Archives de Tag: juillet 17

Tu recules, tu recules…

… comment veux-tu… ?

Il fallait s’y attendre. La loi de moralisation de la vie publique, annoncée à grands renforts de déclarations enflammées par Toutanmacron et son équipe – Bayrou en tête, mais on sait que le grand mou de Pau est depuis retournée la queue entre les jambes vers son Béarn adoré – a, comme prévu, du plomb dans l’aile. De reculs en abandons, d’amendements tiédasses en reniements divers, on va en arriver à une loi vidée de toute substance. Ce n’est évidemment pas une surprise. Dans l’histoire, chaque fois que les élus ont été amenés à voter une loi qui leur est défavorable, ce fut un flop retentissant. Pensiez-vous vraiment qu’anciens et nouveaux députés allaient accepter de scier la branche sur laquelle ils sont assis ?

Je vous fiche mon billet qu’on ne supprimera pas la réserve parlementaire, qu’on n’obtiendra pas l’obligation d’avoir un casier judiciaire vierge pour se présenter à une investiture, pas plus que l’abolition de l’IRFM, bonus de salaire (5373 euros net pour les députés, 6110 pour les sénateurs) qui permet aux parlementaires de ne pas avoir à allonger la monnaie pour leurs frais de représentation et ce, sans qu’aucun contrôle ne soit exercé a posteriori, et qu’enfin, on n’interdira pas l’emploi des membres de sa famille en tant que collaborateurs parlementaires. La promesse était de faire de la politique autrement. Les débats dans l’hémicycle promettent d’être virulents puisqu’il s’agit, pour les élus, d’assainir leur propre profession pour contenir la défiance des citoyens et empêcher de nouvelles affaires Cahuzac, Thévenoud, Fillon… et consorts. Naïvement, j’y ai cru. Je me prépare, comme beaucoup de Français à une grosse déception. La première d’une longue et douloureuse série ?

6 Mois

La mémoire courte

Qui se souvient des titres des films que je vais citer ci-dessous ? Qu’ils aient été des coups de cœur ou de réelles déceptions, ou qu’ils aient généré de vrais coups de gueule, ils sont tous été projetés dans nos salles obscures : petit bilan !

Janvier : Le thriller psychologique au style flamboyant et à la construction fascinante, porté par un superbe casting, signé par Tom Ford et porté par Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon entre autres : Nocturnal Animals. Du nouveau dans le thriller, ça se doit d’être salué. En France, il me reste l’excellente impression laissée par le road-movie parisien nocturne, bourré de drôlerie et de sensibilité, Ouvert la nuit, réalisé par Edourd Baer. Un portrait décalé et original qui fait du bien. Et je citerai encore Hélène Angel et son Primaire un des plus beaux portraits d’enseignant qu’on ait vu depuis longtemps sur nos écrans porté par une actrice à son sommet, Sarah Forestier.

Février : Souvenons nous du polémique Chez Nous du belge Lucas Belvaux. De l’insolite premier film de Morgan Simon avec Kevin Azaïs, -un acteur qui n’en finit pas de monter – Compte tes blessures. Le génial anti biopic Jackie de Pablo Larrain, le lumineux La la land de Damien Chazelle, le déchirant Loving de Jeff Nichols et l’Oscar du meilleur film américain de l’année, Moonlight de Barry Jenkins.

Mars : un petit film québécois qui a tout d’un grand 1 : 54 de Yann England avec un jeune et déjà immense acteur, Antoine-Olivier Pilon. Le monument de cynisme, Citoyen d’Honneur, venu d’Argentine. La sensation créée par le terrifiant Grave de Julia Ducourneau, le drame à corps et à cœur d’Anne-Gaëlle Laval, De plus belle, qui, pour son premier film ose un sujet douloureux et sensible, le film coup de poing du belge Stephan Streker sur le mariage forcé dans la communauté pakistanaise, Noces, enfin le très beau Patients, signé par Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade. Au rayon des flops magistraux, le prodigieusement inutile et putassier Chacun sa vie, le Lelouch annuel… Lire la suite

Le dernier des Tontons Flingueurs

Adieu… et merci !

Claude Rich est un de ces comédiens qui m’a nourri l’imagination dès mon enfance. A travers la télé des années 60, puis au cinéma, et enfin au théâtre, cet homme-là m’a toujours fait rêver. Qu’il soit l’Adrien Ballochet du Caporal épinglé de Jean Renoir en 1961, le diable pour Julien Duvivier dans Le Diable et les Dix Commandements, ou lejeune amoureux snob et romantique pour Lautner dans les immortels Tontons flingueurs, Talleyrand dans Le Souper de Molinaro, et même Panoramix d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d’Alain Chabat, il était toujours à sa place dégageant une aisance et une élégance sans pareille. Quand il prononçait des mots simples, il les sublimait, il leur donnait une autre résonance, un autre sens. Un immense acteur parmi les plus grands. Il était de la génération des Noiret, Belmondo, Rochefort, Marielle et Bedos, tous comparses au Conservatoire national Supérieur d’Art Dramatique. Une génération qui nous a donné les plus grands, sachons les saluer comme il se doit. Merci Claude.

