât blesse. En avant le tire-larme, en avant les poncifs, en avant les grands sentiments cachés sous la carapace de la fille-exclue-mais-aimée-tout-de-même et du vieux-bougon-trop-solitaire-pour-pouvoir-s’exprimer. N’avez-vous pas l’impression d’avoir déjà vu le film ? Evidemment! Cette fois, c’est le baseball qui sert de toile de fond à ce conflit familial à « Pathosland »… et puis c’est tout !

Clint Eastwood nous gratifie, une fois de plus (une fois de trop) de son grand numéro de grognon asocial et mal embouché. Il fait ça très bien, mais le problème c’est qu’il n’y a pas derrière le scénario de Gran Torino. Le couple glamour de service est plutôt bon. Amy Adams, craquante à souhait et Justin Timberlake sont à leur avantage. Quant à John Goodman… on ne s’en lasse pas. Reste que tout ce beau monde évolue dans une histoire sans surprise, entouré de personnages caricaturaux comme rarement, aux rebondissements ( ?) attendus, et à une conclusion tellement prévisible qu’on se demande pourquoi on a attendu 110 minutes pour ça. Attendez-donc un dimanche soir à la télé pour, si vous n’avez rien d’autre à faire, regarder ce film qui n’ajoute rien à la gloire de l’immense Clint Eastwood.