Churchill

Douteux

Jonathan Teplitzky dont je ne connaissais à ce jour que son poussif et agaçant Les Voies du Destin de 2013, revient sur le devant de l’affiche avec cet étrange biopic de 48 heures, certes cruciales, mais plutôt contestable. Juin 1944. Les 48 heures précédant le Débarquement qui scellèrent le destin de Winston Churchill et du monde. 106 minutes où réapparaît le vieux débat de la forme et du fond. Le film repose entièrement sur la performance du stupéfiant de son acteur principal, mais – et certes je ne suis pas historien – tous ces coups de canif dans l’image du grand homme sont ils fondés, vérifiés… et vérifiables. Car si toutes ces révélations sont inexactes, ce film est totalement inutile… et déjà qu’il est assommant !

Alors que Churchill tient entre ses mains le destin de plusieurs pays, l’homme est en proie à la dépression et l’alcoolisme, – il a d’ailleurs déclaré : J’ai retiré plus de choses de l’alcool que l’alcool ne m’en a retirées -. Il est en effet terrifié que le Débarquement soit un échec et craint d’avoir la mort de nombreux soldats sur la conscience… Voilà donc le fond de cet épisode inconnu de la grande Histoire. Les sources viennent de Olivier Wieviorka, historien français spécialiste du vingtième siècle et en particulier de la Seconde Guerre mondiale. Mais son ouvrage Histoire du Débarquement en Normandie, Des origines à la libération de Paris a déjà soulevé pas mal de polémiques. Plus intéressantes seraient sans doute le Churchill et ses relations avec son épouse. Mais là encore quel crédit apporter à ce qui nous montré ??? Enfin on a du mal à comprendre sa brutale volte-face finale vu l’entêtement qu’on nous décrit pendant pratiquement tout le film. Bref, de doutes en incompréhension, le film déroule une longue suite de jolies scènes bien photographiées et surtout très bien jouées. Mais ça ne suffit pas.

Brian Cox écrase évidemment tout sur son passage. Grognon, massif, coléreux, obstiné, jusqu’à se rendre compte que la grande leçon de la vie, c’est que parfois, ce sont les fous qui ont raison. A ses côtés George Anton, John Slattery, Steven Cree, Angela Costello, Miranda Richardson, Ella Pernell, tiennent fort bien leur partition. Mais ni le scénario ni la mise en scène ne lui rendent justice. Ce film, en quelque sorte, enterre le Vieux Lion, 20 ans avant sa mort. Alors, pour le plaisir, une dernière citation du grand bonhomme : Le cheval est dangereux devant, dangereux derrière et inconfortable au milieu.

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