Archives de Tag: décembre 13

Humour et politique

Elle est bien bonne !

qui-sont-les-remettants-des-cesars2013 s’achève et avec elle son cortège de Best off, de compilations et de bêtisiers hilarants (de la Baltique) comme il se doit. Mais ce qui fait toujours le plus rire ce sont les bourdes, volontaires ou non, émanant de notre microcosme politique. Comme ces gens-là, à défaut d’avoir des idées, cherchent en permanence le meilleur (enfin, pas si sûr) moyen de se faire remarquer. Il fut un temps, les politiques n’avaient que les gradins des hémicycles parlementaires pour faire assaut de bons mots plus ou moins vachards, puis les radios et la télé ont pris le relais et maintenant ce qu’on appelle pompeusement les « réseaux sociaux » sont devenus le médium incontournable de l’expression publique. On y trouve tout et surtout n’importe quoi. Voici mon petit florilège perso. Lire la suite

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Mandela – Un long chemin vers la liberté

Beau, intense… utile.

Anti-apartheid leader and member of theRarement, la réalité et le cinéma se seront télescopés à ce point. Ce biopic très attendu sur la vie… et l’œuvre de Nelson Mandela est donc sorti sur nos écrans quelques jours seulement après le décès du guide sud-africain. C’est Justin Chadwick, qui avait déjà réalisé le piètre Deux Sœurs pour un Roi, qui s’est emparé de cette tranche d’Histoire en se basant sur le scénario signé par William Nicholson lui-même adapté directement de l’autobiographie publiée en 1995.16 années seront nécessaires pour venir à bout de ce travail colossal. Né et élevé à la campagne, dans la famille royale des Thembus, Nelson Mandela gagne Johannesburg où il va ouvrir le premier cabinet d’avocats noirs et devenir un des leaders de l’ANC. Son arrestation le sépare de Winnie, l’amour de sa vie qui le soutiendra pendant ses longues années de captivité et deviendra à son tour une des figures actives de l’ANC. À travers la clandestinité, la lutte armée, la prison, sa vie se confond plus que jamais avec son combat pour la liberté, lui conférant peu à peu une dimension mythique, faisant de lui l’homme clef pour sortir son pays, l’Afrique du Sud, de l’impasse où l’ont enfermé quarante ans d’apartheid. Il sera le premier Président de la République d’Afrique du Sud élu démocratiquement. De facture très classique, ce film tient ses promesses, nous apprend beaucoup sur la lutte de Madiba et de ses proches contre l’apartheid tout en nous tenant en haleine. Lire la suite

All is lost

C »est pas l’homme qui prend la mer…

critique-all-is-lost-L-50JX6qJ. C. Chandor nous avait épatés avec son Margin Call, il y a peu. Dans un genre totalement différent, il sacrifie aux rites incontournables du huis-clos marin. D’autant plus clos qu’il n’y a qu’un acteur à l’écran durant 106 minutes, le grand… que dis-je l’immense Robert Redford. Au cours d’un voyage en solitaire à travers l’Océan Indien, un homme découvre à son réveil que la coque de son voilier de 12 mètres a été percée lors d’une collision avec un container flottant à la dérive. Privé de sa radio et de son matériel de navigation, l’homme se laisse prendre dans une violente tempête. Malgré ses réparations, son génie marin et une force physique défiant les années, il y survit de justesse. Avec un simple sextant et quelques cartes marines pour établir sa position, il doit s’en remettre aux courants pour espérer se rapprocher d’une voie de navigation et héler un navire de passage. Mais le soleil implacable, la menace des requins et l’épuisement de ses maigres réserves forcent ce marin forcené à regarder la mort en face. Ce pitsch pour vous dire qu’il ne manque pas un bouton de guêtre à la panoplie du naufragé cinématographique moyen. mais moyen, n’est pas le terme qui convient à ce film qui peut paraître convenu et tout à la gloire de la star, mais qui sublime le film de genre en allant bien au-delà des effets spéciaux très réussis et du suspense habituel. Lire la suite

Suzanne

Famille, je vous aime !

suzanne-2Le film de Katell Quillévéré ne manque pas de qualités, la mise en scène et la direction d’acteurs y sont particulièrement soignées. Et pourtant, pour moi, quelque chose ne fonctionne pas. Fille-mère dès l’adolescence, Suzanne vit avec son père routier et sa sœur dont elle est inséparable. Sa vie bascule lorsqu’elle tombe amoureuse de Julien, petit malfrat qui l’entraîne dans sa dérive. S’ensuit la cavale, la prison, l’amour fou qu’elle poursuit jusqu’à tout abandonner derrière elle… Cette histoire-là, à peu de chose près, on nous l’a déjà racontée et ce ne sont pas ces 94 minutes de plus sur le côté inéluctable du destin qui finit par broyer les individus qui vont renouveler le genre. Dommage, je le répète, pour ce qui aurait pu être un beau et grand film de femme. Lire la suite

Le Géant égoïste

Misère, ferraille et chevaux.

