Archives de Tag: juillet 16

Le Sabre et le Goupillon

Peurs

Eh oui ! J’ai peur. Oh ! Pas de mourir sous les balles ou le couteau du terroriste. Je prends largement plus de risques chaque fois que je monte dans ma voiture ou quand je vais voir un  film de Philippe de Chauveron ou de Jean–Marie Poiré (en l’occurrence il s’agit de mourir de honte et d’ennui)… non, j’ai peur de voir mon pays sombrer dans la dissension et le chaos. C’est exactement le piège tendu par Daesh et, au-delà de notre classe politique prête à toutes les récupérations, aussi indignes soient-elles, ce sont maintenant les Français qui risquent de se laisser séduire par les sirènes du rejet de l’autre, du racisme et de la haine. C’est tellement plus facile, mais tellement plus hasardeux et dangereux

Qui sait que le discours d’Abou Bakr Al-Baghdadi, l’autoproclamé calife de l’EI, qui a annoncé que l’un des buts ultimes de l’organisation serait de marcher sur le Vatican pour y briser les croix. Discours outré de la propagande islamiste la plus extrémiste, évidemment. Mais que dire de celui tenu par nos leaders qui sans être aussi jusqu’au boutiste, n’en est pas moins alarmant et hors de propos devant l’urgence de la situation. Au Japon, quant on a un problème, on cherche des solutions. En France on cherche des responsables. Bref, il est des pays où l’on agit, chez nous on prend des postures compassionnelles, on multiplie les déclarations politiciennes et on débat jusqu’à l’asphyxie des tenants et des aboutissants de chaque faits divers, aussi cruel et dramatique soit-il. Entre le gouvernement droit dans ses bottes et qui « fait tout bien », l’opposition qui « aurait évidemment fait plus et mieux » et le FN qui « aurait tout empêché et qui a toutes les solutions, ils le disent depuis des années», le Français n’est vraiment pas gâté et doit de contenter de compter ses morts en contemplant ce spectacle aussi désolant que lamentable. Albert Camus nous l’a dit : L’espoir, au contraire de ce qu’on croit, équivaut à la résignation. Et vivre, c’est ne pas se résigner.   

Publicités

Tableau de chasse

L’escalade de l’horreur

Comme Coluche, on ne peut que constater que l’horreur est humaine. Bruxelles, Nice, Kaboul, Munich, Orlando… à chaque jour ou presque son nouvel attentat, son nouveau massacre, son nouveau chapelet de victimes. Doit-on, s’y habituer ? Sûrement pas. Doit-on pour autant déverser des tombereaux de haine sur les coupables ? A quoi bon ! Doit-on partir à la recherche des responsables sans aucun discernement, sans aucun jugement, sans une ombre d’intelligence ? Seuls nos politiques – mais n’oublions pas qu’ils sont en campagne électorale et que l’ambition personnelle balaye toute forme de dignité – ignorent, ou plutôt font semblant d’ignorer que nous sommes impuissants. Comme le disait la romancière italienne Simonetta Greggio : Le mal, c’est la soudaine bascule du quotidien dans l’horreur. Tout le monde l’a bien compris… sauf nos « Ripoublicains » et l’Extrême Droite, bref, l’ensemble des « Yakafocons » qui sévissent à longueur de temps dans nos médias.

On en oublierait presque Daesh qui parvient à semer le trouble et la dissension dans nos pays. Continuons de faire brûler nos bougies et déposer des fleurs, que toutes les victimes de la barbarie aveugle restent présents dans nos mémoires, que la solidarité perdure entre citoyens responsables… Arrêtons tout cela et l’Islam extrémiste vaincra. Que les Le Pen, Wauquiez, Sarkozy, Estrosi et consorts ne deviennent pas les premiers complices de la capitulation et de la défaite. Quant aux terroristes qui se prétendent le bras armé d’Allah, rappelons leur Pierre Desproges qui déclarait plaisamment : Dieu a dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » D’abord, Dieu ou pas, j’ai horreur qu’on me tutoie... Coluche, Desproges, vous nous manquez cruellement.

Colères

La guerre des postures

Qui apaise la colère éteint un feu. Qui attise la colère, sera le premier à périr dans les flammes. Ironie du sort, c’est Hazrat Ali, quatrième calife de l’Islam, cousin et gendre de Mahomet, qui parlait ainsi au 6ème siècle. Mais qui, dans notre personnel politique, est prêt à entendre pareille sagesse ? Qui aura le courage de faire passer l’intérêt du pays avant son intérêt personnel ? Qui relira Sénèque quand il écrivait : la colère n’a rien de grand ni de noble. Il n’y a vraiment de grand que ce qui, en même temps, est calme.

