Archives de Tag: juillet 17

Souvenir, souvenir…

Une lumière s’est éteinte

Quel est le point commun entre tous ces cinéastes :  Luis Buñuel, Theo Angelopoulos, Wim Wenders, Rainer Werner Fassbinder, Michelangelo Antonioni, Joseph Losey, Orson Welles, François Truffaut, Louis Malle, André Téchiné ou Bertrand Blier ? Ils ont tous fait tourner la divine Jeanne Moreau qui nous a quittés ce matin à l’âge de 89 ans.

Il serait trop long, voire impossible, de retracer ici en quelques lignes l’inoubliable carrière de cette artiste complète et engagée tout comme de raconter sa vie personnelle émaillée d’un nombre inouï de liaisons. L’un de ses amants d’un moment disait d’elle : Beaucoup d’hommes tombent amoureux d’elle, je l’ai fait, elle vous rend votre amour, mais seulement jusqu’à la fin du film. Elle est tout le temps à la recherche de l’amour, et elle laisse ses victimes sur le bord de la route. Une citation vaut toujours mieux qu’un long discours.

A titre personnel, je me dois de confesser lui devoir mes premiers « émois » quand en 1962, j’ai découvert à la fois Truffaut, la Nouvelle vague et la Catherine de Jules et Jim. Ensuite Jeanne Moreau n’a plus quitté ma passion cinéphilique avec Eva, Le Procès, Le Feu Follet, Le Journal d’une femme de chambre, La Vieille qui marchait dans la mer, Ascenseur pour l’échafaud, La Mariée était en noir, Les Valseuses, Monsieur Klein, Le Paltoquet,… je ne m’arrêterais plus même si je n’ai certainement pas vus tous les opus de sa filmographie forte de plusieurs centaines de titres.

Sa vie fut bien Le Tourbillon qu’elle nous avait chanté de sa voix chaude et rauque… inimitable.

Elle avait des bagues à chaque doigt, 
Des tas de bracelets autour des poignets,
Et puis elle chantait avec une voix
Qui, sitôt, m’enjôla.

Elle avait des yeux, des yeux d’opale,
Qui me fascinaient, qui me fascinaient.
Y avait l’ovale de son visage pâle
De femme fatale qui m’fut fatale

On s’est connu, on s’est reconnu,
On s’est perdu de vue, on s’est r’perdu d’vue
On s’est retrouvé, on s’est réchauffé,
Puis on s’est séparé.

Chacun pour soi est reparti.
Dans l’tourbillon de la vie
Je l’ai revue un soir, aïe, aïe, aïe,
Ça fait déjà un fameux bail

Au son des banjos je l’ai reconnue.
Ce curieux sourire qui m’avait tant plu.
Sa voix si fatale, son beau visage pâle
M’émurent plus que jamais.

Je me suis soûlé en l’écoutant.
L’alcool fait oublier le temps.
Je me suis réveillé en sentant
Des baisers sur mon front brûlant

On s’est connu, on s’est reconnu.
On s’est perdu de vue, on s’est r’perdu de vue
On s’est retrouvé, on s’est séparé.
Puis on s’est réchauffé.

Chacun pour soi est reparti. 
Dans l’tourbillon de la vie.
Je l’ai revue un soir ah ! là là
Elle est retombée dans mes bras.

Quand on s’est connu,
Quand on s’est reconnu,
Pourquoi s’perdre de vue,
Se reperdre de vue ?

Quand on s’est retrouvé,
Quand on s’est réchauffé,
Pourquoi se séparer ?

Alors tous deux on est reparti
Dans le tourbillon de la vie
On a continué à tourner
Tous les deux enlacés 
 

(Serge Rezvani)

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Voyage en terre trop connue

Séjour chez les Pasnouspasnous

L’égoïsme régit le monde. Schopenhauer ne serait pas surpris s’il tentait une incursion dans l’Hexagone d’aujourd’hui. Il y découvrirait une belle unanimité autour des thèmes récurrents il faut faire des économies et la France a besoin de réformes profondes. Tout le monde est d’accord. A une seule condition, que ce soit le voisin qui paye. Un exemple parmi des dizaines d’autres : la réduction de 5 euros par mois et par famille des APL. La première mesure anti-pauvre de l’ère Macron, entend-t-on ici ou là. Sûr que la cible est mal choisie et, personnellement, je suis toujours gêné quand on s’attaque aux plus pauvres. Mais ce qui me dérange le plus, c’est l’argument asséné à longueur de médias par les opposants à cette mesure : il y a tant d’économies à faire ailleurs. Eh oui ! Ailleurs, le mot clé est lâché. Il faut faire des économies, mais… ailleurs ! La tribu des Pasnouspasnous se met en branle instantanément. Et, répétons-le, ceci n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres. Ecoutez-bien les médias bruissaient de ces contestataires à courte vue, de ces parangons de l’égoïsme qui ne voient midi qu’à la porte du voisin. Et n’allez pas penser que votre Jipéhel pousse son coup de gueule alors qu’il n’est pas concerné. Comme la grande majorité des retraités, je vais voir la CSG augmenter et, par conséquent, ma pension diminuer… Mais je pense que si tout le monde donne un petit peu, les économies seront suffisamment substantielles pour redresser un tantinet les comptes de notre état exsangue.

