Tueurs

Nettoyage par le vide

Un film de braquage et de règlement de comptes entre truands, un de plus vous allez me dire. Oui, mais là on a de grosses différences. Le film est signé par Jean-François Hensgens et François Troukens, lui-même ancien truand et qui a accompli 10 ans de prison. Il s’est formé à la littérature et aux métiers du cinéma durant son séjour derrière les barreaux. C’est là qu’il a puisé son inspiration pour ce polar, utilisant son expérience pour nourrir son scénario. Avouez que ça nous change des scénarii des anciens flics. Alors que Frank Valken réalise un casse fabuleux, un commando de tueurs entre en action et exécute tous les témoins. On relève parmi les cadavres celui de la magistrate qui enquête sur l’affaire des Tireurs fous. Trente ans plus tard, ils semblent être de retour. Arrêté en flagrant délit et face à la pression médiatique, Frank n’a d’autre choix que de s’évader pour tenter de prouver son innocence. 86 minutes sous très haute tension, sèches, glaciales et d’une rare efficacité. Un des polars de l’année.

Troukens voit le grand banditisme comme un milieu restreint où le panache et le courage forgent la reconnaissance, mais, et on lui en sait gré, il n’a pas voulu en faire l’apologie. Ils leur restent, quoi qu’il arrive, leur part de romantisme. Il explique : À travers ce genre résolument populaire, la thématique en filigrane, c’est la surmédiatisation de certains prévenus que je dénonce. Les parquets les instrumentalisent et les façonnent. Ils deviennent des ennemis publics n°1. Des personnages qu’on agite comme des marionnettes. Ensuite adviennent jeux de dupe, manipulation, lutte de pouvoir, manœuvres politiciennes, etc. Mais ici, encore une fois, tout est différent car c’est du violent, du dur de dur, sans le folklore inhérent à ce genre de film – ni putes, ni drogue, ni sexe – de l’action pure et glaçante. Pour un premier film, c’est une complète réussite.

Et alors, que dire du casting ? Somptueux ! J’adore Olivier Gourmet, mais je l’ai rarement vu aussi bon – c’est vous dire -. Lubna Azabal, Bouli Lanners, Kevin Janssens, Johan Leysen, tous impeccables nous entraînent dans ce labyrinthe scénaristique à couper le souffle. Ce film est minéral, noir à souhait et vous tient en haleine de bout en bout. Tout est ciselé au rasoir, pas de scories, pas de dialogues inutiles, de l’action policière sur fond de magouille politique… Du déjà-vu ? Mais rarement avec cette intensité. A ne pas rater !

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