Archives de Tag: film israëlien

Mr Gaga – Sur les pas d’Ohad Naharin

Invitation à la danse

mr gaga

L’idée de ce film est née il y a une vingtaine d’années lorsque Tomer Heymann a assisté pour la première fois à une représentation de la Batsheva Dance Company. Le cinéaste se remémore : Ma tête et mon coeur ont alors été tellement bouleversés que cela m’a fait l’effet d’un mélange explosif d’alcool et de drogues. C’est un ensemble de mouvements, de musique, d’énergie, de sexualité, de sensualité et de danseurs dont on pourrait tomber fou amoureux sans même pouvoir l’expliquer. Depuis ce jour-là, je suis devenu un fan obsessionnel de la danse de la Batsheva. Ce documentaire lumineux en est la preuve vivante. Et l’adjectif est bien choisi car ces 103 minutes sont le témoignage évident de l’énorme vitalité qui habite Ohad Naharin et ses danseurs. Voici donc  l’histoire fascinante du célèbre chorégraphe de la Batsheva Dance Company, dont les performances dégagent une puissance et une beauté inégalées. Le film nous dévoile le processus créatif d’un chef de file incontesté de la danse contemporaine, l’invention d’un langage chorégraphique unique et d’une technique de danse hors-norme appelée « Gaga ». Des racines de sa vocation à son accession à la gloire, de home movies parfois bouleversants en performances captées avec une énergie cinématographique contagieuse jusqu’au vertige, la splendeur gymnique, politique, poétique de son travail laisse des traces indélébiles. Vous adorerez ce documentaire, la leçon de lâcher-prise donnée par cet artiste magnifique et cette multitude d’extraits (souvent trop brefs) de ballets plus formidables les uns que les autres. Lire la suite

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Le dernier jour d’Yitzhak Rabin

C’est la paix qu’on a assassinée

Rabin

Amos Gitaï est un cinéaste inégal. Parfois il tutoie les sommets, (comme avec Kippour) mais il lui arrive aussi de décevoir comme par exemple avec son Ana Arabia conceptuel et hermétique. Durant ces 150 minutes, il tourne pour nous une des pages d’Histoire contemporaine qui dépasse et de beaucoup les frontières d’Israël. 4 novembre 1995. Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien, l’homme des accords d’Oslo et Prix Nobel de la paix, est assassiné sur la place des Rois d’Israël à Tel Aviv après un long discours contre la violence et pour la paix. Son assassin : un étudiant juif religieux d’extrême droite. Vingt ans après, le cinéaste Amos Gitaï revient sur cet événement traumatisant avec un nouvel éclairage. Replaçant l’assassinat dans son contexte politique et sociétal, Le dernier jour d’Yitzhak Rabin mêle reconstitutions fictives et images d’archives afin d’offrir un véritable thriller politique. Ce docu-fiction va du passionnant à l’ennuyeux, et, à l’arrivée, on a du mal à savoir ce qu’on pense vraiment de ce film… sinon qu’il est beaucoup trop long. Lire la suite

Fin de partie

Mourir, ce n’est rien, mais vieillir, ah vieillir !

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Je ne croyais pas, un jour, pouvoir rire sans arrière-pensée de la mort, de la vieillesse, de la maladie d’Alzheimer et de l’euthanasie. C’est le tour de force réussi par Sharon Maymon et Tar Granit.  Cinq pensionnaires d’une maison de retraite de Jérusalem, ne supportent plus de voir leur ami malade souffrir. A la demande insistante de son épouse, ils se décident à construire une « machine pour mourir en paix » qui conduira le pauvre homme vers l’au-delà. Mais forcer le destin ne se révèle pas si simple. Sujet délicat s’il en est et pourtant ces 95 minutes font le choix de la comédie pour parler de la mort. Pari tenu pour un très beau film drôle et émouvant.

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Mon fils

Chronique à facettes

Image 7Les Citronniers et Le Voyage du directeur des ressources humaines étaient deux petites merveilles réalisées par Eran Riklis. Ce nouveau drame qui nous plonge dans l’Israël d’aujourd’hui est bourré de qualités même s’il traite sans doute trop de thèmes différents à la fois. Iyad a grandi dans une ville arabe en Israël. A 16 ans, il intègre un prestigieux internat juif à Jérusalem. Il est le premier et seul Arabe à y être admis. Il est progressivement accepté par ses camarades mais n’a qu’un véritable ami, Yonatan, un garçon atteint d’une maladie héréditaire. Iyad se rapproche de la famille de Yonatan, apportant du courage et de la force à sa mère Edna. Il devient vite le deuxième fils de la famille… Un beau film humaniste, généreux et optimiste, deux sentiments rarement mis en avant dans cette région du monde. Lire la suite

Rendez-vous à Atlit

Les trois sœurs

Atlit_fortC’est la première réalisation de la cinéaste israélienne Shirel Amitaï. Elle en a également écrit le scénario. J’attendais beaucoup de cette comédie dramatique… sans doute trop, car je suis sorti de cette projection à la fois agacé et déçu. Israël, 1995, la paix est enfin tangible. Dans la petite ville d’Atlit, Cali retrouve ses deux sœurs, Darel et Asia, pour vendre la maison héritée de leurs parents. Entre complicité et fous rires réapparaissent les doutes et les vieilles querelles, ainsi que d’étranges convives qui sèment un joyeux bordel. Le 4 novembre, Yitzhak Rabin est assassiné, le processus de paix est anéanti mais les trois sœurs refusent d’abandonner l’espoir. Déçu parce qu’il y avait là une belle idée de scénario original sur fond historique. Agacé parce que cette bonne idée est, selon moi gâchée par l’apparition de ces fameux « étranges convives ».

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L’institutrice

Poésie à la folie

institutrice1_dblargJ’avoue ne pas avoir vu le précédent film de Nadav Lapid, Le Policier (2011), dont on a dit beaucoup de bien. Mais j’avais très envie de voir ce drame au sujet original. Une institutrice décèle chez un enfant de 5 ans un don prodigieux pour la poésie. Subjuguée par ce petit garçon, elle décide de prendre soin de son talent, envers et contre tous. Le cinéaste fut, dans sa jeunesse, ce petit garçon surdoué pour la poésie, avant de se tourner vers d’autres modes d’expression. Le film manifeste donc une dimension autobiographique. 120 minutes étranges et parfois dérangeantes, mais, je le répète, d’une originalité qui force à la fois le respect et l’intérêt. Lire la suite

Ana Arabia

Leçon de philosophie appliquée

ana-arabia-2Le nouveau film signé par Amos Gitaï, (son 45ème) sous les traits d’une fiction, est basé sur  l’histoire vraie de Leïla Djebarine, une femme née juive polonaise, rescapée du camp d’Auschwitz, qui s’est convertie à l’Islam pour épouser un Arabe. Ana Arabia capte un moment de la vie d’une petite communauté de réprouvés, juifs et arabes, qui cohabitent dans une enclave oubliée à la frontière entre Jaffa et Bat Yam, en Israël. Un jour, Yael, une jeune journaliste, leur rend visite. Dans leurs abris délabrés, dans un verger rempli de citronniers et entouré de HLM, elle découvre une galerie de personnages aussi éloignés que possible des clichés habituels sur la région. Yael croit avoir découvert une mine d’or. Elle en oublie son travail… 81 minutes de plan-séquence en continu et en mouvement qui constitue un geste fort et une réponse au conflit israélo-palestinien. Lire la suite