Autre événement où les « pour tout ce qui est contre » et les « contre tout ce qui est pour » s’affrontent de façon stérile. STX ! Ne voilà-t-il pas que notre gouvernement libéral se lance dans la nationalisation d’entreprise ?!? Notre Macroncéphale, alors Ministre de l’Economie, s’était déclaré ouvertement opposé à ces pratiques. Bruno le Renouveau, n’est pas un adepte fervent de l’interventionnisme d’Etat… et pourtant, on va nationaliser – temporairement, je vous rassure – les chantiers de Saint-Nazaire, un des fleurons de notre industrie. Bon ! Pourquoi pas ! Mais ce qui m’épate dans cette affaire, c’est la réaction des syndicats… Au mieux, FO, applaudit-il mollement, la CFE-CGC est dubitatif, au pire, la CGT proteste – excusez le pléonasme – on ne va tout de même pas agréer une décision d’un gouvernement « vendu au grand capital ». Comprenne qui pourra !

France Info nous apprend comment ne plus s’ennuyer sur la plage. Vous voulez vous distraire ? Ne cherchez plus. La République en marche (LREM) lance demain son Cahier d’été, composé de posters à colorier, d’un test de personnalité ou encore d’un quiz « Parles-tu Macron » ? A la question Pourquoi un cahier d’été ? La réponse fut Parce que c’est l’été ! Ce fascicule va-t-il détrôner les romans de l’été et les devoirs de vacances ? A suivre !

Le dernier Vice-Roi des Indes

L’Histoire et le mélo

C’est le premier film de la réalisatrice britannique Gurinder Chadha que je vois. A 57 ans, elle a pourtant pas mal de titres derrière elle, mais rien qui ait accroché mon attention jusque là. Mars 1947. Après 300 ans de domination anglaise, le Palais du Vice-Roi à Delhi ouvre ses portes une dernière fois pour accueillir en grande pompe Lord Mountbatten et sa famille. Petit-fils de la reine d’Angleterre et nommé dernier Vice-Roi des Indes, « Dickie » Mountbatten devra préparer le pays à l’indépendance. Mais la tâche s’avérera bien plus ardue que prévu. Après d’âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah, perturbées par de violents conflits religieux, il n’aura d’autre choix que d’entériner la partition des Indes et la création d’un nouvel état, le Pakistan. Dans le même temps, Jeet et Aalia, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, subiront ces événements et auront à choisir entre leur amour et leur attachement à leurs communautés. La décision de Lord Mountbatten va provoquer l’un des plus grands déplacements de population de l’Histoire et ses conséquences se font encore ressentir aujourd’hui.107 minutes dans le genre échevelé qui auraient dû être passionnantes mais n’est pas David Lean ou Richard Attenborough qui veut. La réalisation est soignée, les décors, les costumes, la reconstitution somptueux, mais il est regrettable que l’ambition ne soit pas totalement aboutie.   Lire la suite

Tu recules, tu recules…

… comment veux-tu… ?

Il fallait s’y attendre. La loi de moralisation de la vie publique, annoncée à grands renforts de déclarations enflammées par Toutanmacron et son équipe – Bayrou en tête, mais on sait que le grand mou de Pau est depuis retournée la queue entre les jambes vers son Béarn adoré – a, comme prévu, du plomb dans l’aile. De reculs en abandons, d’amendements tiédasses en reniements divers, on va en arriver à une loi vidée de toute substance. Ce n’est évidemment pas une surprise. Dans l’histoire, chaque fois que les élus ont été amenés à voter une loi qui leur est défavorable, ce fut un flop retentissant. Pensiez-vous vraiment qu’anciens et nouveaux députés allaient accepter de scier la branche sur laquelle ils sont assis ?

Je vous fiche mon billet qu’on ne supprimera pas la réserve parlementaire, qu’on n’obtiendra pas l’obligation d’avoir un casier judiciaire vierge pour se présenter à une investiture, pas plus que l’abolition de l’IRFM, bonus de salaire (5373 euros net pour les députés, 6110 pour les sénateurs) qui permet aux parlementaires de ne pas avoir à allonger la monnaie pour leurs frais de représentation et ce, sans qu’aucun contrôle ne soit exercé a posteriori, et qu’enfin, on n’interdira pas l’emploi des membres de sa famille en tant que collaborateurs parlementaires. La promesse était de faire de la politique autrement. Les débats dans l’hémicycle promettent d’être virulents puisqu’il s’agit, pour les élus, d’assainir leur propre profession pour contenir la défiance des citoyens et empêcher de nouvelles affaires Cahuzac, Thévenoud, Fillon… et consorts. Naïvement, j’y ai cru. Je me prépare, comme beaucoup de Français à une grosse déception. La première d’une longue et douloureuse série ?

