Churchill

Douteux

Jonathan Teplitzky dont je ne connaissais à ce jour que son poussif et agaçant Les Voies du Destin de 2013, revient sur le devant de l’affiche avec cet étrange biopic de 48 heures, certes cruciales, mais plutôt contestable. Juin 1944. Les 48 heures précédant le Débarquement qui scellèrent le destin de Winston Churchill et du monde. 106 minutes où réapparaît le vieux débat de la forme et du fond. Le film repose entièrement sur la performance du stupéfiant de son acteur principal, mais – et certes je ne suis pas historien – tous ces coups de canif dans l’image du grand homme sont ils fondés, vérifiés… et vérifiables. Car si toutes ces révélations sont inexactes, ce film est totalement inutile… et déjà qu’il est assommant ! Lire la suite

Que des gagnants…

… et pas mal de mauvais perdants !

Un titre sibyllin, c’est le moins qu’on puisse en dire. On l’a dit et redit, le paysage politique français est bouleversé, ravagé, en ruines. Même le vocabulaire a changé. Maintenant on nous rebat les oreilles avec les macronistes, les macronistes-compatibles (sic), les insoumis, le dégagisme, l’opposition constructive, j’en passe et des plus incongrus. En tout cas, ils étaient tous au rendez-vous de la soirée électorale pour nous expliquer qu’ils avaient tous gagné, sauf Macron qui n’avait pas gagné tant que ça. L’aveuglement associé à la langue de bois, ça vous donne le vertige.  

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The Wall

De la stupidité de la guerre

Doug Liman est un spécialiste des ambiances guerrières et de l’action soutenue. En effet, c’est à lui que l’on doit notamment La mémoire dans la peau, Mr and Mrs Smith et Edge of Tomorrow. Cette fois on a droit à 90 minutes de suspense et de cinéma intimiste. Deux soldats américains sont la cible d’un tireur d’élite irakien. Seul un pan de mur en ruine les protège encore d’une mort certaine. Au-delà d’une lutte pour la survie, c’est une guerre de volontés qui se joue, faite de tactique, d’intelligence et d’aptitude à atteindre l’ennemi par tous les moyens… Tout est bon dans ce film, le thème, le scénario, la réalisation et l’interprétation. Une réussite du genre « film de guerre » intelligent. Lire la suite

Le vénérable W

La haine n’éteindra jamais la haine, seul l’amour le peut. (Martin Luther King)

Barbet Schroeder a toujours été fasciné par le bouddhisme, qui est une religion athée, sans dieux, et qui permet le pessimisme. Ce documentaire constitue le dernier volet d’une Trilogie du mal, commencée avec Général Idi Amin Dada : autoportrait sur le dictateur ougandais (1974), puis L’Avocat de la terreur (2007) sur Jacques Vergès. Le même point de départ est à l’origine de ces trois projets : dialoguer avec des gens au travers desquels le mal peut s’incarner sous différents visages et laisser l’horreur ou la vérité s’installer d’elles-mêmes petit à petit, au gré des rencontres. En Birmanie, le « Vénérable W. » est un moine bouddhiste très influent. Partir à sa rencontre, c’est se retrouver au cœur du racisme quotidien, et observer comment l’islamophobie et le discours haineux se transforment en violence et en destruction. Pourtant nous sommes dans un pays où 90% de la population est bouddhiste, religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent. 100 minutes glaçantes et effroyables qui, une fois de plus, sonnent comme un avertissement pour notre civilisation occidentale où de plus en plus de personnes se laissent volontiers attirer par les sirènes populistes, racistes et xénophobes. La Birmanie paraît d’un seul coup bien proche de nos frontières.   Lire la suite

Rebelote…

… et dix de der.

En couverture de leur dernier livre*, incontournable cadeau à faire ou à se faire, Emef et Jipéhel vous donnaient un conseil. Changez la date et ce conseil reste encore et toujours d’actualité.

Toutenmacron et son équipe continueront-ils à marcher sur les eaux ? Les autres partis fourbissent-ils  leurs pelles pour s’enterrer encore plus profond… ? La pelle du 18 juin en quelque sorte !

*En vente aux éditions l’Harmattan et auprès de vos deux auteurs préférés qui vous le dédicaceront avec un plaisir gourmand.

Comment j’ai rencontré mon père

Tout en humanité


Maxime Motte a à peu près tout fait dans ce film, à part la cuisine et le ménage – et encore je n’en suis pas si sûr -, et en plus c’est son premier film en tant que réalisateur. Mais il est aussi scénariste, dialoguiste sans compter sa petite partition d’acteur. 85 minutes plus que sympathiques d’une comédie tendre dans l’air du temps. Dans la famille d’Enguerrand, petit garçon adopté d’origine africaine, rien ne se fait comme ailleurs ! Son père, Eliot, assume si peu d’être un père adoptif qu’il bassine son fils à longueur de journée sur ses origines africaines. Pour sa mère, Ava, Eliot en fait trop : trop aimant, trop étouffant… Une nuit, Enguerrand croise le chemin d’un migrant, Kwabéna, à la peau noire comme la sienne. Pour lui, c’est sûr, il s’agit de son père biologique ! Il décide donc de l’héberger dans sa chambre, à la grande surprise de ses parents… De péripéties en rebondissements, l’aventure pourrait bien souder la famille comme jamais. Une des belles surprises françaises de cette fin de printemps. Un spectacle tout public, réjouissant sans être ni mièvre ni raccrocheur. Lire la suite

Suntan

Sea, sex and sun… à la grecque

Argyris Papadimitropoulos a 40 ans et c’est son premier film. Primées à Edimbourg et à Bruxelles, ces 104 minutes ont un ton très original et on se laisse prendre à ce marivaudage un tantinet sordide auquel on peut sans doute reprocher un certain manque de vraisemblance. – j’y reviendrai -. Kostis, la quarantaine, est engagé par la municipalité comme docteur sur l’île d’Antiparos en Grèce. Il passe un hiver solitaire et morne.  Mais quand l’été arrive, l’île se transforme en lieu de villégiature hédoniste avec ses plages naturistes et ses fêtes sans fin. Kostis rencontre la jolie et séduisante Anna dont il tombe amoureux et fait tout pour lui plaire. Très vite il passe son temps à faire la fête, boire et sortir avec Anna, au détriment de son travail. Un film grec sur nos écrans, c’est incontournable, et malgré quelques réserves, on passe un bon moment. Lire la suite