Grandeur et décadence

Le grand 8 de l’actualité

Le sportif rêve son rêve, le champion le vit.

Selon Christian Bobin, dans le monde de l’esprit, c’est en faisant faillite qu’on fait fortune. Encore faut-il en avoir… de l’esprit ! Et s’il soufflait, ne fusse qu’un seul instant, dans les rangs – j’allais écrire les « rances » – du FN, du RN ou de l’extrême droite – qu’importe le nom – ça se saurait.  

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Trois visages

Road movie au pays des mollahs

Une fois de plus, le cinéaste iranien, Jafar Panahi n’est pas reparti bredouille de Cannes où il a obtenu le Prix du scénario pour ces 100 minutes d’un drame d’une grande originalité, et, comme toujours, d’une qualité esthétique remarquable. Une célèbre actrice iranienne reçoit la troublante vidéo d’une jeune fille implorant son aide pour échapper à sa famille conservatrice… Elle demande alors à son ami, le réalisateur Jafar Panahi, de l’aider à comprendre s’il s’agit d’une manipulation. Ensemble, ils prennent la route en direction du village de la jeune fille, dans les montagnes reculées du Nord-Ouest où les traditions ancestrales continuent de dicter la vie locale. Après la capitale scrutée dans son formidable Taxi Téhéran, Panahi quitte la ville, pour nous plonger dans le Nord-Ouest du pays, dans la partie azérie de l’Iran, à la recherche d’une jeune fille disparue. Une immersion passionnante dans un Iran inconnu.   Lire la suite

Hérédité

Autopsie des névroses familiales

Ce thriller d’épouvante est un 1er film signé d’un québécois quasi inconnu, Ari Aster, qui a également écrit le scénario de ce très bon opus dans un genre qui ne se renouvelle pas toujours assez et se laisse souvent aller à la facilité… sur tout dans le ciné américain. Lorsque Ellen, matriarche de la famille Graham, décède, sa famille découvre des secrets de plus en plus terrifiants sur sa lignée. Une hérédité sinistre à laquelle il semble impossible d’échapper. 126 minutes à très haute tension mêlant avec virtuosité, traumas paranoïaques, terreur psychologique,  où le réel et le surnaturel se superposent dans un même plan, ce qui rend l’ensemble extrêmement déstabilisant et provoque des sueurs froides que l’on n’avait pas ressenties depuis longtemps. Lire la suite

Dormez tranquille…

… on s’occupe de nous !

Et même tous azimuts ! Résumons-nous ! En quelques jours, on a appris que le gouvernement se souciait à la fois, de notre sécurité, de la santé mentale de nos jeunes, de nos pauvres et même des migrants. Gloire à nos élus !

Tout va bien… enfin, pour le mieux… enfin, ça pourrait être pire – comprenez, tout se déglingue dans nos centrales nucléaires – bref, l’alerte rouge est consignée dans le rapport parlementaire qui vient de tomber sur les bureaux de l’Assemblée Nationale qui, comme d’habitude, va s’empresser de l’enterrer… Pas de vagues, ou seulement à l’âme.

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Bécassine

Hymne au bon sens

Bruno Podalydès est un magicien. Je suis sa carrière avec passion et un étonnement chaque fois renouvelé depuis 1992 et son Versailles Rive Gauche, jusqu’au formidable Comme un avion de 2014, en passant par Dieu seul me voit, Liberté-Oléron ou Adieu Berthe ou l’enterrement de Mémé… un collier de perles ! Cette fois, il fait dans l’adaptation de BD, un vrai risque quand on voit le résultat obtenu par la plupart de ses collègues cinéastes (?) Bécassine naît dans une modeste ferme bretonne, un jour où des bécasses survolent le village. Devenue adulte, sa naïveté d’enfant reste intacte. Elle rêve de rejoindre Paris mais sa rencontre avec Loulotte, petit bébé adopté par la marquise de Grand-Air va bouleverser sa vie. Elle en devient la nourrice et une grande complicité s’installe entre elles. Un souffle joyeux règne dans le château. Mais pour combien de temps ? Les dettes s’accumulent et l’arrivée d’un marionnettiste grec peu fiable ne va rien arranger. Mais c’est sans compter sur Bécassine qui va prouver une nouvelle fois qu’elle est la femme de la situation. Un rêve de 102 minutes burlesques, tendres et mélancoliques. Un vrai beau moment de pur cinéma. Lire la suite

Midnight sun

Diabétiques s’abstenir !

Xeroderma Pigmentosum (XP) ? Vous connaissez ? Sans doute non ! C’est le nom savant de la maladie des « enfants de la lune ». C’est aussi la toile de fond du mélo pur sucre réalisé par Scott Speer dont la filmographie n’a pas, jusque là, bouleversé l’histoire du 7ème Art. Katie Price, 17 ans, est une adolescente comme les autres, ou presque. Elle ne peut en aucun cas être exposée à la lumière du jour, sous peine d’en mourir. La journée, elle compose et joue de la guitare, et observe le monde depuis sa chambre, notamment Charlie Reed, son voisin. À la nuit tombée, ses rêves prennent vie ! Elle sort chanter dans la gare près de chez elle. Un soir, elle se retrouve face à Charlie. Lui est instantanément sous le charme et se met en tête de la revoir… Pourront-ils s’aimer au grand jour ? 93 minutes après cette overdose de miel et de larmes, on sait deux choses de plus, Scott Speer n’est pas un grand cinéaste, les jeunes acteurs à l’affiche ont intérêt à faire de gros progrès dans ce métier s’ils veulent y faire de vieux os et enfin, on a confirmation que faire pleurer le spectateur sans roublardise et sans pathos, c’est un vrai métier, et donc que le scénariste de ce nanar larmoyant n’a aucun talent. Emballé, c’est pesé ! Lire la suite

Désobéissance

A la recherche du temps perdu

Le chilien Sebastián Lelio nous avait enthousiasmés l’an dernier avec son drame Une Femme magnifique. Il n’est pas loin de récidiver avec ces 114 minutes d’une beauté et d’une force inouïes. Une jeune femme juive-orthodoxe, retourne chez elle après la mort de son père. Mais sa réapparition provoque quelques tensions au sein de la communauté lorsqu’elle avoue à sa meilleure amie les sentiments qu’elle éprouve à son égard… Un film sur la liberté de choisir qui se situe dans la communauté hassidique de Londres ne peut laisser indifférent, pas plus que l’histoire d’amour passionné vécue par deux femmes a priori prisonnières de leur milieu… Original et bouleversant. Lire la suite