Souvenir, souvenir…

Une lumière s’est éteinte

Quel est le point commun entre tous ces cinéastes :  Luis Buñuel, Theo Angelopoulos, Wim Wenders, Rainer Werner Fassbinder, Michelangelo Antonioni, Joseph Losey, Orson Welles, François Truffaut, Louis Malle, André Téchiné ou Bertrand Blier ? Ils ont tous fait tourner la divine Jeanne Moreau qui nous a quittés ce matin à l’âge de 89 ans.

Il serait trop long, voire impossible, de retracer ici en quelques lignes l’inoubliable carrière de cette artiste complète et engagée tout comme de raconter sa vie personnelle émaillée d’un nombre inouï de liaisons. L’un de ses amants d’un moment disait d’elle : Beaucoup d’hommes tombent amoureux d’elle, je l’ai fait, elle vous rend votre amour, mais seulement jusqu’à la fin du film. Elle est tout le temps à la recherche de l’amour, et elle laisse ses victimes sur le bord de la route. Une citation vaut toujours mieux qu’un long discours.

A titre personnel, je me dois de confesser lui devoir mes premiers « émois » quand en 1962, j’ai découvert à la fois Truffaut, la Nouvelle vague et la Catherine de Jules et Jim. Ensuite Jeanne Moreau n’a plus quitté ma passion cinéphilique avec Eva, Le Procès, Le Feu Follet, Le Journal d’une femme de chambre, La Vieille qui marchait dans la mer, Ascenseur pour l’échafaud, La Mariée était en noir, Les Valseuses, Monsieur Klein, Le Paltoquet,… je ne m’arrêterais plus même si je n’ai certainement pas vus tous les opus de sa filmographie forte de plusieurs centaines de titres.

Sa vie fut bien Le Tourbillon qu’elle nous avait chanté de sa voix chaude et rauque… inimitable.

Elle avait des bagues à chaque doigt, 
Des tas de bracelets autour des poignets,
Et puis elle chantait avec une voix
Qui, sitôt, m’enjôla.

Elle avait des yeux, des yeux d’opale,
Qui me fascinaient, qui me fascinaient.
Y avait l’ovale de son visage pâle
De femme fatale qui m’fut fatale

On s’est connu, on s’est reconnu,
On s’est perdu de vue, on s’est r’perdu d’vue
On s’est retrouvé, on s’est réchauffé,
Puis on s’est séparé.

Chacun pour soi est reparti.
Dans l’tourbillon de la vie
Je l’ai revue un soir, aïe, aïe, aïe,
Ça fait déjà un fameux bail

Au son des banjos je l’ai reconnue.
Ce curieux sourire qui m’avait tant plu.
Sa voix si fatale, son beau visage pâle
M’émurent plus que jamais.

Je me suis soûlé en l’écoutant.
L’alcool fait oublier le temps.
Je me suis réveillé en sentant
Des baisers sur mon front brûlant

On s’est connu, on s’est reconnu.
On s’est perdu de vue, on s’est r’perdu de vue
On s’est retrouvé, on s’est séparé.
Puis on s’est réchauffé.

Chacun pour soi est reparti. 
Dans l’tourbillon de la vie.
Je l’ai revue un soir ah ! là là
Elle est retombée dans mes bras.

Quand on s’est connu,
Quand on s’est reconnu,
Pourquoi s’perdre de vue,
Se reperdre de vue ?

Quand on s’est retrouvé,
Quand on s’est réchauffé,
Pourquoi se séparer ?

Alors tous deux on est reparti
Dans le tourbillon de la vie
On a continué à tourner
Tous les deux enlacés 
 

(Serge Rezvani)

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