Et je termine par un autre salut reconnaissant à George Romero, décédé il y a quelques jours à l’âge de 77 ans, et auquel je dois ma passion pour les films d’horreur intelligents en me faisant découvrir son immortelle Nuit des Morts Vivants. Merci à lui aussi.  

Chacun ses problèmes

On résout les problèmes qu’on se pose et non les problèmes qui se posent.

C’est un vieux routier de la politique hexagonale, Poincaré, qui avançait cette assertion. Personnellement, pas mal de choses m’agacent en observant notre microcosme politique national s’agiter en tous sens par ces grosses chaleurs. Il y a de toute évidence, deux clans qui s’affrontent à coup de déclarations plus ou moins bien venues, mais de toute façon, tellement aveuglément partisanes qu’elles confinent souvent au ridicule. Il y a les pros et les anti… Macron évidemment. Je passerai sans commentaires sur le pros, qui se contentent de bayer devant tout et n’importe quoi qui viendraient de l’Elysée ou de Matignon. Quant aux opposants ( ?), ils n’ont rien à dire de constructif. L’exemple le plus criant nous vient des « Ripoublicains » qui n’ont rien à faire d’autre que de s’occuper de leurs dissensions internes sans d’ailleurs jamais prendre la moindre décision. Les LR ont relu Pierre Daninos qui écrivait : Je suis dans l’indécision comme d’autres sont dans les affaires. 

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Kóblic

Glaçant sous le soleil de la pampa

5 ans après son formidable El Chino, le cinéaste argentin Sebastián Borensztein récidive avec cet excellent thriller à la mode argentine sur fond de dictature militaire. Argentine 1977. Un ancien pilote et capitaine de la Marine argentine, Tomas Koblic s’enfuit après avoir désobéi à un ordre de l‘armée soumise à la dictature. Caché dans une petite ville du sud du pays, sa présence attire l’attention du maréchal local d’une autorité abusive et sans scrupules. La conscience n’a nul endroit pour se cacher… 92 minutes sous très haute tension, sans effets particuliers, mais avec une extrême rigueur et servi par ce que l’Argentine fait de mieux comme acteurs. Un régal ! Lire la suite

Cherchez la femme

Gonflé !

Ce premier film de Sou Abadi, d’origine iranienne, est la comédie dramatique du moment. Même si l’ensemble n’est pas dénué de défauts ou de maladresses, ces 88 minutes sont le vent d’air frais que l’on attendait sur un sujet plus que brûlant. Armand et Leila, étudiants à Science Po, forment un jeune couple. Ils projettent de partir à New York faire leur stage de fin d’études aux Nations Unies. Mais quand Mahmoud, le grand frère de Leila, revient d’un long séjour au Yémen qui l’a radicalement transformé, il s’oppose à la relation amoureuse de sa sœur et décide de l’éloigner à tout prix d’Armand. Pour s’introduire chez Mahmoud et revoir Leila, Armand n’a pas le choix : il doit enfiler le voile intégral ! Le lendemain, une certaine Schéhérazade au visage voilé sonne à la porte de Leila, et elle ne va pas laisser Mahmoud indifférent… Une sorte de Certains l’aiment chaud sur l’islamisme bête et méchant. N’est pas Billy Wilder qui veut, mais les temps ont changé et oser traiter un tel sujet sous le prisme de la comédie relevait de la gageure. Pari tenu ! On tient peut-être là, la comédie de l’été. Lire la suite

Mon Poussin

Pauvre bête !

Le film de Frédéric Forestier est encore l’exemple type de la bonne idée de départ mais qui ne tient pas la route sur 97 minutes… Circonstances aggravantes – très aggravantes – le subterfuge trouvé pour tirer à la ligne. Vincent, 18 ans, se fait larguer par Elina. C’est son premier amour, c’est la fin du monde ! Ses parents décident donc de prendre les choses en main et vont tout tenter pour lui faire oublier cette fille : il devra les suivre dans une cure de désintoxication amoureuse dont ils vont imaginer le programme… La filmographie du sieur Forestier tient plus du champ de navets que d’un programme pour cinémathèque… Un film correct, il y a 5 ans déjà, avec Stars 80 que je qualifierai de passable. Tout le reste est bon à jeter, et ce dernier opus est du même tonneau. Un film d’été ? Mais alors pour un été vraiment pourri ! Lire la suite