Archives de Tag: janvier 2012

Les chants de Mandrin

Les bonnes intentions

« Nous étions vingt ou trente, brigands dans une bande… » Air connu, chanson écrite au milieu du XVIIIème siècle et qui est venue jusqu’à nous, à travers de célèbres interprètes comme Yves Montand ou Guy Béart. Rabah Ameur-Zaïmeche a choisi, non pas de nous raconter l’épopée de Mandrin, mais de commencer son récit juste après son exécution, à l’âge de 30 ans. Ses compagnons décident alors de se regrouper pour reprendre leurs actions de brigandages et d’opposition au pouvoir en place, en particulier la lutte contre les fermiers généraux qui assomment le peuple de taxes et d’impôts… c’est vous dire si le thème reste d’une brûlante actualité. « Monté sur la potence je regardai la France… » nous dit la chanson, c’est aussi ce que fait ce type de  cinéma militant. Lire la suite

Publicités

Café de Flore

Miroirs trompeurs

Selon la première phrase du synopsis, « Il n’est pas facile de dire adieu à ceux qu’on aime ; pour y parvenir, il faut parfois toute une vie – ou deux ». Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il faut plus des deux heures du drame écrit et réalisé par Jean-Marc Vallée pour s’y retrouver. Il nous raconte ici deux histoires qui a priori n’ont rien à voir l’une avec l’autre puisqu’elles ont éloignées à la fois dans le temps et dans l’espace. Dans le Paris des années soixante on suit le combat d’une jeune mère d’un enfant unique et trisomique, au Québec en 2011, c’est les relations complexes d’un jeune DJ avec les femmes qui l’entourent. C’est une mélodie, composée par Matthew Herbert à la demande du Café de Flore, entendue, puis écoutée et réécoutée, jusqu’à l’obsession qui sert de lien entre les deux récits… Lire la suite

Sherlock Holmes: Jeu d’ombres

Sophisticated Sherlock

Guy Ritchie récidive. Comme en 2010, il réalise une nouvelle adaptation d’une aventure du Sherlock Holmes de … enfin, d’après Conan Doyle, devrait-on dire. Ici nos héros affrontent le génie du mal, le professeur Moriarty qui sème la mort dans son sillage et tente, en cette fin de 19ème siècle, de provoquer une guerre mondiale. L’enquête mène Holmes et son ami Watson d’Angleterre en France, en Allemagne et en Suisse. Mais le mot enquête n’est en l’occurrence pas adapté, il s’agit plutôt d’une course poursuite effrénée. Et c’est là que le bât blesse. Lire la suite

Sport de filles

La cavalière insoumise

Patricia Mazuy qui avait déjà réalisé Saint-Cyr en 2000, revient sur les écrans avec ce drame équestre et empesé. Le dressage reste un sport hermétique et peu spectaculaire aux yeux du grand public. Et ce n’est pas ce film qui va nous réconcilier avec cette discipline olympique.  Car ce qui se dégage en priorité de ces 100 minutes de film, c’est un immense ennui. Ennui pour les spectateurs, bien sûr, mais ennui généré, et par le scénario et par les personnages, en particulier l’héroïne prénommée… Gracieuse. J’ose espérer que c’est un clin d’œil ! Lire la suite

The descendants

Crise existentielle à Hawaï

Réalisée par Alexander Payne (Sideways), cette comédie Made in USA tend à nous prouver, que même quand on est très riches et qu’on vit sur une île paradisiaque, on a les mêmes problèmes que tout un chacun. On s’en doutait un peu, même si, comme se plaît à dire le poète : « on est quand même mieux dans une Cadillac pour pleurer ! », ou encore « il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade » ! Bon ! Mais ce ne sont là que boutades, car l’avant-propos du film m’avait fait frémir, mais je dois avouer qu’on peut se laisser prendre à l’histoire de cette famille, papa, maman et les deux filles (insupportables à force d’être mal élevées), dont la vie tranquille va être brisée. Madame, suite à un grave accident de bateau, va se retrouver, et définitivement, dans le coma. Et je vous laisse découvrir la suite… Lire la suite

Les papas du dimanche

Du « déjà-vu » plein de charme

Dans la famille Becker, je voudrais Louis… Petit fils de Jacques et fils de Jean, Louis Becker nous propose son premier film en tant que réalisateur. Bon ! Nous avons devant nous une bonne petite comédie, très sympathique, très bien jouée, drôle et touchante à la fois… une de ces comédies douces-amères dont le cinéma français a le secret. C’est aussi un de ces films qu’on oublie dès qu’on l’a vu. Lire la suite

Turn me on

Tout petit film

Eh oui ! Tout est petit dans ce premier film de Jannicke Systad Jacobsen. Le scénario, les intentions, la manière filmer, le jeu ( ?) des acteurs, même la durée, 75 minutes. Le roman de Olaug Nilssen paru en 2005 et qui a inspiré ce film,  avait déjà provoqué un tollé en Norvège. On se demande pourquoi. Alma est une ado comme beaucoup d’autres. Elle va avoir 16 ans et a des fantasmes sexuels. La belle affaire ! Alors, elle consulte des revues porno, elle parle de ça toute la journée avec ses copines, elle se masturbe à l’écoute d’une hotline vaguement érotique, se croit amoureuse d’un copain de lycée… Tout cela est bien anodin. Et pourtant…

Et pourtant personne ne comprend Alma, bien au contraire tout le monde la rejette, à commencer par sa mère. Elle devient le souffre-douleur de ses camarades de lycée, des gens de son village, de tout le microcosme où elle vit et où elle étouffe. Car Skoddeheimer est peut-être le vrai sujet de ce film. La Norvège des forêts et des fjords est magnifique, mais on s’y ennuie à mourir. Et toute cette jeunesse n’a que ses rêves et ses fantasmes pour s’évader un peu. Et le spectateur pas grand-chose à se mettre sous la dent. Car tout cela est mal filmé, mal mis en scène, et surtout mal joué par sa bande d’ados,  Helene Bergsholm, Malin Bjørhovde, Beate Støfring, Matias Myren. Comme eux, tout est propre, lisse, couleur grisaille, couleur d’ennui. Quand on pense que Turn me on peut se traduire par «Excite-moi !»… Il n’y a vraiment pas de quoi ! Pour une fois qu’un film norvégien est programmé, c’est une déception.