Archives de Tag: Avril 15

Shirley, un voyage dans la peinture d’Edward Hopper

Ne pas négliger le pouvoir de l’illusion.

06_Shirley_morning_sun_c_Jerzy_Palacz_OK_k1

C’est à cette phrase d’Ingmar Bergman que ce film étrange et ambitieux, pour ne pas dire gonflé de Gustav Deutsch, m’a fait immédiatement songé. Pour ces 93 minutes, où il cumule les casquettes de réalisateur, scénariste, monteur, décorateur, directeur artistique,… j’en oublie sûrement,  il a décidé de se pencher sur les œuvres picturales d’Hopper en partie à cause de l’importante influence qu’exercèrent les films noirs des années 30 sur le peintre, mais aussi parce que l’artiste influença à son tour nombre de réalisateurs passés et contemporains comme Hitchcock, Jarmusch, Scorsese ou Wenders qui disait : on a toujours l’impression chez Hopper que quelque chose de terrible vient de se passer ou va se passer. Ce film rare et inclassable est donc Un hommage à la peinture d’Edward Hopper et à la vie quotidienne américaine des années 30 à 60, avec la mise en scène de treize de ses tableaux prenant vie et restituant le contexte social, politique et culturel de l’époque à travers le regard du personnage féminin, Shirley, personnage directement inspiré de Joséphine son épouse, un modèle unique et froid. La vision d’une réalité ordinaire, sans concession. Le film ressemble à la peinture de Hopper, froide, distante, désespérée… et fascinante. Lire la suite

Publicités

Les Misérables…

… et les minables.

Notre monde va mal. Le réchauffement climatique est de plus en plus prégnant jusqu’à, visiblement, influer sur les esprits les plus fragiles. Je me contenterai de deux exemples pour mieux me faire comprendre et prouver ainsi que, si mon propos paraît sibyllin, il n’est pas si « byllin » que ça…

Alors donc, le terrorisme a encore frappé… ou plutôt il a failli frapper. Le jeune Ghlam, qualifié d’étudiant, ne me paraît pas doté d’un QI très supérieur à celui d’une couscoussière… en tout cas sa tentative d’attentat a sacrément pataugé dans la semoule. Bien sûr, on aura une pensée émue pour la jeune femme innocente dont le seul tort et de s’être trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Mais, la liste des victimes risque fort de s’allonger encore et nous y retrouverons systématiquement des hommes et des femmes sans défense, des journalistes, des enfants, des humanitaires, des caricaturistes, et même des œuvres d’art témoins de la plus ancienne histoire de l’humanité. Cette humanité qui, c’est prouvé maintenant, ne fait pas partie du vocabulaire du terroriste de base. Misérables !

131TERRORISTES

Lire la suite

Entre amis

Avis de tempête

5690460.jpg-r_x_600-f_jpg-q_x-xxyxx

L’amitié et sa résistance face au temps qui passe… ? Un thème archi rebattu dans le cinéma français avec plus ou moins de bonheur. Rappelons-nous par exemple  Le Prénom de Mathieu Delaporte et Alexandre De La Patelière, la saga Le Cœur des hommes de Marc Esposito ou encore, il y a moins d’un an, Barbecue d’Eric Lavaine. Cette fois, c’est Olivier Baroux qui s’y colle. Richard, Gilles et Philippe sont amis depuis près de cinquante ans. Le temps d’un été, ils embarquent avec leurs compagnes sur un magnifique voilier pour une croisière vers la Corse. Mais la cohabitation à bord d’un bateau n’est pas toujours facile. D’autant que chaque couple a ses problèmes, et que la météo leur réserve de grosses surprises… Entre rires et confessions, griefs et jalousies vont remonter à la surface. Chacun va devoir faire le point sur sa vie et sur ses relations aux autres. L’amitié résistera-t-elle au gros temps ?  90 minutes de comédie grinçante mais convenue pendant lesquelles on ne s’ennuie pas vraiment mais qu’on oublie très vite.

Lire la suite

On est mal barrés…

 … C’est moi qui vous le dis !

