Plonger

L’amour flou

C’est l’auteur du roman éponyme, Christophe Ono-Dit-Biot qui a donné lui-même carte blanche pour l’adaptation à Mélanie Laurent. A l’arrivée un drame de 102 minutes qui aurait pu se montrer passionnant si l’ensemble ne révélait pas autant de faiblesses et d’invraisemblances. C’est l’histoire d‘un amour total entre César et Paz. Paz, photographe espagnole, nourrit une soif de rencontres, d’expériences et de voyages, alors que César, ex-grand reporter de guerre, souhaite à l’inverse s’extraire du tumulte du monde. Paz est enceinte, cette perspective l’angoisse, l’étouffe. Elle semble s’éloigner chaque jour un peu plus de César, comme obsédée par quelque chose qui lui échappe. Jusqu’au jour où elle disparait, laissant son enfant et César sans véritable explication. La réalisatrice y croit, les acteurs sont convaincus… le spectateur un peu moins.

Le film est divisé en 3 parties bien distinctes. La rencontre et la passion durant laquelle Mélanie Laurent se prend pour Terence Malick… et elle ne devrait pas. 2ème partie, la vie à deux > les tensions > le clash > la séparation… un peu convenu peut-être. Et la dernière partie que j’intitulerai « faire son deuil ». L’Espagne, Paris et en fin le Sultanat d’Oman ont servi de décors à cette histoire. Le casting est à la hauteur des ambitions, la réalisation n’est pas maladroite, mais le montage est un peu mou et un certains nombre de longueurs et de répétitions viennent alourdir le tout. Et puis, j’ai eu beaucoup de mal avec le personnage féminin que j’ai trouvé à la limite du supportable, même s’il reste réaliste. Construit entre l’amour fou et la descente aux enfers – la plongée sous-marine ??? – le scénario ne révèle sans doute pas assez de surprises pour qu’on se passionne vraiment pour le couple et on reste extérieur au drame qui se joue devant nous. Dommage ! Il y avait là un beau point de départ, mais le film ne tient pas la distance.

Gilles Lellouche, dans un registre inhabituel s’en sort très à son avantage, même si on se lasse un peu de ses airs de chien battu. Mais face María Valverde, une découverte, qui en fait sans doute un peu trop dans le genre pasionaria, il y a de quoi rester sur sa réserve. A joutons au casting Ibrahim Ahmed dit Pino, Marie Denarnaud, Noémie Merlant, Thoma Solivérès et Albert Delpy qui tiennent bien la baraque. Même si, je le répète, le film ne manque pas d’atouts, il hésite entre trop de thématiques différentes pour convaincre totalement et donc, je ne suis pas sûr qu’il vaille de se jeter à l’eau.  

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