Grand froid

Le road-movie du mort-vivant

Un premier film signé Gérard Pautonnier, venu de la pub et de la télé, qui a mis les petits plats dans les grands avec son casting +++ et un scénario d’une rare originalité. C’est la rencontre avec le romancier Joël Egloff qui l’a poussé à se lancer dans l’aventure.  Dans une petite ville perdue au milieu de nulle part, le commerce de pompes funèbres d’Edmond Zweck bat de l’aile. L’entreprise ne compte plus que deux employés : Georges, le bras droit de Zweck, et Eddy, un jeune homme encore novice dans le métier. Un beau matin, pourtant, un mort pointe son nez. L’espoir renaît. Georges et Eddy sont chargés de mener le défunt jusqu’à sa dernière demeure. Mais, à la recherche du cimetière qui s’avère introuvable, le convoi funéraire s’égare et le voyage tourne au fiasco. 86 minutes d’un road-movie macabre et hilarant qui se transforme en parcours initiatique avec deux regards sur la vie et sur la mort qui s’opposent. A découvrir.

Il s’agit donc de l’adaptation du premier roman de Joël Egloff, Edmond Ganglion & fils, paru en 1999. Il s’agit de l’histoire d’une entreprise de pompes funèbres qui périclite et de deux croque-morts qui s’égarent en convoyant un défunt jusqu’à un cimetière introuvable. L’absurdité des situations et la singularité des personnages font le reste. Dans cet hiver glacial au milieu de nulle part, tout semble suspendu entre la vie et la mort. Le réalisateur et son équipe se sont déplacés en Pologne pour y chercher de la neige et y tourner la plupart des extérieurs, comme les scènes de la station-service, du restaurant routier, de l’église, etc. L’humour sombre et décalé rappelle irrésistiblement le grand Kaurismäki qui mettrait en scène du Beckett. Les situations sont poussées jusqu’à leur paroxysme mais comme le dit un des croque-morts : Un corbillard ne fait jamais demi-tour ! Jamais !

Le trio Jean-Pierre Bacri /Arthur Dupont/Olivier Gourmet est impayable. Ils alignent sans vergogne les répliques surréalistes de cette espèce de western grelottant. Mais ils sont entourés par une brochette de comédiens qui, eux aussi, s’en donnent à cœur joie, Féodor Atkine, Marie Berto, Philippe Duquesne, Sam Karmann, Françoise Oriane… du nanan ! La superbe BO de Christophe Julien qui mélange l’univers du blues et celui des chants indiens, enveloppe le tout avec bonheur. Oui… le grand mot est lâché… on trouve ici un bonheur – certes un peu lâche – à rire du malheur des autres quand ils se retrouvent empêtrés dans la plus improbable des histoires. Comme le disait Cocteau : La mort ne m’aura pas vivant. La mort fait encore rire…. Heureusement !

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