It comes at night

Film à retardement

L’an dernier, Krisha, le premier film de Trey Edward Shults, n’était pas passé inaperçu puisque primé dans plusieurs festivals. Il revient avec un film d’épouvante étrange et original qui laisse le spectateur pantois bien au-delà du mot FIN. Alors que le monde est en proie à une menace terrifiante, un homme vit reclus dans sa propriété totalement isolée avec sa femme et son fils. Quand une famille aux abois cherche refuge dans sa propre maison, le fragile équilibre qu’il a mis en place est soudain bouleversé. Voilà 97 minutes pas comme les autres qui interrogent sur un futur proche qui pourrait frapper notre civilisation. Un film qui pose moult questions et prend bien garde de ne pas y répondre.

On sait très peu de choses sur le tournage de ce film. La seule chose qu’on puisse dire c’est que l’ambiance est là, le huis-clos en pleine nature parfaitement tenu, le mystère protégé jusqu’au bout… et même plus, mais la qualification de film d’épouvante voire d’horreur n’est pas justifiée. Dire que c’est un très bon thriller psychologique me paraît nettement plus exact. Tout est glauque, poisseux, angoissant. L’intrigue est entièrement menée à travers les cauchemars d’un adolescent « forcément perturbé ». Entre l’âge ingrat et l’enfermement forcé… il y a de quoi être fragilisé. Cette grosse heure et demie prisonnier d’un bunker où chaque recoin devient inquiétant, crée un véritable malaise avec une économie de moyens remarquable. Pour cette observation d’une cellule familiale dans son dysfonctionnement où l’univers se réduit à leur espace vital, le cinéaste impose une forme à la fois épurée et stylisée, hypnotique et anxiogène. Et comme l’interprétation est au diapason… on marche.  

Joel Edgerton, Riley Keough, Carmen Ejogo, Kristopher Abbott, Riley Keough, nous font croire à cette histoire où l’horreur et le monstrueux se trouvent au plus profond de la nature humaine. Un survival qui interroge sur l’humanité face à la paranoïa de la contamination. Attention, n’attendez rien de ce film, il ne vous livrera aucune de ses clés et vous laissera dans le doute. Inconfortable. Trey Edward Shults s’impose décidément comme un cinéaste à suivre.

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