Nos patriotes

Reconnaissance

C’est le premier film de Gabriel Le Bomin que je vois. En consultant sa filmographie, je n’ai visiblement pas manqué grand-chose. Plaisanterie mise à part, ces 107 minutes d’Histoire de France valent le déplacement. Après la défaite française de l’été 1940, Addi Ba, un jeune tirailleur sénégalais s’évade et se cache dans les Vosges. Aidé par certains villageois, il obtient des faux papiers qui lui permettent de vivre au grand jour. Repéré par ceux qui cherchent à agir contre l’occupant et qui ne se nomment pas encore « résistants », il participe à la fondation du premier « maquis » de la région. Belles intentions mais petits moyens pour un film plus qu’honorable où l’on apprend beaucoup de choses.

Librement adapté du roman Le Terroriste noir de Tierno Monénembo, le film a été tourné dans les Vosges, notamment dans le fort d’Uxegney, ce qui donne un réel parfum d’authenticité à l’ensemble qui est parfaitement crédible à défaut d’être toujours passionnant. Le scénario est parfois maladroit et la réalisation souvent bancale. L’intérêt s’estompe brutalement dans la seconde partie qui se déroule dans le maquis. On nous propose également beaucoup de personnages secondaires, souvent trop vite abandonnés et le film souffre d’un incontestable manque de moyens financiers. Les intentions sont plus que louables, le personnage central, inconnu de la plupart d’entre nous, est fort et singulier, et rendre hommage à un martyr du maquis à qui la République daigna remettre la médaille de la Résistance en 2003, relève du devoir de mémoire. Et à ce titre on oubliera volontiers les défauts cités plus haut.

Marc Zinga est un excellent acteur belge à l’éclectisme étonnant puisqu’on le retrouve à l’affiche de films aussi différents que 007 Spectre, Dheepan, Qu’Allah bénisse la France ou Bienvenue à Marly-Gomont. Quoi qu’il fasse, il ne déçoit jamais. C’est encore le cas dans le rôle de ce résistant aussi inconnu que charismatique. A ses côtés on remarque Alexandra Lamy, toujours juste tout comme Pierre Deladonchamps. Quant à Louane, elle est bourrée de bonnes intentions mais ça ne suffit pas vraiment. Après Indigènes, un autre film nécessaire, militant pour la reconnaissance du rôle des soldats africains pendant le Seconde Guerre mondiale. Mais l’ensemble, une fois de plus, manque par trop de panache pour passionner et convaincre, et peine à se hisser à la hauteur de son personnage central qui mourra pur la France à l’âge de 26 ans.

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