6 Mois

La mémoire courte

Qui se souvient des titres des films que je vais citer ci-dessous ? Qu’ils aient été des coups de cœur ou de réelles déceptions, ou qu’ils aient généré de vrais coups de gueule, ils sont tous été projetés dans nos salles obscures : petit bilan !

Janvier : Le thriller psychologique au style flamboyant et à la construction fascinante, porté par un superbe casting, signé par Tom Ford et porté par Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon entre autres : Nocturnal Animals. Du nouveau dans le thriller, ça se doit d’être salué. En France, il me reste l’excellente impression laissée par le road-movie parisien nocturne, bourré de drôlerie et de sensibilité, Ouvert la nuit, réalisé par Edourd Baer. Un portrait décalé et original qui fait du bien. Et je citerai encore Hélène Angel et son Primaire un des plus beaux portraits d’enseignant qu’on ait vu depuis longtemps sur nos écrans porté par une actrice à son sommet, Sarah Forestier.

Février : Souvenons nous du polémique Chez Nous du belge Lucas Belvaux. De l’insolite premier film de Morgan Simon avec Kevin Azaïs, -un acteur qui n’en finit pas de monter – Compte tes blessures. Le génial anti biopic Jackie de Pablo Larrain, le lumineux La la land de Damien Chazelle, le déchirant Loving de Jeff Nichols et l’Oscar du meilleur film américain de l’année, Moonlight de Barry Jenkins.

Mars : un petit film québécois qui a tout d’un grand 1 : 54 de Yann England avec un jeune et déjà immense acteur, Antoine-Olivier Pilon. Le monument de cynisme, Citoyen d’Honneur, venu d’Argentine. La sensation créée par le terrifiant Grave de Julia Ducourneau, le drame à corps et à cœur d’Anne-Gaëlle Laval, De plus belle, qui, pour son premier film ose un sujet douloureux et sensible, le film coup de poing du belge Stephan Streker sur le mariage forcé dans la communauté pakistanaise, Noces, enfin le très beau Patients, signé par Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade. Au rayon des flops magistraux, le prodigieusement inutile et putassier Chacun sa vie, le Lelouch annuel… Lire la suite

Le dernier des Tontons Flingueurs

Adieu… et merci !

Claude Rich est un de ces comédiens qui m’a nourri l’imagination dès mon enfance. A travers la télé des années 60, puis au cinéma, et enfin au théâtre, cet homme-là m’a toujours fait rêver. Qu’il soit l’Adrien Ballochet du Caporal épinglé de Jean Renoir en 1961, le diable pour Julien Duvivier dans Le Diable et les Dix Commandements, ou lejeune amoureux snob et romantique pour Lautner dans les immortels Tontons flingueurs, Talleyrand dans Le Souper de Molinaro, et même Panoramix d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d’Alain Chabat, il était toujours à sa place dégageant une aisance et une élégance sans pareille. Quand il prononçait des mots simples, il les sublimait, il leur donnait une autre résonance, un autre sens. Un immense acteur parmi les plus grands. Il était de la génération des Noiret, Belmondo, Rochefort, Marielle et Bedos, tous comparses au Conservatoire national Supérieur d’Art Dramatique. Une génération qui nous a donné les plus grands, sachons les saluer comme il se doit. Merci Claude.

Et je termine par un autre salut reconnaissant à George Romero, décédé il y a quelques jours à l’âge de 77 ans, et auquel je dois ma passion pour les films d’horreur intelligents en me faisant découvrir son immortelle Nuit des Morts Vivants. Merci à lui aussi.  

Chacun ses problèmes

On résout les problèmes qu’on se pose et non les problèmes qui se posent.

C’est un vieux routier de la politique hexagonale, Poincaré, qui avançait cette assertion. Personnellement, pas mal de choses m’agacent en observant notre microcosme politique national s’agiter en tous sens par ces grosses chaleurs. Il y a de toute évidence, deux clans qui s’affrontent à coup de déclarations plus ou moins bien venues, mais de toute façon, tellement aveuglément partisanes qu’elles confinent souvent au ridicule. Il y a les pros et les anti… Macron évidemment. Je passerai sans commentaires sur le pros, qui se contentent de bayer devant tout et n’importe quoi qui viendraient de l’Elysée ou de Matignon. Quant aux opposants ( ?), ils n’ont rien à dire de constructif. L’exemple le plus criant nous vient des « Ripoublicains » qui n’ont rien à faire d’autre que de s’occuper de leurs dissensions internes sans d’ailleurs jamais prendre la moindre décision. Les LR ont relu Pierre Daninos qui écrivait : Je suis dans l’indécision comme d’autres sont dans les affaires. 

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