Archives de Tag: nov 17

Battle of the sexes

Tennis et politique, même combat

Jonathan Dayton et Valerie Faris = Little Miss Sunshine, LE road-movie de 2006 dont tout le monde se souvient. Après Elle s’appelle Ruby, ils reviennent avec une comédie/biopic de 122 minutes qui, malgré sa longueur, n’ennuie jamais et remet en lumière une des femmes – avec un grand F – du 20ème siècle. 1972. La championne de tennis Billie Jean King remporte trois titres du Grand Chelem. Mais loin de se satisfaire de son palmarès, elle s’engage dans un combat pour que les femmes soient aussi respectées que les hommes sur les courts de tennis. C’est alors que l’ancien numéro un mondial Bobby Riggs, profondément misogyne et provocateur, met Billie Jean au défi de l’affronter en match simple… Il ne faut pas obligatoirement être fan de tennis pour apprécier ce récit très documenté d’un match historique qui aura fait basculer beaucoup plus que l’Histoire du tennis. Lire la suite

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Le Brio

Brillant

Neïla Salah a grandi à Créteil et rêve de devenir avocate. Inscrite à la grande université parisienne d’Assas, elle se confronte dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur connu pour ses provocations et ses dérapages. Pour se racheter une conduite, ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d’éloquence. A la fois cynique et exigeant, Pierre pourrait devenir le mentor dont elle a besoin… Encore faut-il qu’ils parviennent tous les deux à dépasser leurs préjugés. Le meilleur film et de loin d’Yvan Attal, sur un sujet délicat traité de main de maître et porté par un duo d’acteurs en état de grâce. Lire la suite

Marvin ou la belle éducation

Peut-on échapper à sa condition ?

Anne FontaineLes Innocentes, Perfect Mothers, Gemma Bovery, Mon pire cauchemar – tente de répondre à cette question cruciale durant les 113 minutes d’un drame cruel servi par une distribution en grande forme. Un de ses meilleurs films. Martin Clément, né Marvin Bijou, a fui. Il a fui son petit village des Vosges. Il a fui sa famille, la tyrannie de son père, la résignation de sa mère. Il a fui l’intolérance et le rejet, les brimades auxquelles l’exposait tout ce qui faisait de lui un garçon «différent». Envers et contre tout, il s’est quand même trouvé des alliés. D’abord, Madeleine Clément, la principale du collège qui lui a fait découvrir le théâtre, et dont il empruntera le nom pour symbole de son salut. Et puis Abel Pinto, le modèle bienveillant qui l’encouragera à raconter sur scène toute son histoire. Marvin devenu Martin va prendre tous les risques pour créer ce spectacle qui, au-delà du succès, achèvera de le transformer. L’histoire est forte, dérangeante et malgré quelques faiblesses, elle emporte le spectateur. Mais, si les scénaristes Anne Fontaine et Pierre Trividic ont tenté d’éviter de porter des jugements sur leurs personnages, je ne suis pas tout à fait sûr qu’ils y soient parvenus…   Lire la suite

Prendre le large

Une vie ailleurs

C’est en évoquant avec son père la situation du textile à Villefranche-sur-Saône, où il a longtemps travaillé lui-même comme ouvrier, que Gaël Morel a eu l’idée de cette femme qui accepte un reclassement au Maroc. De cette idée va naître ce drame lumineux de 103 minutes porté, une fois de plus, par une immense actrice. Edith, 45 ans, ouvrière dans une usine textile, voit sa vie bouleversée par un plan social. Loin de son fils et sans attache, plutôt que le chômage, elle est la seule à choisir de rejoindre son usine délocalisée au Maroc… Voilà donc mon 4ème portrait de femme du moment. Et ce n’est pas le moindre. Belle réalisation, scénario originale, personnages forts et superbe interprétation… Du beau cinéma digne des Frères Dardenne. Lire la suite

Happy Birthdead

Plus fun que creepy

L’hommage appuyé au cultissime Un Jour sans fin d’Harold Ramis en 1993, soutient la comparaison avec son célèbre modèle. Christopher Landon – film de Michael … vous vous souvenez ? Charles Ingalls – s’en sort très bien en tirant ses 97 minutes du côté de l’épouvante. Prisonnière d’une boucle temporelle, Tree, étudiante, revit sans cesse le jour de son meurtre. Une journée apparemment banale qui s’achève systématiquement par sa mort atroce. Finira-t-elle par découvrir l’identité de son tueur ? Un tout petit film typique de la Blumhouse – Paranormal Activity, Insidious, American Nightmare, The Visit, Split, et dernièrement une perle avec Get out – pas cher mais inventif. Effectivement, peu de moyens, mais une très belle idée de départ et qui s’avère tenue jusqu’au mot FIN. Une belle surprise. Lire la suite

Quelques monstres…

… et petits arrangements en famille

Galerie de portraits de personnages peu recommandables comme notre monde sait en engendrer à intervalles – trop – réguliers. Au Zimbabwe d’abord ou un dictateur en remplace un autre, car ne nous leurrons pas, le sieur Mnangagwa ne vaut pas tripette et le pays n’a pas fini de s’enfoncer.

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M

La valse des écorchés

Lorsqu’elle avait 16 ans, Sara Forestier a vécu une histoire qu’elle a eu envie de raconter, celle de son petit copain de l’époque qui lui avait caché son illettrisme. Elle aura donc mis 7 ans à écrire ce scénario fort et original qui donne naissance à ces 98 minutes pas comme les autres. Mo est beau, charismatique, et a le goût de l’adrénaline. Il fait des courses clandestines. Lorsqu’il rencontre Lila, jeune fille bègue et timide, c’est le coup de foudre. Il va immédiatement la prendre sous son aile. Mais Lila est loin d’imaginer que Mo porte un secret : il ne sait pas lire. Pour son premier passage derrière la caméra, elle s’en sort très bien. Mais était-ce une bonne idée que d’interpréter elle-même l’héroïne ? Je n’en suis pas si sûr ! Lire la suite