Archives de Tag: film canadien

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Avant le K.O.

Premier long-métrage de l’acteur/réalisateur/producteur/animateur de télé québécois Yan England – c’est vous dire si le garçon ne manque pas de ressources – ce film a déjà été primé à Rome, Namur et Angoulême. Voici 106 minutes d’excellent cinéma aussi nécessaires que bouleversantes. À 16 ans, Tim est un jeune homme timide, brillant, et doté d’un talent sportif naturel. Mais la pression qu’il subit le poussera jusque dans ses derniers retranchements, là où les limites humaines atteignent le point de non-retour. Un scénario très original sur un sujet qui, hélas, se banalise. Un cri d’alerte, porté par un magnifique casting des jeunes pousses du cinéma québécois. Lire la suite

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Oppression

Suffocant

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C’est le premier long métrage pour le cinéma de Farren Blackburn qui est avant tout un réalisateur de séries TV. C’est les studios Europacorp de Luc Besson qui lui ont demandé de réalisé ce thriller. Depuis le décès de son époux, Mary, pédopsychiatre, vit seule avec son beau-fils dans un chalet isolé de la Nouvelle-Angleterre. À l’approche d’une violente tempête de neige, Tom, l’un de ses jeunes patients, est porté disparu. Mary, tout à coup sujette à des hallucinations et prise de paranoïa, est bien décidée à retrouver le jeune garçon avant qu’il ne disparaisse à jamais. 90 minutes de facture classique mais avec un suspense très bien mené et un casting remarquable. Du très bon cinéma de genre. Lire la suite

Juste la fin du monde

Famille, je vous hais !

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Xavier Dolan a tout juste 27 ans et déjà 7 films à son actif… et autant de chefs d’œuvre. Ce drame familial a remporté deux prix au 69ème Festival de Cannes : le Grand Prix et le Prix du Jury œcuménique… rien que ça. Après douze ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine. Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancœurs qui parlent au nom du doute et de la solitude. 95 minutes comme on en voit peu. Une force et une intensité rarement atteintes… du grand art devant la caméra d’un génie… et je pèse mes mots. Lire la suite

La nouvelle vie de Paul Sneijder

Le plus bel hiver du monde ne peut donner que le froid qu’il a.

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Jusque là, la filmographie de Thomas Vincent (fils de jean-Pierre et Hélène) n’avait pas inscrit de ligne mémorable dans l’histoire du cinéma. Mais cette fois avec ces 114 minutes, il frappe fort et juste. Suite à un rarissime accident, Paul Sneijder ouvre les yeux sur la réalité de sa vie de « cadre supérieur » à Montréal : son travail ne l’intéresse plus, sa femme l’agace et le trompe, ses deux fils le méprisent… Comment continuer à vivre dans ces conditions ? En commençant par changer de métier : promeneur de chiens par exemple !  Ses proches accepteront-ils ce changement qui le transformera en homme libre ? Une comédie dramatique pleine charme et d’émotion : une très belle surprise à ne pas rater. Lire la suite

Tu dors Nicole

Chronique d’un été raté

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Présenté à la Quinzaine des réalisateurs lors du Festival de Cannes 2014, ce troisième film signé Stéphane Lafleur est une comédie légère et grave à la fois, bien dans l’esprit d’un cinéma canadien qui sait toujours nous surprendre. Profitant de la maison familiale en l’absence de ses parents, Nicole passe paisiblement l’été de ses 22 ans en compagnie de sa meilleure amie Véronique. Alors que leurs vacances s’annoncent sans surprise, le frère aîné de Nicole débarque avec son groupe de musique pour enregistrer un album. Leur présence envahissante vient rapidement ébranler la relation entre les deux amies. L’été prend alors une autre tournure, marqué par la canicule, l’insomnie grandissante de Nicole. Tu dors Nicole observe avec humour le début de l’âge adulte et son lot de possibles. Ces 93 minutes filment un été caniculaire en noir et blanc, ce qui est pour le moins paradoxal, et nous parle avec pudeur d’une période de la vie souvent oubliée, les débuts de l’âge adulte.

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Félix et Meira

J’aimerais savoir comment c’est d’être comme les autres

o-FLIX-ET-MEIRA-facebookEtrange et attachant, ce film de Maxime Giroux plus ou moins inspiré d’une autobiographie de Deborah Feldman racontant son départ de la communauté juive-hassidique. Tout oppose Félix et Meira. Lui mène une vie sans responsabilité ni attache. Son seul souci, dilapider l’héritage familial. Elle est une jeune femme juive hassidique, mariée et mère d’un enfant, s’ennuyant dans sa communauté. Rien ne les destinait à se rencontrer, encore moins à tomber amoureux. 105 minutes de mélancolie douce-amère qui vous accrochent très vite et vous emportent dans une histoire pourtant improbable, mais marquer par la tendresse et la pudeur. Une très jolie surprise.

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Le Prix à payer

La haute finance pour les nuls

le-prix-a-payer_532002_25999La photo ci-dessus représente le quartier de la City à Londres. La chose la plus importante que l’on apprend de l’excellent documentaire signé par le canadien Harold Crooks, c’est que c’est là que se situe la plaque tournante de toute l’évasion fiscale planétaire, c’est là que tout s’organise… bref c’est là que les nations voient s’envoler les revenus auxquels ils aspirent.  L’évasion fiscale à grande échelle, telle que les géants de la nouvelle économie la pratiquent, creuse l’écart des revenus entre les privilégiés et le reste du monde, appauvrit les classes moyennes, et affaiblit les fondations de nos sociétés. Et si le prix à payer était la mort des démocraties ? Pas très glamour à priori. Et pourtant, c’est aussi passionnant et fascinant que déprimant. Du très grand docu qui tombe pile poil dans l’actualité de ce matin avec les révélations (entre autres dans Le Monde) sur la banque HSBC qui, à elle seule, drainerait 100 000 « clients », pour la modique somme de 180 milliards d’euros d’évasion fiscale !!! Le off shore planétaire n’est pas illégal, il est immoral… c’est la morale (si je puis dire) de ce film qui fait peur.

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