289080_745987b3e4672221bb11b9452692057dMon tour de monde cinématographique des petites et grands misères de notre planète continue. Après le Guatemala, la Chine et l’Inde, voici la Grande-Bretagne enfoncée dans la crise la plus noire. C’est la cinéaste britannique Clio Barnard qui, pour son premier long métrage de fiction, s’est inspirée du conte éponyme d’Oscar Wilde. Arbor, 13 ans, et son meilleur ami Swifty habitent un quartier populaire de Bradford, au Nord de l’Angleterre. Renvoyés de l’école, les deux adolescents rencontrent Kitten, un ferrailleur du coin. Ils commencent à travailler pour lui, collectant toutes sortes de métaux usagés. Kitten organise de temps à autre des courses de chevaux clandestines. Swifty éprouve une grande tendresse pour les chevaux et a un véritable don pour les diriger, ce qui n’échappe pas au ferrailleur. Arbor, en guerre contre la terre entière, se dispute les faveurs de Kitten, en lui rapportant toujours plus de métaux, au risque de se mettre en danger. L’amitié des deux garçons saura-t-elle résister au Géant Egoïste ? Un magnifique film sur l’enfance dans l’Angleterre des oubliés de la société ultra libérale. Lire la suite

Lunchbox

Solitudes

THELUNCHBOX2_COPYRIGHT_AKFPLPour son premier long métrage, l’indienne Ritesh Batra s’intéresse au phénomène des Dabbawallahs à Bombay (Dabba est d’ailleurs le titre original du film), entreprise qui livre des repas le midi préparés par les femmes à leurs maris afin que ceux-ci mangent des plats « maison » sur leur lieu de travail. Un système de livraison par couleur est utilisé par les employés – qui sont pour la plupart illettrés – un système presque sans faille selon l’université d’Harvard qui a étudié le principe et a conclu que seulement un repas sur un million était délivré à la mauvaise adresse. C’est ce repas égaré qui est le départ de l’intrigue du film. Ila, une jeune femme délaissée par son mari, se met en quatre pour tenter de le reconquérir en lui préparant un savoureux déjeuner. Elle confie ensuite sa lunchbox au gigantesque service de livraison qui dessert toutes les entreprises de Bombay. Le soir, Ila attend de son mari des compliments qui ne viennent pas. En réalité, la Lunchbox a été remise accidentellement à Saajan, un homme solitaire, proche de la retraite. Comprenant qu’une erreur de livraison s’est produite, Ila glisse alors dans la lunchbox un petit mot, dans l’espoir de percer le mystère. Voici un film atypique, intiliste et extrêmement original. Une plongée touchante et captivante dans la vie quotidienne des classes moyennes indiennes d’aujourd’hui. Lire la suite

A touch of sin

Variations sur la violence

a-touch-of-sin-stills-da-hai-jiang-wu-03-copyright-xstream-pictures-beijingHeureux moment que l’automne pour les cinéphiles. Beaucoup de bons voire de très bons films à l’affiche, d’abord parce que les distributeurs attendent l’approche des fêtes de fin d’année et qu’apparaît pratiquement le meilleur de Cannes. La semaine dernière je vous faisais partager mon émoi après avoir visionné Rêves d’or venu du Mexique. Cette fois, le choc nous vient de Chine avec ce film sélectionné lors du dernier Festival de Cannes et quia séduit le jury présidé par Steven Spielberg qui lui a remis le prix du Meilleur Scénario. Dahai, mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village, décide de passer à l’action. San’er, un travailleur migrant, découvre les infinies possibilités offertes par son arme à feu. Xiaoyu, hôtesse d’accueil dans un sauna, est poussée à bout par le harcèlement d’un riche client. Xiaohui passe d’un travail à un autre dans des conditions de plus en plus dégradantes. Quatre personnages, quatre provinces, un seul et même reflet de la Chine contemporaine : celui d’une société au développement économique brutal peu à peu gangrenée par la violence. Jia Zhang Ke nous offre ici un véritable chef d’œuvre où la tension touche au sublime… un formidable coup de maître pour cette plongée dans la Chine profonde d’aujourd’hui, celle de la misère, de la corruption, de l’esclavage sexuel, de l’oppression du peuple et de la violence. Lire la suite