Certes, la colère des proches des victimes de l’odieux carnage niçois est compréhensible et légitime, quoique je ne pense pas qu’elle aide en aucune façon à faire son deuil. Certes, il est légitime de se poser des questions sur la sécurité des lieux de rassemblement… encore faut-il se poser les bonnes questions. Certes, on peut protester en écoutant  notre Premier Ministre prêcher le fatalisme et affirmant qu’il faudra s’habituer à vivre avec la menace terroriste… Même si c’est le reflet de la réalité, il y a d’autres manières et sans doute d’autres moments pour proférer de telles sentences. Ce type de déclaration n’est-il pas un début de résignation où l’on voit poindre un constat d’échec larvé ?

Mais il y a plus grave. Il s’agit de cette guéguerre des postures politiciennes et l’escalade des déclarations antigouvernementales. Car, je le répète, il n’y rien d’autre que l’obligation pour les concurrents du Grand Prix de l’Elysée de prendre position sur un sujet qui, à juste titre, bouleverse la nation tout entière. Alors donc, on a droit à une surenchère permanente dans le délire sécuritaire allant de l’ineffable Estrosi, (Une fois toute dignité enterrée, le monde est plein de possibles.) qui a déclenché les hostilités alors que les corps gisaient encore sur la Promenade des Anglais, (si l’indignité a un visage, c’est à coup sûr celui de l’«ex» Maire de Nice), à Gugusse 1er qui piaffe dans ses starting-blocks et qui nous explique (tout comme la Marine et ses p’tits gars… mais doit-on s’en étonner ?) que rien n’a été fait et que si c’était lui… Décidément la mémoire courte notre « nain à ressort », il oublie qu’on l’a vu à l’œuvre pendant près de dix ans Place Beauvau, puis à l’Elysée… le pays s’en est-il mieux porter ? Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. (Ferdinand Foch) Et je traiterai par le mépris… c’est d’ailleurs tout ce qu’il mérite… l’ignoble Wauquiez, le Donald Trump hexagonal. 

Futilités

Le singe est toujours singe, fût-il vêtu de pourpre.

Notre personnel politique devrait méditer de toute urgence ce proverbe qui nous vient de la Grèce antique. De quoi parlait-on en France avant la Fête Nationale ? De chômage, de sécurité, d’éducation, d’écologie… ? Non ! Des vacances, du résultat de l’Euro de foot, du mercato dans les chaînes de télé… Quant à nos politicards de tout poil, ils occupent les médias à longueur de temps pour gloser sur le coiffeur dispendieux de François II ? 9000 euros par mois pour se faire teindre, peigner et couper les cheveux ? Une honte ? Certainement. Mais que Gugusse 1er, roi de l’esbroufe, et ambassadeur du « bling-bling », soit le premier à monter au créneau sur le sujet en oubliant qu’il entretenait, lui aussi, durant son séjour à l’Elysée, un coiffeur et une maquilleuse à plein temps, me paraît tout aussi scandaleux. Ainsi il en va des monarques du XXIème siècle, sans vergogne et à la mémoire sélective.

224 COIFFEUR

Lire la suite

Tarzan

Grand spectacle sans émotion

Tarzan

David Yates s’est rendu célèbre en réalisant les derniers volets de la saga Harry Potter. On sait donc que c’est un excellent artisan et qu’il maîtrise à merveille les effets spéciaux. Il le prouve encore une fois avec cette énième adaptation du mythe de Tarzan pour le grand écran. Après avoir grandi dans la jungle africaine, Tarzan a renoué avec ses origines aristocratiques, répondant désormais au nom de John Clayton, Lord Greystoke. Il mène une vie paisible auprès de son épouse Jane jusqu’au jour où il est convié au Congo en tant qu’émissaire du Commerce. Mais il est loin de se douter du piège qui l’attend. Car le redoutable belge Léon Rom est bien décidé à l’utiliser pour assouvir sa soif de vengeance et sa cupidité… Une fois de plus, on distinguera la forme (somptueuse) du fond (assez convenu). 110 minutes techniquement éblouissantes au service d’un scénario pas forcément passionnant et d’un casting inégal. Du bon cinéma d’aventures, sans plus. Lire la suite

En parlant des anges, on leur voit les ailes

Proverbe québécois

225 BAIE DES ANGES

Irréprochable

Jusqu’où ?

irré

Formidable surprise que ce thriller psy à la française. 103 minutes réalisées de main de maître par Sébastien Marnier et servies par une interprétation de haute volée. Sans emploi depuis un an, Constance revient dans sa ville natale quand elle apprend qu’un poste se libère dans l’agence immobilière où elle a démarré sa carrière, mais son ancien patron lui préfère une autre candidate plus jeune. Constance est alors prête à tout pour récupérer la place qu’elle estime être la sienne. Encore un premier film – je vous l’ai dit, c’est la saison – d’un cinéaste de 34 ans qui s’est fait connaître par ses romans dans lesquels il nourrit une véritable fascination pour les personnages troubles, désaxés ou des sociopathes en puissance. Et là, on est gâtés. Laissez vous prendre, c’est très fort. Lire la suite