Ava

Pour un sourire

Ce premier film résulte du scénario de fin d’études de Léa Mysius, qu’elle a dû écrire très vite parce qu’elle était en retard pour le rendu. L’histoire du film est par ailleurs née d’une vision que la cinéaste avait d’un chien noir, famélique et étrange, qui traverse une plage bondée, pleine de chair, de cris et de crème solaire… Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan quand elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite…105 minutes d’un parcours initiatique qui pourraient s’avérer classiques voire banales, si les personnages n’apportaient une formidable originalité au propos. Un très beau film à découvrir dès que possible.  

Revenons à ce chien noir qui est ici une sorte de guide entre les gens, les lieux. Il fait le lien entre l’artificiel et le sauvage, entre le réel et le fantasme. Il accompagne Ava dans ce voyage vers la sensualité et la sexualité. Le film est tourné en 35mm qui apporte sa matière, son grain et sa couleur inimitables à ce drame solaire dont l’image est tout simplement sublimée. La musique très organique, avec des cordes ou des sons concrets, des frottements, des grattements, des bruits est signée par Florencia Di Concilio. Elle accompagne, entre autres, très bien l’évolution de la cécité d’Ava au fur et à mesure que ses sens se développent, elle s’ouvre, fait confiance aux autres, tombe amoureuse. Le même thème se déploie petit à petit jusqu’à se résoudre. L’harmonie se trouve. Parce qu’en définitive, Ava est une histoire d’amour brûlante et une quête de liberté désenchantée.  

Et puis il y a Noée Abita, 18 ans qui, au moment du tournage, était en Terminale. C’est une véritable révélation et si vous cherchez une bonne raison de voir ce film, elle est là. A souligner la performance toujours aussi juste de l’excellente Laure Calamy et la première apparition du jeune gitan, Juan Cano. Auréolé du Prix SACD à Cannes ainsi que du pittoresque Palm Dog, ce chemin vers les ténèbres sensuel et magnétique, est une petite perle, au point d’oublier quelques maladresses scénaristiques comme la trop longue séquence dans le camp gitan. Un premier film qui nous permet de découvrir à la fois une jeune actrice magnétique et une nouvelle réalisatrice pleine de promesses. A suivre.

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