Archives de Tag: Avril 2011

Rabbit Hole

Autopsie d’un deuil

Danny avait quatre ans. Il meurt brutalement, renversé par un véhicule alors qu’il courait après son chien. L’histoire est hélas banale et pourtant, racontée par John Cameron Mitchell, elle devient  une plongée passionnante dans la vie d’un couple brisé par la disparition de leur enfant. Huit mois après, chacun tente de faire son deuil, les chemins divergent, lui vit dans le souvenir et fait du sport, elle, fait des gâteaux mais a déjà évolué vers une autre étape qui lui permet de prendre de la distance, même si tout dans sa vie la ramène sans cesse vers son drame. Lire la suite

Animal Kingdom

Portrait de famille

Dans ce film superbement réalisé par David Michôd, on est loin de l’Australie paradisiaque qu’on a l’habitude de voir à l’écran. Pas de grands espaces appelant à l’aventure, aucun coucher de soleil enflammant des paysages de rêve, point de plages appelant au farniente ou à la plongée. Non ! Ici la seule plongée est celle que l’on effectue à coups de gros plans étouffants dans une famille de petits malfrats méchants et dangereux . Non ! Ici les seuls paysages sont ceux de banlieues plus que modestes et de chambres de motels sordides. Non ! Ici les seuls couchers de soleil éclairent la panique ambiante qui s’empare de cette famille dépassée par sa propre violence.    Lire la suite

Moi, Michel G, Milliardaire, Maître du monde

Caricature

 

Je suis assez partagé à propos du film réalisé par Stéphane Kazandjian car si j’ai apprécié l’angle choisi pour ce faux portrait d’un grand patron du CAC 40 et le jeux des acteurs, j’ai, en revanche, moins aimé l’aspect trop caricatural de certains personnages. Le débat est ouvert. Lire la suite

Gigante

Cache-cache

Réalisée par Adrián Biniez, cette coproduction argentine , uruguayenne et allemande, nous décrit la solitude d’un brave type désœuvré dans la capitale, Montevideo. C’est le portrait d’un homme simple, qui s’ennuie autant dans son emploi de veilleur de nuit dans une grande surface que dans sa vie quotidienne. Il passe sans cesse de ses écrans de contrôle à celui de sa télé, qu’il regarde d’un air absent et las… jusqu’à ce que, il repère une jolie femme de ménage… pardon technicienne de surface… qu’il va suivre, d’abord de caméra en caméra puis dans la rue, sans jamais oser l’aborder. Mais cette passion soudaine, inexplicable et non assouvie va le pousser à des extrémités inattendues.Sur fond, là encore, de crise sociale, ce petit film intelligent, fragile et très touchant, superbement joué par Horacio Camandule, le géant aux yeux doux et Leonor Svarcas, maladroite et banale et qui pourtant va devenir le centre de toute la vie de Gigante. Le film est lent, doux-amer, mais arrive quand même à nous captiver jusqu’à son final, sans grands rebondissements, en restant dans le droit fil du comportement de nos deux personnages.Ce film délicat et subtil n’est projeté que dans 4 cinémas en France (590 pour Thor). C’est comme ça, mais c’est bien dommage et regrettable car beaucoup de cinéphiles passeront à côté de ce vrai moment de cinéma. Quand on pense que seuls 5 critiques en ont parlé, tout est dit ! Le réalisateur mexicain film des gens ordinaires et parvient à nous charmer avec ce film trois fois primé en 2009 à Berlin. Soyez curieux, allez-y !

Détective Dee, le mystère de la flamme fantôme

Sublime n’importe quoi !

Inspiré de l’histoire d’un authentique détective de la Chine des Tang, Détective Dee ( en français le juge TI) a fait l’objet d’une série de romans célèbres de Robert Van Gulick. Cette fois le film réalisé par Tsui Hark se déroule en Chine, en l’an 690, avant le sacre de l’impératrice Wu Ze Tian, qui est menacé par une série de meurtres mystérieux. De retour après huit ans de prison pour insolence et insubordination, c’est le juge Ti qui va mener l’enquête, affronter les pires ennemis et… je vous le donne en mille, triompher de tous les obstacles avec le brio qu’on lui connaît.
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Coup d’éclat

Simple flic

 D’abord, il y a Catherine Frot et surtout il y a Catherine Frot ! Dans ce polar réalisé par José Alcala, on ne voit qu’elle. Le film est essentiellement construit autour de cette formidable actrice. Mais l’histoire n’est pas là que pour la mettre en valeur. L’arrière plan social va vite devenir le sujet même d’une enquête banale menée par une fliquette banale. Lire la suite

Tomboy

Qui suis-je ?

 

J’avais beaucoup apprécié, en 2007,  Naissance des pieuvres, la première réalisation signée par Céline Sciamma . Histoire atypique, excellente direction d’acteurs, réalisation soignée, psychologie de la jeunesse passée au crible. On retrouve tous ces critères dans ce deuxième film tout aussi réussi que le premier.Nous voici dans une banlieue tranquille, avec ses petits immeubles, ses terrains de jeux, le bois et le lac tout proches. C’est l’été, une famille sans problèmes s’installe dans son nouvel appartement. Les enfants explorent le coin et rencontrent les enfants du coin… Seulement voilà, Laure est un garçon manqué et, comme d’emblée, elle est prise par hasard pour un garçon par ses nouveaux camarades, elle se prend au jeu… au piège. Toute l’histoire est là, sobre, touchante, réaliste, quotidienne, vraie. Pas d’artifice, pas de démonstration, Céline Sciamma avec sa caméra intimiste mais toujours pudique, nous décrit simplement une situation et nous pose une question : « Et vous ? Qu’auriez vous fait confrontés à ce problème ? ». Elle donne sa solution sans nous l’imposer.

Elle est soutenue dans son entreprise par un casting très soigné en tête duquel la jeune Zoé Héran, androgyne à souhait et qui joue avec un naturel confondant cette préado en quête d’identité. Les deux autres fillettes Malonn Lévana et Jeanne Disson sont parfaites. Sophie Cattani et Mattieu Demy sont des parents aimants, présents, attentifs, proches de leurs enfants… et pourtant ça ne suffit pas toujours. Un vrai joli film, hélas un peu court, 80 minutes où tout sonne juste. A voir !