K.O.

L’écheveau

Le thriller est un genre assez rare dans le cinéma français. Mais le thriller fantastique c’est unique ou presque. Fabrice Gobert dont le premier film, Simon Werner a disparu, avait été très bien accueilli, a osé ces 115 minutes d’une totale originalité. Antoine Leconte est un homme de pouvoir arrogant et dominateur, tant dans son milieu professionnel que dans sa vie privée. Au terme d’une journée particulière oppressante, il est plongé dans le coma.  À son réveil, plus rien n’est comme avant : Rêve ou réalité ? Complot ? Cauchemar ?… Il est K.O. Oui, osé ! Dans le panorama du ciné hexagonal, c’est un film rare, déroutant, dérangeant et sacrément gonflé.

Le scénario aborde avant tout les thèmes de la violence au travail, des rapports de pouvoir, du mépris, de l’incapacité qu’ont certains à se mettre à la place de l’autre. Il n’était toutefois pas question de l’aborder de manière frontale, mais par un biais fantastico-tragique et un personnage central antipathique, un de ces personnages pour le quel on ne ressent aucune empathie. Fabrice Gobert, qui est aussi scénariste,  a décidé de situer l’action dans le monde de la télévision, qui fait écho selon lui à ce que traverse son personnage principal : Le monde de la télévision confronte ces personnes à une image de soi qui n’est pas du tout ce que l’on est ou ce que l’on croit être. C’est à la fois concret et vertigineux. Et le film se joue dans cette dualité ? Effectivement, le film est tout en faux-semblants, en jeu de miroirs, en reflets des corps et des âmes. Le scénario est diabolique et nous laisse sur le bord du chemin très vite… et pourtant, on se laisse prendre au récit de la chute vertigineuse du héros, une chute dont on ne saura jamais si elle réelle ou fantasmée. Redoutablement inconfortable.

Et puis, il y a un casting formidable avec en tête Laurent Lafitte, d’une incroyable intensité, jamais filmé de face, afin d’accentuer le caractère fuyant de son personnage. Mais on ne peut passer sous silence tous les acteurs et actrices qui l’entourent : Chiara Mastroianni, Pio Marmaï, Clotilde Hesme, Zita Hanrot, Jean-Charles Chiclet, Jean-François Sivadier, etc… tous épatants. Excellente musique de Jean-Benoît Dunckel. Un thriller psychologique, voire existentiel, où une réalité donnée comme vraisemblable glisse imperceptiblement dans le surnaturel. La sophistication de la mise en scène ajoute au malaise, à l’étrangeté du propos, entre « presque-rêve » et « quasi-réalité ». A voir si vous ne craignez pas l’insolite dans l’esprit de la Quatrième Dimension.

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2 réponses à “K.O.

  1. Hello l ami..! Ouai..bof…tu ne trouves pas un peu facile le procede qui consiste a presenter les incoherences les plus destabilisantes..et hop ! Tout expliciter par le reve.le coma..on voit ça tp souvent….biz qd meme ! Olivier

  2. Moi aussi, j’ai vu le film hier. Suspens , thriller, ? Plutôt lent et ennuyeux. A se poser la question de savoir pourquoi des acteurs de cette envergure s’engagent dans un scenario aussi faible. Et la musique n’avait rien de remarquable. Bises Joanna

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