Nous voilà partis pour deux ans de campagne électorale non-stop. Parce que le petit boulot pour dans deux ans du côté du 155 du Faubourg Saint-Honoré, en titille plus d’un dans notre cheptel politique. De toute façon, ils ne pensent qu’à ça en permanence, mais maintenant, les chevaux sont lâchés, les râteliers rayent les parquets, la concupiscence coule à flot, les ambitions font gonfler nos grenouilles politiciennes, la drague éhontée de l’électeur bat son plein… bref, les trois coups du spectacle pitoyable, mais tellement réjouissant, que nous réservent nos menteurs professionnels à intervalles réguliers, viennent de résonner. Il y a une petite semaine, le rideau s’est levé sur notre bateleur en chef, j’ai nommé, François II le Corrézien, roi de l’anaphore.

127CANAL+

C’était sur Canal +, en clair… Il n’y avait d’ailleurs que la diffusion qui était en clair, car les intentions de notre motard amoureux sont, quant à elles, souvent resté codées. Alors, pendant deux bonnes heures, il a joué les amuseurs publics en répondant du tac au tac à une flopée de questions sur ses goûts, son la vie au quotidien de « Moi Président ». Il s’est plié de bon gré au style décontracté, souvent second degré (ça, il adore !), de l’émission dont le public est réputé être beaucoup plus jeune que sur d’autres chaînes. Lire la suite

Taxi Téhéran

En voiture Jafar !

Taxi_Ausschnitt1-omeu

A quoi ça tient un bon film ? A rien, ou trois fois rien. Une idée, une seule, pourvu qu’elle soit bonne. Et celle de Jafar Panahi est très bonne, excellente… que dis-je, géniale ! Et pour le budget colossal de 32 000 euros ! Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion… Ours d’Or à Berlin cette année, le réalisateur iranien (Le Ballon blanc, Sang et Or, Le Miroir, Le Cercle, ou Ceci n’est pas un film) ne déçoit jamais, bien au contraire. Son regard, son humour, son autodérision et son immense talent font mouche presqu’à chaque fois. Une leçon de cinéma clandestin pour un portrait sans concession de la société iranienne. Un des films les plus surprenants et les plus intelligents du moment. 82 minutes de grâce !

Lire la suite

La Promesse d’une vie

Mélo historique

463948Russell Crowe passe pour la première fois derrière la caméra, sans oublier pour autant son métier d’acteur. Pour ce faire, il s’est inspiré des écrits du lieutenant-colonel Cyril Hughes, ayant trouvé une lettre d’un homme qui cherchait désespérément son fils après la guerre. Une épopée d’aventures se déroulant en 1919, 4 ans après la terrible bataille des Dardanelles, dans la péninsule de Gallipoli. Un paysan australien, Joshua Connor se rend en Turquie à la recherche de ses trois fils portés disparus. Malgré les barrages de la bureaucratie militaire, sa détermination ne fléchit pas. Il est d’abord aidé par la belle Ayshe, la propriétaire de l’hôtel dans lequel il séjourne à Constantinople, puis par un officier turc ayant combattu contre ses fils. Pour découvrir la vérité et enfin trouver la paix intérieure, Joshua, accompagné du Commandant Hasan, est contraint de sillonner un pays ravagé par la guerre où la frontière entre le Bien et le Mal n’est plus si nette et l’ennemi si clairement identifiable. Bon, pour un coup d’essai, ce n’est pas un coup de maître, mais ça se laisse regarder sans déplaisir.

Lire la suite

Caprice

Léger comme les bulles de champagne

au7_00432-580x374

On adore ou… on déteste Emmanuel Mouret. Moi j’adore ! J’ai encore en souvenir les merveilleux moments passés avec Un baiser s’il vous plait, Fais moi plaisir ou L’Art d’aimer. A chaque fois, un bijou, une perle rare. Et celle ci ne déparera pas le collier de plaisirs pour cinéphile forgé avec amour par l’orfèvre Emmanuel Mouret. Clément, instituteur, est comblé jusqu’à l’étourdissement : Alicia, une actrice célèbre qu’il admire au plus haut point, devient sa compagne. Tout se complique quand il rencontre Caprice, une jeune femme excessive et débordante qui s’éprend de lui. Entretemps son meilleur ami, Thomas, se rapproche d’Alicia… Le verbe et le marivaudage réunis pour 100 minutes de comédie romantique de haute volée.

Lire la suite