Creepy

L’épouvante… du grand art !

Kiyoshi Kurosawa est un grand du cinéma japonais. Dernièrement, Tokyo Sonata, Real ou son diptyque Shokusai étaient des merveilles. Cette fois, il nous fait cadeau – car c’en est vraiment un – 130 minutes d’un thriller psychologique de très haute volée. Un ex-détective devenu professeur en criminologie s’installe avec son épouse dans un nouveau quartier, à la recherche d’une vie tranquille. Alors qu’on lui demande de participer à une enquête à propos de disparitions, sa  femme fait la connaissance de leurs étranges voisins. Evidemment un des films du mois de juin. Etrange, dérangeant, anxiogène, malsain, tout l’art de la montée sourde de l’horreur est concentré dans ce chef d’œuvre du genre. Du très grand cinéma.

Il s’agit de l’adaptation d’un roman écrit par Yutaka Maekawa. Kurosawa adore les histoires où le criminel qu’on recherche vit peut être tout près de chez soi. Il porte ici ce type d’intrigue à son sommet. Il est capable, rien qu’en filmant, une porte, une serrure, une façade de maison, de susciter l’angoisse. Il se joue de nous et on ressent l’angoisse monter en même temps que les personnages car le film oscille constamment ordinaire et extraordinaire. La caméra virtuose, le montage fluide au scalpel de chaque scène, les dialogues souvent à double sens, le scénario en béton et bien sûr le jeu somptueux de tous les acteurs font de ce thriller crépusculaire un modèle du genre car l’histoire apparemment banale se transforme progressivement en quelque chose de fantastique. Osez plonger dans cet univers cauchemardesque où l’humour (très noir) n’est pas absent.

Hidetoshi Nishijima et Yuko Takeuchi sont remarquables tous les deux. Certes, ce couple pris dans une toile vénéneuse a des réactions qui nous échappent. Mais que ferait-on à leur place ? Serions-nous plus cohérents ? Accepterions-nous de croire l’incroyable ? Teruyuki Tagawa campe le voisin inquiétant et psychopathe persécutant le couple de héros. Le comédien a déjà tourné sous la direction de Kurosawa dans Tokyo Sonata et Shokuzai. Il fait ici une composition géniale qui rappelle irrésistiblement le Peter Lorre de M le Maudit.  Et on sait que, comme Hitchcock le disait, il faut que le méchant soit réussi pour que le film le soit aussi. Ici, on est comblé. Une terreur atone, oppressante, indescriptible…unique. Une plongée dans les ténèbres de l’âme humaine. Une plongée, oui, mais en apnée !

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Une réponse à “Creepy

  1. olivier Carniato

    Hello l ami…oui..j’ai aimé..mais la fin m a déçu…un poil tirée (!!) par les cheveux..on aurait même mieux fait..a mon avis.. d’éviter le happy end…

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